Véronique Germain: la marche pour briser l'isolement

Véronique Germain... (François Gervais)

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Véronique Germain

François Gervais

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Véronique Germain a déjà fait osciller le pèse-personne à plus de 300 livres. Après avoir détecté son problème d'hyperphagie et subi une chirurgie bariatrique, elle maintient un processus de prise en charge de sa santé globale et en fait profiter les autres à travers Les Philanthropes, l'organisme qu'elle a créé et qui ne cesse de croître.

Dans le spectre des troubles alimentaires, l'anorexie et la boulimie sont plus connues que l'hyperphagie, qui consiste à outremanger sans recourir par la suite à des comportements compensatoires pour évacuer l'intrant. Véronique Germain a eu le déclic qui allait la motiver à changer en août 2013. Le 25 mars 2015, elle passait sous le bistouri pour une chirurgie qui allait réduire la taille de son estomac. Entre les deux, elle a découvert qu'elle souffrait d'hyperphagie.

«Je savais que j'avais quelque chose qui clochait avec la nourriture mais je ne savais pas que j'avais un trouble alimentaire. À force de rencontrer une psychologue et fouiller dans mon passé, on a trouvé que ça venait de mon agression sexuelle à 21 ans. Moi dans ma tête, c'était réglé, mais ça ne l'était pas», raconte bien ouvertement la commis-comptable de 39 ans.

«J'ai combiné la chirurgie bariatrique à la thérapie pour mon trouble alimentaire, j'ai rencontré des nutritionnistes et je suis passée de sédentaire à sportive», énumère-t-elle pour décrire son changement de mode de vie. 

«J'ai toujours détesté l'activité physique, je trouvais que c'était une corvée. Maintenant, je ne fais plus d'apnée du sommeil, plus de cholestérol, pratiquement plus d'asthme, et mon corps a de nouvelles capacités. J'ai essayé plein de choses pour voir ce que j'aimais, et j'ai eu la piqûre pour la course à pied», ajoute celle qui commence à s'entraîner pour le demi-marathon qu'elle souhaite courir en mai 2018 pour fêter ses 40 ans.

Mais avant d'en arriver à courir un, deux, ou cinq km, Véronique Germain est partie de zéro et aurait pu se décourager. Quand elle a vraiment décidé de se prendre en main et de commencer à bouger, elle s'est mise à la recherche d'un club de marche qui n'exigeait pas un certain niveau pour «suivre le groupe». Sans succès. Présumant qu'elle ne devait pas être la seule débutante qui partait de loin, elle a eu l'idée de lancer son propre groupe, les Marcheurs philanthropes, constitué en organisme à but non lucratif en juin 2014.

De plus en plus de gens s'y sont greffés, et certains ont suggéré d'élargir l'offre d'activités pour exploiter davantage le côté social du groupe dont un des buts premiers est de briser l'isolement, peu importe sa source. Puis, des demandes sont venues pour la création de cellules dans d'autres villes.

Aujourd'hui, l'organisme renommé tout simplement Les Philanthropes comprend des groupes organisés dans une douzaine de villes, et 53 autres communautés attendent un nombre suffisant de bénévoles pour être activées. Outre les sorties de marche, le calendrier des Philanthropes propose des soirées de jeux de société, des 5 à 7 ou des cafés-rencontres.

Un conseil d'administration et cinq comités gèrent les communications, le financement, l'aspect légal, le membership et les activités. Comme moyen de financement, Véronique Germain exploite une friperie dans son sous-sol. Les vêtements donnés sont vendus en lots sur Internet. Une collection de vêtements promotionnels a aussi été créée pour soutenir l'organisme.

«J'étais une personne renfermée qui n'avait pas confiance en elle. Quand j'ai appris que mon hyperphagie n'était pas parce que j'étais lâche, mais que c'était dû à un trouble alimentaire lié à ce que j'avais vécu, ça m'a enlevé un gros poids de mes épaules. J'ai maintenant plus confiance en moi. Je sais ce que j'ai vécu, et je veux aider ceux qui le vivent à sortir de leur isolement», dit-elle en rappelant que le groupe n'est pas limité aux gens qui vivent avec des troubles alimentaires. Des gens de tous les horizons viennent s'y épanouir.




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