Des événements sous-financés?

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Malgré une augmentation de 50 % du budget d'opération, la subvention versée par Tourisme Québec au Grand Prix de Trois-Rivières n'a à peu près pas bougé depuis cinq ans.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) De nombreux festivals et événements dans la région attendent avec impatience les conclusions de la révision des programmes gouvernementaux de subventions leur étant dédiés. Alors que les budgets d'exploitation d'à peu près tous les événements ont connu une croissance au cours des cinq dernières années, les subventions gouvernementales, elles, n'ont pratiquement pas bougé, et ont parfois même diminué, amenant certains événements à être qualifiés de «sous-financés».

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Le directeur général du GP3R, Dominic Fugère. 

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C'est le cas du Grand Prix de Trois-Rivières, qui a connu une croissance d'environ 50 % de son budget d'opération depuis 2012, passant d'environ 4,2 M$ à un peu plus de 6 M$ cette année. Le financement versé aux organismes comme celui-ci se fait en fonction du budget d'opération, du moins pour le Programme de développement de l'industrie touristique de Tourisme Québec, la principale source de subventions du GP3R, avec Développement économique Canada.

Or, malgré une augmentation de 50 % du budget d'opération, la subvention versée par Tourisme Québec n'a à peu près pas bougé depuis cinq ans, ce qui fait que le pourcentage de subventions totales pour le GP3R est passé de plus de 31 % en 2011 à à peine 23 % l'an dernier.

«Ça fait trois ans qu'on nous promet une refonte du programme, mais elle ne vient pas. Nous on continue de faire du développement, mais on ne peut pas arrêter et se mettre en mode attente, on a besoin que nos partenaires suivent», clame Dominic Fugère, directeur général du GP3R. 

D'un côté, M. Fugère se considère chanceux de pouvoir compter sur une aide gouvernementale, alors que plusieurs événements ou organismes ont été coupés. Du même coup, il déplore que pendant que le GP3R attend une refonte du programme, on surfinance des événements à Montréal et on prend des ententes spéciales pour verser des sommes supplémentaires au Grand Prix du Canada. «Je suis totalement pour la logique que chacun doit faire sa part dans un contexte où il faut investir davantage dans les hôpitaux et les écoles. Mais si on doit, nous, se serrer la ceinture, c'est inacceptable que d'autres aient droit à des ententes spéciales. Ça nous choque, ça nous déboussole», mentionne-t-il.

Dominic Fugère se réjouit de l'effort fait par la ministre Julie Boulet cette année, qui a pu trouver des sommes afin d'ajouter 10 % de plus au financement du GP3R et qui a aussi versé des sous de son budget discrétionnaire. Mais pour que le financement soit à la hauteur des budgets d'opération du GP3R, il manquerait encore 60 000 $. 

«On est passé de 108 000 entrées en 2011 à 149 000 entrées en 2014. On est passé de trois jours à cinq jours en piste. On accueille maintenant un championnat du monde qui est diffusé dans 155 pays. On fait énormément de développement touristique, mais on est encore considéré comme un événement de région. C'est difficile de gérer l'incertitude dans des cas comme ça. Je ne demande pas le budget de festivals comme Juste Pour Rire, je demande simplement un ratio raisonnable en fonction des budgets et du développement qu'on fait», ajoute M. Fugère.

Même son de cloche du côté du Rendez-vous des coureurs des bois, du secteur Pointe-du-Lac, qui a dû se résigner à diminuer son budget opérationnel en cinq ans, passant de 80 000 $ à 65 000 $. «Les subventions ont baissé et il est de plus en plus difficile d'aller chercher des commanditaires. Dans ce temps-là, il faut être imaginatif et trouver d'autres solutions», explique Marc Ducharme, président de l'événement.

Parmi ces solutions, l'abandon de certaines activités pour se concentrer sur les plus populaires, et la récupération de matériel pour les différentes activités afin de minimiser les coûts. «C'est de plus en plus difficile. Pour réussir, il faut faire quelque chose de différent de ce qui est offert ailleurs, se pencher vers un créneau très particulier. Notre événement a une bonne réputation alors on mise aussi là-dessus, mais les subventions et les commanditaires, c'est de plus en plus difficile à aller chercher», constate M. Ducharme.

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