L'inspiration qui émerge de l'épreuve

Isabelle Parent... (Photo: Sylvain Mayer)

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Isabelle Parent

Photo: Sylvain Mayer

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le fils d'Isabelle Parent pesait 790 grammes quand il est né à seulement 25 semaines de grossesse le 18 novembre 2013. C'est à travers l'expérience des quatre mois d'hospitalisation de Victor, en mode survie, que l'artiste a découvert la philosophie du lâcher prise et l'a intégrée dans ses tableaux par la suite. Trois ans plus tard, Zabel - son nom d'artiste - a tenu à témoigner de ce tournant personnel et artistique et à redonner au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine en offrant 40 % de la vente de toiles de son exposition Virage à l'unité néonatale de l'établissement.

«Ça faisait longtemps que je voulais faire quelque chose pour remercier l'équipe de Sainte-Justine. C'est à cause de Victor que j'en suis arrivée à faire un virage artistique qui m'ouvre des portes. Il fallait que ça revienne ou ça avait commencé», explique Mme Parent.

La Champlainoise a été alitée dès la 11e semaine de sa grossesse et a été admise à Sainte-Justine à sa 24e semaine. Victor a passé les 100 premiers jours de sa vie aux soins intensifs et quatre mois et demi à l'hôpital, au total. «La première semaine on a failli le perdre, son intestin a perforé. On est revenus à la maison en mars, mais au bout d'une semaine il a fait une obstruction intestinale et a été ré-hospitalisé deux semaines», détaille la mère de trois autres enfants de neuf, sept et cinq ans. 

«Un prématuré, ça arrive avec tous ses organes mais ils ne sont pas prêts à servir. On essaie de les briser le moins possible. C'était une heure à la fois. Tu dois lâcher prise. Tu n'as plus de contrôle sur rien. J'ai appris à vivre dans le moment présent sans penser à demain», résume-t-elle. Quelques semaines après son retour à la maison, Zabel a recommencé à peindre, surtout pour honorer les commandes en attente depuis son alitement imposé. «Quand j'ai commencé à créer ces commandes-là, elles avaient été signées avec un style X, et j'ai senti tout de suite dans mon coup de spatule qu'il y avait quelque chose qui avait changé. Je le ressentais dans mon mouvement.»

En 2014, elle a peint dans son style pré-Victor, surtout pour honorer les engagements déjà conclus. En 2015, quand son fils a commencé à fréquenter un milieu de garde et qu'elle a eu plus de temps, la nouvelle Zabel a commencé à émerger à travers l'expérimentation. Sa nouvelle attitude d'abandon de la volonté de contrôle s'est imposée dans la création. L'artiste s'est davantage laissée aller, se fiant de plus en plus à sa spontanéité. Elle a commencé à laisser ses fonds blancs.

«Je pars d'une toile blanche, je regarde mes couleurs sans savoir où je m'en vais. J'applique mes couleurs et je me laisse guider par le moment. C'est un lâcher prise total parce qu'une fois que la couleur est là, je compose avec ce que j'ai appliqué. Tu ne peux réparer et faire comme tu veux», résume-t-elle. En 2015, Zabel a fait se côtoyer son ancien style et son nouveau, mais sa production de 2016 a porté presqu'exclusivement la nouvelle signature. Sa nouvelle production a séduit le Mondial Art Academia, une association basée en France qui sélectionne des artistes de partout et contribue à leur promotion. Via cette association, des toiles de Zabel ont été exposées à Barcelone en décembre et le seront à Marseille en mars.

En 2016, l'artiste a aussi été recrutée par une galerie de Florence, en Italie, en plus de faire son entrée dans des galeries de Baie-Saint-Paul et de Port Carling en Ontario.

Ayant définitivement adopté son nouveau style, Isabelle Parent a eu l'idée de rassembler les tableaux qui lui restaient de son ancienne production et de les vendre en remettant 40 % du prix à la Fondation du CHU Sainte-Justine, et plus particulièrement à la nouvelle unité néonatale inaugurée le 8 décembre. Les 43 tableaux qu'elle a vendus dans ce cadre ont permis de remettre 6325 $ à la fondation.

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