Louise Boisvert: au-delà des Jardins du coeur

Louise Boisvert... (Marc Rochette)

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Louise Boisvert

Marc Rochette

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans la cour de sa maison, à Victoriaville, Louise Boisvert se sent visiblement comme un poisson dans l'eau. Et sa serre artisanale témoigne de son engagement envers sa communauté. On peut y lire cet écriteau posé tout près: «Les gens sont invités à aider les plus démunis en donnant leur surplus de jardin ou en achetant un de nos sacs en magasin». Voilà la mission des Jardins du coeur, un projet qu'elle a mis de l'avant au cours des dernières années.

À écouter l'histoire de cette fille de la place, on s'aperçoit rapidement qu'une telle initiative découle d'une réelle passion pour l'âme humaine. D'ailleurs, après avoir eu sa propre garderie en milieu familial, cette mère de famille a oeuvré auprès des personnes âgées, tantôt dans le réseau public, tantôt dans le secteur privé. Encore aujourd'hui, elle agit comme aide soignante à domicile. 

Or, au fil des ans, Mme Boisvert a développé l'habitude de faire des dons en argent à différentes organisations, dans des domaines aussi variés que la santé et la faune. «Mais je me suis dit que j'allais donner dans ma région», aura-t-elle décidé un jour. Et c'est dans cet esprit qu'est né le concept des Jardins du coeur.

Dans une lettre adressée au maire de l'époque, Alain Rayes, pour solliciter une aide financière de la Ville, l'instigatrice lui avait expliqué son désir de voir les gens donner une partie de leur récolte aux démunis. Et son raisonnement était le suivant: si Victoriaville s'était montrée avant-gardiste en matière de récupération, pourquoi ne pourrait-elle pas devenir une municipalité où «tout le monde mange à sa faim»? «Nous voulons valoriser notre ville, la dynamiser sous tous ses aspects, et ce serait une belle image à projeter», écrivait-elle au premier magistrat.

La fondatrice des Jardins du coeur se lance donc dans la culture de tomates, de piments, de concombres, de carottes et de salade. «Outre les légumes, j'avais aussi des fines herbes, telles que du persil, de la ciboulette, du romarin et de la sauge», énumère-t-elle.

Pour ce qui est de la distribution, ça se déroule le mardi soir. «Je vais dans les quartiers les plus défavorisés. J'en ai repéré trois dans ma ville. J'en remets aussi à des organismes que j'ai ciblés dans le bottin de poche des organismes communautaires de ma ville comme, entre autres, Maison Raymond Roy, Maison de Thérapie Victoriaville-Arthabaska, Sécurité Alimentaire ainsi que Maison d'Hébergement La Volte-Face», explique Mme Boisvert.

En 2016, la «récolte» de sympathisants à sa cause aura toutefois été plutôt modeste. «Cette année, il y a trois personnes qui m'en ont donnés de façon aléatoire et j'ai également eu des dons en argent de la part de deux personnes. Mais ça ne me décourage pas du tout. Je me dis qu'au début, Mère Teresa était seule elle aussi quand elle a commencé son oeuvre. Et ce que moi, je suis capable de donner pour le moment, c'est toujours ça de plus pour eux. Il n'y a pas de petit don», confie-t-elle.

Pour cette dame de coeur, la sécurité alimentaire devrait être la priorité des gouvernements «au lieu d'aller sur la lune». «Leur priorité est basée sur l'argent au lieu que ce soit sur l'homme et le partage», déplore celle qui prône un traitement équitable envers tous. «Chaque être humain est important et on ne peut pas élever tous les enfants de la même façon», s'empresse-t-elle d'ajouter.

À son avis, la plus grande qualité requise pour travailler auprès des personnes âgées est la compassion. «Il leur reste une dignité. Il faut les traiter comme des humains. Il faut apprendre à partager. Ça peut être de l'argent ou du temps, comme aller jouer de la musique dans une résidence pour aînés», donne-t-elle comme exemple.  

Et cette sensibilité envers l'autre, elle la traduit aussi en mots, d'où ses deux recueils de poésie qui traitent de la vie. Louise Boisvert pourrait en écrire un troisième: Au-delà des Jardins du coeur.

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