Taxe sur l'hébergement: Tourisme Mauricie s'indigne

André Nollet, directeur général de Tourisme Mauricie en... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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André Nollet, directeur général de Tourisme Mauricie en compagnie du président de l'organisme, Benoît Gauthier.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) De l'argent et de l'autonomie en moins pour les régions. Voilà en résumé ce que reproche Tourisme Mauricie au ministère du Tourisme qui songe à centraliser la gestion de la taxe spécifique sur l'hébergement (TSH) et à uniformiser le taux perçu pour toutes les régions du Québec.

Le gouvernement libéral voudrait que chacun des établissements d'hébergement impose une taxe de 3,5 % par nuit à ses clients dans l'objectif de faire augmenter leur cotisation commune annuelle de 49 à 67 millions de dollars. Et ce serait également Québec qui administrerait cet argent provenant des hôtels et des gîtes des 22 associations touristiques régionales.

À l'heure actuelle, le montant de la taxe varie d'une région à l'autre en fonction de ce que les membres des associations ont voté.

Si l'ATR se verrait remettre une portion de cette taxe pour continuer à faire de la promotion auprès de la clientèle québécoise, c'est le ministère qui prendrait toutefois le contrôle de la partie dédiée à la publicité sur les marchés hors-Québec, soit 25 millions de dollars.

«On veut faire de l'ingérence alors que la démonstration des résultats des actions du ministère du Tourisme est bien questionnable depuis des années», déplore le président du conseil d'administration, Benoit Gauthier.

À cet irritant vient s'ajouter le non-renouvellement du programme d'entente de partenariat régionale en tourisme. Celui-ci permettait de soutenir des projets de développement avec un effet de levier qui atteignait un ratio de dix dollars pour chaque dollar investi.

«La pensée profonde du ministère du Tourisme a de quoi couper le souffle de son industrie et de ses intervenants. Pour relancer l'économie touristique, la ministre envisage de prendre le contrôle de la TSH, de la hausser et l'uniformiser et de paramétrer son utilisation, plutôt que de respecter l'autonomie des régions», décrie-t-il.

Par ailleurs, celui-ci croit que les 18 millions de dollars supplémentaires qui seront ponctionnés à même l'économie touristique des régions risquent de profiter davantage à Montréal et Québec alors que les deux villes n'auront pratiquement pas contribué au futur fonds de développement de l'offre, leur TSH étant déjà à 3,5 % ou presque.

«Est-ce que les régions doivent souffrir à nouveau par une ponction de 25 millions de dollars de fonds régionaux et par une réduction de leur autonomie? Plus de 65 % de l'argent de l'actuelle TSH est à Montréal et Québec. Pourtant, ce ne sont pas ces régions qui seront les plus malmenées. Y a-t-il un Québec des régions, ou deux villes centres et le reste?», demande la haute direction de Tourisme Mauricie.

Sans craindre la disparition de l'ATR, M. Gauthier croit que l'organisme risque d'être dépouillé de sa particularité. «Et les gens de l'industrie vont se retirer si les décisions ne sont plus régionales», a-t-il conclu.

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