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Adis Simidzija... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Adis Simidzija

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste

Pour Adis Simidzija, l'important c'est de donner sans rien attendre en retour, parce que l'action est plus importante que le résultat.

«Le résultat ne sera jamais satisfaisant, puisqu'il va toujours y avoir des enfants qui souffrent.»

C'est dans cet esprit qu'il a fondé «Des livres et des réfugié-e-s», un organisme qui vient en aide aux nouveaux arrivants et facilite leur intégration dans la société québécoise.

Depuis janvier 2016, il s'applique à récolter des fonds pour aider matériellement et offrir du soutien à des jeunes qui ont été déracinés et qui tentent de se refaire une vie dans un nouvel environnement. 

Né en Bosnie-Herzégovine, le jeune Adis a grandi dans un pays déchiré par la guerre. Le déracinement, il connaît. À l'aube de ses 10 ans, sa mère a quitté son pays natal, où son père avait été tué, pour trouver refuge, avec ses deux fils, au Québec.

De son propre aveu, il s'est très bien intégré à sa terre d'accueil, notamment grâce à son apprentissage rapide du français.

«Je me suis intégré rapidement parce que j'ai appris la langue très rapidement», explique-t-il en ajoutant qu'il servait souvent de traducteur pour les autres membres de la famille.

L'isolement était donc plus grand pour sa mère et son frère qui ont mis plus de temps à traverser la barrière de la langue.

«Le premier livre que ma mère a lu en français, c'est le mien. Et ensuite elle s'est acheté 5-6 livres qu'elle a tous lus», raconte-t-il avec beaucoup de fierté. 

Le livre en question, Confessions d'un enfant du XXIe siècle, est le moyen principal de financement de son organisme.

«En 48 heures, j'ai eu 100 précommandes avant même qu'il soit imprimé», mentionne celui qui a eu l'appui et les conseils de plusieurs membres de son entourage pour mener à bien ce projet.

La première édition s'est écoulée à plus de 350 copies, ce qui a permis d'amasser plus de 2000 $ qui ont servi à acheter des fournitures scolaires pour des enfants nouvellement arrivés et d'accorder une bourse de 1000 $ à un étudiant de cycle supérieur qui travaille sur l'intégration d'enfants immigrants dans la société québécoise.

Pour la prochaine année, le but visé est de doubler le montant amassé. Un nouveau recueil de poésie, qui sera publié par la nouvelle maison d'édition qu'il a fondée DL&DR, est d'ailleurs en cours de réalisation pour atteindre cet objectif.

L'écriture a pris une place importante dans sa vie depuis longtemps déjà. «J'ai guéri à travers l'écriture.» Puis, en mettant ce talent au service d'autrui, il a fait d'une pierre deux coups. «J'ai trouvé un sens à mon vécu.»

Bien que son initiative soit encore toute jeune, Adis Simidzija a beaucoup de projets qu'il décortique en trois étapes: encourager la poursuite d'études pour les jeunes réfugiés, aider à combler des besoins matériels primaires et faciliter l'intégration des familles de réfugiés dans la société québécoise.

Au-delà de ces objectifs, ce diplômé en sociologie prêche par l'exemple et incite les gens à s'impliquer.

«Le but est de laisser une marque et d'encourager les gens à en faire autant. Que ce soit en faisant du bénévolat ou en développant leurs idées. Ça se fait! Je veux encourager surtout les jeunes à donner du temps. Il y a tellement d'organismes qui ont besoin», clame-t-il, assurant qu'il n'y a pas de petits dons ou de petits gestes.

«C'est le principe, c'est de sensibiliser qui est important. Si une personne le fait et qu'elle encourage d'autres personnes à le faire...», dit-il en laissant entendre que ce serait déjà ça de gagné. «Il faut passer à l'acte! Ce n'est pas parce que ça ne nous touche pas directement qu'on ne doit pas s'impliquer. Il faut changer cette mentalité-là.»

En plus de poursuivre ses études en littérature, Adis Simidzija travaille au centre Le Havre qui vient en aide aux sans-abri. «C'est un privilège d'être accepté dans le quotidien de ces personnes en situation d'itinérance.» 

S'il rêve s'être reconnu comme un poète engagé, il ne veut surtout pas qu'on se souvienne de lui pour son implication communautaire. 

«Par contre, je ne veux pas qu'on oublie que des gens souffrent. Je voudrais que les gens soient plus tolérants.»

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