Laurent Pellerin: l'héritage d'un passionné d'agriculture

Laurent Pellerin... (François Gervais)

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Laurent Pellerin

François Gervais

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Laurent Pellerin est bachelier en génagogie, une discipline centrée sur l'animation de groupes. Pourtant, c'est dans le domaine de l'agriculture qu'il s'est épanoui, à la fois dans sa propre ferme et au sein des nombreuses organisations qu'il a dirigées.

M. Pellerin le dit lui-même, il est peu connu dans la région. En tant que président - successivement! -, de la Fédération des producteurs de porcs du Québec, de l'Union des producteurs agricoles (UPA), de la Fédération canadienne de l'agriculture et du Conseil des produits agricoles du Canada, il a travaillé à Longueuil et à Ottawa, en plus de parcourir la province, le pays et même le monde. Tout en s'occupant de son exploitation agricole du secteur Saint-Grégoire de Bécancour!

Le natif de Trois-Rivières était éducateur spécialisé dans une école quand il a choisi de se consacrer entièrement à l'agriculture, séduit par le mouvement de retour à la terre du début des années 1970.

«Je ne connaissais pas beaucoup l'agriculture. Ça s'est fait tranquillement. On est arrivés ici en 1972. On a gardé quelques cochons, quelques truies... J'allais aider le voisin, j'allais faire les foins avec lui...», raconte M. Pellerin en évoquant l'achat d'une ferme sur la rive sud avec son épouse Joanne Larouche. 

Au début, M. Pellerin combinait son travail à l'école et ses tâches agricoles. «En 1976, on a pris la décision de bâtir une porcherie. J'ai laissé mon emploi pour être sur la ferme à temps plein», poursuit celui qui s'est rapidement fait solliciter pour s'impliquer dans le syndicat local.

«Dans la production porcine, ça a été difficile dans les années 1980 avec la crise des taux d'intérêt. On m'a attiré dans les réunions du syndicat des producteurs de porcs régional, puis en 1985, j'ai été élu président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec», relate celui qui a mené cette organisation jusqu'en 1993, en étant aussi membre du conseil de direction de l'UPA et vice-président du Conseil canadien du porc. Et père de trois enfants!

De son passage à la Fédération des producteurs de porcs, M. Pellerin retient les enjeux de la mise en marché et de la promotion du porc comme tel.

«Il fallait organiser la mise en marché pour s'assurer que les producteurs puissent vivre. On a créé un mécanisme de vente par encan électronique en 1989. On a mis en place des programmes de promotion, dont un qui a fait l'histoire: la fameuse pelure de banane. Ça a été utilisé même en Europe, comme stratégie», mentionne-t-il en parlant de cette campagne publicitaire qui s'attaquait au mythe sur la valeur du porc en gras, en rappelant que celui-ci entourait la viande et pouvait s'enlever comme on retire une pelure de banane.  

L'implantation de programmes en lien avec la responsabilité sociale et l'environnement a aussi été marquante: «On s'est assuré que les producteurs avaient des épandages raisonnables, des plans de fertilisation. Ça aussi, ça a fait école, c'est rendu dans les autres productions.»

Désigné président de l'UPA en 1993, il était à la tête de quelque 45 000 producteurs au Québec: «Il y avait beaucoup de relations publiques, de contacts avec les producteurs, de tournées provinciales et de représentations nationales et à l'international. Avec l'UPA Développement international, nous sommes présents dans une quinzaine de pays!»

Les dossiers relatifs à l'environnement sont ceux qui ont le plus avancé pendant son passage à l'UPA, considère-t-il. Aussi, un volet éducation a été implanté avec la création des journées portes ouvertes sur les fermes. 

En 2009, M. Pellerin devenait président de la Fédération canadienne de l'agriculture, et l'année suivante, il était nommé à la tête du Conseil des produits agricoles du Canada, un poste qu'il a occupé jusqu'en mai dernier. Au sein de ces instances, il s'est particulièrement intéressé à la gestion de l'offre.

Cet été, M. Pellerin a retrouvé ses terres à plein temps. «Je suis encore agriculteur! J'ai toujours eu deux jobs!», conclut l'homme de 68 ans.




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