Carol-Ann Rouillard: l'action et la réflexion dans l'engagement

Carol-Ann Rouillard... (François Gervais)

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Carol-Ann Rouillard

François Gervais

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quand on demande à Carol-Ann Rouillard si elle se considère comme une militante, elle nuance en se qualifiant plutôt de «personne engagée». Étudiante au doctorat, mère de deux enfants, la femme de 26 ans a mérité le prix Mauricienne d'influence - catégorie Éducation lors du dernier gala de ce réseau visant l'accroissement de la représentativité féminine dans les différentes sphères de décision.

L'intérêt pour la cause féminine est constant dans le profil de Carol-Ann Rouillard. Sa thèse de doctorat en communication sociale s'intéresse à la parité femme-homme en politique, et elle a collaboré à la fondation du Groupe d'Actions Femmes à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Elle siège aussi à l'exécutif de l'Auberge autogérée des étudiantes sages-femmes.

Originaire de Stornoway en Estrie, Mme Rouillard s'est établie à Trois-Rivières en 2009 pour entreprendre son baccalauréat en études françaises (profil langue et communication) à l'UQTR. Elle a par la suite complété une maîtrise en études québécoises, et entreprend sa deuxième année au doctorat en communication sociale. Elle a donné naissance à ses deux fils dans le processus, en plus de s'impliquer dans plusieurs instances à l'université.

Au baccalauréat, elle a d'abord joint l'Association des étudiants en lettres et linguistique, puis l'Association générale des étudiants de l'UQTR (AGÉUQTR). Après avoir été administratrice au sein du conseil d'administration, elle a successivement occupé les postes de présidente et de secrétaire générale de l'AGÉUQTR.

Déjà au primaire, on pouvait trouver Carol-Ann Rouillard dans le conseil de classe. Au secondaire, elle s'impliquait dans le gala Méritas et dans un projet de pairs aidants, alors qu'au Cégep de Lac-Mégantic, elle était dans l'association étudiante. 

«Ça fait partie de moi. Mes parents sont deux personnes très impliquées, j'ai un peu grandi là-dedans», résume celle qui a aussi siégé à la sous-commission de la recherche, au comité de programmes du baccalauréat en études françaises et au comité d'application et de suivi de la politique linguistique à l'UQTR.

Carol-Ann Rouillard est l'une des cofondatrices du Groupe d'Actions Femmes, né des suites d'une controverse émanant d'une activité organisée par une association étudiante et ayant utilisé l'expression «Sauf une fois au chalet» dans sa promotion.

«Un groupe de personnes s'est mobilisé et a signé une lettre pour faire réfléchir au fait que ça pouvait banaliser la culture du viol. Sur l'événement Facebook organisé, il y avait clairement la référence à la phrase prononcée par un homme reconnu coupable d'agressions sexuelles sur ses filles pendant plusieurs années», explique Mme Rouillard en évoquant la genèse du comité dont le mandat officiel est de maintenir une vigile pour assurer un milieu universitaire sain.

«C'est dans la mouvance de la dénonciation des violences sexuelles sur les campus. Une semaine de sensibilisation a été mise en place. On a organisé plein d'activités dont des conférences, et on continue à travailler avec l'Université là-dessus. On veut élargir à tout ce qui touche l'inégalité vécue par les femmes, mais de façon positive. On veut dénoncer, mais proposer des solutions», précise-t-elle.

Les différences de rémunération entre les sexes et la violence conjugale qui continue de faire des ravages, dont chez les jeunes, comptent parmi les enjeux auxquels Mme Rouillard demeure sensible.

«Je ne sais pas si je m'accole l'étiquette de militante, mais je m'accole l'étiquette d'une personne engagée», se décrit celle qui ne perçoit pas l'action et la réflexion comme complètement dissociées. Elle fait notamment remarquer que l'action se nourrit des recherches. «Comprendre les discours, comprendre comment les gens réfléchissent, amène des éléments pour voir concrètement comment on peut amener un débat qui soit plus rationnel, basé sur des vraies choses», considère-t-elle.

La doctorante qui siège aussi à la Table ronde universitaire des cycles supérieurs a également mérité une des 13 distinctions honorifiques attribuées à des membres de la communauté universitaire par l'UQTR en mars dernier lors de la cérémonie Distinction. Elle a reçu un prix «vie étudiante» pour souligner l'ensemble de son implication.




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