Frédéric Murray: l'implication citoyenne incarnée

Frédéric Murray... (Stéphane Lessard)

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Frédéric Murray

Stéphane Lessard

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La rencontre. C'est le mot que choisit Frédéric Murray pour décrire le dénominateur commun liant tous les aspects de sa vie. Musicien de formation et maintenant thérapeute Bowen, le Nicolétain d'adoption est impliqué dans plusieurs démarches citoyennes.

Quand il raconte son histoire, Frédéric Murray parle de deux deuils qui l'ont marqué, celui de son père, décédé de maladie quand il était adolescent, et celui de son frère, assassiné. C'est après la mort de son père que la passion de la musique s'est allumée. Le natif de La Malbaie a étudié la musique à Québec, et a complété une maîtrise en création musicale. 

Ne réussissant pas à laisser aller le flot de sa création plus intime, il s'est dirigé dans l'industrie du jeu vidéo. Ayant développé des problèmes au cou, il a découvert la technique Bowen, une forme de thérapie manuelle holistique. Séduit par l'approche, il a suivi la formation pour la pratiquer. 

Établi à Nicolet depuis trois ans avec sa conjointe et leurs deux enfants, M. Murray a ouvert une clinique Bowen à la maison, tout en entretenant des projets musicaux et en s'impliquant dans son milieu. 

«J'adore la politique, mais je pense que la politique doit changer. C'est un milieu violent, difficile. Je pense qu'il faut pacifier toute la démocratie pour que les gens se réapproprient leur pouvoir», formule celui qui a répondu à l'appel de l'ancien maire de Nicolet Alain Drouin de créer un comité de citoyens il y a trois ans.

«Le comité a plusieurs missions, dont une de consulter la population, d'aller chercher son pouls. Puis on a un désir de passer à l'action. On veut aider les gens à passer à l'action et non passer à l'action pour les gens», explique-t-il en donnant l'exemple de la grande corvée de nettoyage organisée au printemps depuis deux ans.

De ce comité a aussi émané l'idée des cafés citoyens, animés par M. Murray. La prochaine rencontre devrait aborder le thème de la redynamisation du centre-ville, un sujet récurrent dans les préoccupations des Nicolétains.

À l'écoute de ses concitoyens intéressés par l'enjeu de l'autonomie alimentaire, Frédéric Murray a également contribué à mettre en place à Nicolet le projet des Incroyables comestibles, sur le principe de la culture maraîchère urbaine accessible à tous. «Il y a notamment des bacs à l'hôtel de ville, sur la piste cyclable, devant l'hôtel Montfort et devant le Centre des arts populaires. Beaucoup de citoyens et de commerces ont embarqué», se réjouit-il.

Une autre initiative citoyenne est attribuable à Frédéric Murray, soit le babillard d'action citoyenne installé à la bibliothèque. Les citoyens sont invités à y inscrire leurs idées pour le développement de la ville. «Les gens ont des idées mais ne les disent pas. Ils pensent qu'ils ne seront pas écoutés, qu'ils sont les seuls à avoir cette idée-là, ou que ça ne pourrait pas se faire», observe-t-il. 

«Des gens veulent un parc à chiens ou des manèges! D'autres aimeraient plus de stationnements à la bibliothèque, ou nous donnent des propositions de commerces qui manquent», énumère celui qui fait aussi partie du comité famille de la Ville.

Dans une autre sphère, Frédéric Murray a mieux assimilé le deuil de son frère en participant à une rencontre de justice réparatrice, où il a pu discuter avec un prisonnier incarcéré pour un meurtre similaire à celui subi par son frère. Il donne maintenant des témoignages sur cette expérience.

«Ça rouvre les blessures, mais ça permet de pacifier. La parole est pacificatrice. On revient au café citoyen: les gens peuvent parler, et on peut retrouver nos pouvoirs en parlant», fait-il comme lien.

«La rencontre est au centre de tout. C'est évident au niveau de la justice réparatrice et du café citoyen. Mais aussi, quand je reçois quelqu'un ici en Bowen, ça lui permet de rencontrer son corps, pour que le corps puisse enfin être écouté pour se réajuster. Quand je compose de la musique, je me rencontre moi-même», conclut-il.




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