Le bénévolat, la passion d'une vie

Jean Normandin... (Stéphane Lessard)

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Jean Normandin

Stéphane Lessard

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Amélie Houle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour Jean Normandin, un ancien militaire, rien ne le prédestinait à devenir bénévole pour le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Pourtant, celui qui est maintenant âgé de 92 ans, entame sa 64e année au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

L'homme originaire de la région de Coaticook, qui devait au départ effectuer un périple de deux jours seulement avec un prêtre pour présenter la statue de la Vierge Marie à travers le Canada, s'est de fil en aiguille retrouvé au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Au fil des ans, M. Normandin est tombé en amour avec le sanctuaire. «J'ai aimé l'ambiance qui était merveilleuse, mais c'est aussi une passion pour le lieu, puisque je suis croyant. Il existe trois sanctuaires, mais je peux dire qu'ici, c'est le plus beau avec sa végétation abondante», avoue le nonagénaire. Il a d'ailleurs trouvé bien plus qu'une passion dans la région, puisqu'il y a aussi rencontré sa femme Suzanne, avec qui il vit une histoire d'amour depuis plus de 55 ans.

S'il s'est fait connaître au sanctuaire, M. Normandin a occupé plusieurs postes pendant toutes ces années en tant que photographe et un peu plus tard, comme donneur d'historique pour le sanctuaire. «J'ai pris les premiers clichés lors de la construction de la basilique. Mes photos servent, entre autres, pour les archives s'il survient un bris», mentionne le père de deux enfants.

Une des qualités qui lui a permis de faire son chemin au sein du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap est sans aucun doute son bilinguisme, estime M. Normandin. «Ils ont vite remarqué que je parlais français et anglais, donc quand une personne s'est absentée pour donner les historiques, ils m'ont demandé de le faire», confie-t-il.

Sa visite à Rome pour faire bénir la pierre angulaire de la basilique est le moment dont il est le plus fier. «Le père Barabé allait à Rome pour faire bénir la pierre angulaire et j'ai proposé d'y aller avec lui. On était seulement quatre Canadiens à y aller et j'en faisais partie», soutient-il.

Si sa femme l'appuie dans ses projets, M. Normandin avoue qu'en raison de son âge, il est plus difficile de le laisser partir chaque jour. «Ma femme ne trouve pas ça toujours drôle, car à 92 ans, c'est exigeant de marcher autant. Mais moi, ça m'amuse de faire ça, même si ça commence à être plus difficile», souligne-t-il.

M. Normandin n'a cependant jamais pensé à prendre sa retraite au fil des ans. «Quand on aime ce que l'on fait dans la vie et qu'on y croit, ce n'est pas difficile de continuer.» À travers toutes ces années, M. Normandin a beaucoup voyagé, que ce soit en Chine, au Japon et en Allemagne. Son voyage à Compostelle est cependant celui qui a le plus marqué l'homme. «À 73 ans, j'ai dit à ma femme que je voulais aller à Compostelle, mais elle me trouvait trop vieux», sourit-il.

C'est toutefois en 2003, à l'âge de 80 ans, que M. Normandin s'est rendu sur place. «C'est la chose que j'ai vécue le plus intensément et j'y pense encore tous les jours», avoue-t-il. Malgré son âge, il a tout de même réussi à compléter son périple. «À mon arrivée, la femme à l'accueil était surprise de voir un homme aussi âgé que moi. Mais on apprend tellement à Compostelle, c'est inspirant.»

Pour les prochaines années, M. Normandin avoue qu'il devra ralentir la cadence en raison de son âge avancé, mais pas question d'arrêter complètement. «Ça ne me dérangerait pas d'être encore ici pendant encore plusieurs années, mais j'en ai plus en arrière de moi qu'en avant, donc, on verra», précise-t-il.

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