Exclusif

Inquiétude à la Cité de l'énergie

«Le gouvernement du Québec demande aux sociétés d'État... (Photo Archives Le Nouvelliste)

Agrandir

«Le gouvernement du Québec demande aux sociétés d'État de gérer de manière très rigoureuse notre budget et de se limiter à l'essentiel, voire même l'incontournable», rappelle Lucie Roy, conseillère, relations avec le milieu pour Hydro-Québec en Mauricie.

Photo Archives Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Période d'austérité oblige, Hydro-Québec tarde à confirmer le renouvellement de son partenariat avec la Cité de l'énergie pour la visite du secteur historique. Cette période de flottement met en joue une cinquantaine d'emplois et risque de miner une partie importante de la programmation.

L'entente de gestion du secteur historique était renouvelée presque automatiquement depuis 1997. À chaque année, la société d'État versait des centaines de milliers de dollars à la Cité de l'énergie pour qu'elle prenne en charge la visite de la centrale de la Northern Aluminium Company et celle de Shawinigan-2. Une petite escapade en ponton fait aussi partie de ce forfait, qui complète la découverte du centre de sciences.

La dernière entente couvrait les années 2012 à 2014. Actuellement, la Cité de l'énergie ne sait pas si ce partenariat se poursuivra en 2015.

«Le gouvernement du Québec demande aux sociétés d'État de gérer de manière très rigoureuse notre budget et de se limiter à l'essentiel, voire même l'incontournable», rappelle Lucie Roy, conseillère, relations avec le milieu pour Hydro-Québec en Mauricie. «Dans ce contexte, le dossier du renouvellement de l'entente avec la Cité de l'énergie est toujours sous analyse.»

Mme Roy mentionne que le montant de cette aide financière demeure confidentiel. Elle ne peut également indiquer à quel moment une décision sera arrêtée.

Même réserve du côté du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, où Véronique Normandin, attachée de presse du ministre Pierre Arcand, indique que cette entente demeure «sous analyse».

Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, s'est dit au courant du dossier, sans vouloir le commenter davantage pour le moment.

Entente verbale

À la Cité de l'énergie, le directeur général, Robert Trudel, ne comprend pas la valse-hésitation de son partenaire de la première heure dans ce dossier. «Je suis complètement estomaqué», commente-t-il. «Nous avons eu une négociation avec madame Marie Archambault d'Hydro-Québec en juin. Nous en étions arrivés à une entente verbale. Elle voulait régler ce dossier avant son départ à la retraite.»

L'été dernier, M. Trudel comprenait que l'entente serait renouvelée aux mêmes conditions pour une période de deux ans. Six mois plus tard, ce partenariat pour la gestion du secteur historique est remis en cause, en raison de la commande de resserrement budgétaire imposée par le gouvernement du Québec aux sociétés d'État. «Je ne peux pas croire que les cinq députés libéraux en Mauricie vont laisser faire ça», tonne le directeur général.

Guère rassuré par cette période d'incertitude, M. Trudel glisse qu'en interrompant les visites du secteur historique, Hydro-Québec compromettrait une cinquantaine d'emplois à la Cité de l'énergie. «On se demande comment on pourrait survivre si on ampute ce secteur», avance-t-il. «Je ne crois pas que la population de Shawinigan, qui subit des pertes d'emplois à la journée longue, va admettre que le gouvernement libéral coupe des emplois.»

L'analyse d'Hydro-Québec pourrait également changer les visites d'environ 70 écoles et de quelque 2000 forfaits déjà vendus pour la prochaine année. «Nous avons engagé entre 100 000 $ et 200 000 $ dans nos publicités en France, au Québec et partout qui mentionnent les visites des centrales», souligne M. Trudel. «Toutes les écoles de la province ont reçu de la publicité pour la visite de groupes scolaires. Est-ce qu'Hydro-Québec va déléguer quelqu'un à nos portes pour expliquer aux gens qu'ils ne peuvent plus visiter ces installations qui, soit dit en pensant, appartiennent aux citoyens?»

Une subvention annuelle de 25 000 $ d'Hydro-Québec à la Cité de l'énergie est également retenue par la société d'État pour le moment. À ce contexte s'ajoute la coupe de 100 000 $ imposée par la Ville de Shawinigan lors de son dernier budget, une mesure que M. Trudel est finalement parvenu à digérer sans trop de conséquences fâcheuses si elle ne s'applique qu'en 2015, tel que prévu.

Le directeur général rappelle qu'Hydro-Québec a investi neuf millions de dollars pour monter ces expositions en 1997. Plus de 150 000 $ viennent d'être injectés pour la réfection de la toiture de la centrale N.A.C., une décision qui se conjugue mal avec la remise en question de ce partenariat, déplore M. Trudel.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer