L'aide aux démunis pour nourrir sa retraite

Réal Gagnon... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Réal Gagnon

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «J'ai été élevé avec certaines valeurs et je voulais les faire fructifier», analyse Réal Gagnon en évoquant le chemin qu'il a choisi d'emprunter lorsque l'heure de la retraite a sonné, en 2003.

C'est au sein de la Société Saint-Vincent de Paul que ce retraité des communications pour Hydro-Québec met ses connaissances à profit et nourrit son élan d'aide à autrui.

Originaire du Saguenay, M. Gagnon a oeuvré dans le monde des médias de son coin de pays avant d'être recruté par la société d'État, en 1980.

Il a par la suite été posté à Québec, Montréal et Gatineau avant de s'installer à Trois-Rivières en 1997. Alors qu'il était encore au Saguenay, il s'est impliqué dans la production et l'animation du téléthon de la paralysie cérébrale.

«Mon travail pour la paralysie cérébrale m'a permis de mettre en valeur ce qui était très important pour moi, soit d'aller vers les autres. J'ai contribué à aider des gens, à les sortir de leur isolement, à les amener dans des maisons où ils étaient autonomes, et aussi à permettre à des gens de prendre des moments de répit», raconte le néo-Trifluvien qui s'est également impliqué dans le téléthon de la Fondation du CHRTR.

Le moment de la retraite approchant, M. Gagnon a réfléchi à la manière dont il souhaitait occuper son temps et l'aide à son prochain s'est imposée. Il a commencé par s'engager à la popote volante de sa paroisse, et s'y implique encore sous l'encadrement du Centre d'action bénévole Laviolette.

Par son bénévolat, le retraité souhaitait aussi contribuer à soulager la pauvreté. «On voyait la situation économique changer dans la région. Les visages de la pauvreté changeaient», relate-t-il en évoquant le moment où il a cogné à la porte de la Société Saint-Vincent de Paul (SSVP) pour proposer ses services.

Insistant sur l'apport d'une équipe au complet, M. Gagnon a participé à la restructuration de l'organisme qui a emménagé dans ses locaux actuels de la rue Royale en 2013, où l'on trouve le comptoir Ozanam.

La vente à petits prix de vêtements et items dans ce magasin couvre les frais associés à la bâtisse et finance l'aide apportée aux gens qui la réclament. Le défi était d'adapter le magasin et son fonctionnement aux réalités actuelles afin de garantir la pérennité des services.

«Il ne faut pas se le cacher, le mouvement de la Saint-Vincent de Paul est un mouvement catholique, et avec la diminution de la ferveur religieuse, il fallait assurer une pérennité.

On a décidé d'acquérir un édifice et il fallait mettre en place une façon de faire qui répondait aux besoins actuels et qui répondait en même temps à ce que devait être la Société. À Trois-Rivières, on avait 150 bénévoles qui avaient besoin d'être regroupés, structurés», explique M. Gagnon, vice-président de la SSVP de Trois-Rivières.

La Société Saint-Vincent de Paul a été créée en 1833 à Paris par Frédéric Ozanam, un étudiant en droit ayant à coeur l'aide aux démunis. La première «conférence» (nom donné aux points de services) au Canada a été fondée à Québec, en 1846, et la première présence à Trois-Rivières remonte à 1866. Aujourd'hui, la SSVP compte 11 conférences et quatre comptoirs alimentaires à Trois-Rivières, en plus du comptoir Ozanam.

En 2015, les 11 points de services ont aidé 8342 familles. Des biens et denrées d'une valeur de 1,6 million $ ont été récupérés et redistribués, 286 paniers de Noël ont été remis et 315 enfants ont reçu du soutien pour le retour en classe.

L'aide dite de premier secours touche les besoins de base (s'alimenter, se loger et se vêtir) et les bénévoles peuvent aussi référer les gens vers des ressources en formation ou en employabilité, par exemple.

«Il y a des gens au bas de l'échelle, sans aucune ressource, qui s'en sont sortis. Ce travail d'accueil et de compassion amène des résultats», se réjouit Réal Gagnon.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission Facteur matinal, animée par Barbara Leroux, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

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