Sur les sentiers de Diane Héroux

Diane Héroux... (Olivier Croteau)

Agrandir

Diane Héroux

Olivier Croteau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Diane Héroux avait à peine 17 ans lorsqu'elle est tombée en amour avec les chevaux. Pourtant, personne dans la famille de cette jeune citadine ne partageait cette passion et c'est avec surprise que sa famille l'a vue dépenser tout son petit pécule d'adolescente pour acheter un Quarter horse de 300 $ et payer la pension de sa première monture.

«C'était il y a 52 ans», dit-elle, en mettant la faute sur le dos d'un rodéo amateur qui l'avait émerveillée. Loin d'être un coup de tête, cette passion pour les chevaux la suivra toute sa vie.

Au début des années 1970, alors qu'elle est gérante au magasin Woolco, Diane Héroux franchit un pas de plus en démarrant une ferme d'équitation de location d'une quarantaine de chevaux à Saint-Maurice où elle décide de s'établir avec son conjoint.

«Dans le temps, les gens n'étaient pas propriétaires de chevaux. Ils louaient pour une heure et ils étaient bien contents. Il y avait très peu de pensions», se souvient-elle.

Sa passion a pris un virage inattendu lorsqu'en 1997, elle revoit une connaissance qui lui lance l'idée de construire des sentiers équestres. «J'ai trouvé l'idée très bonne. La même chose se faisait pour les motoneiges et les VTT», fait-elle valoir.

D'autres passionnés d'équitation se joignent à elle. Tout était à faire: déterminer les emplacements, tracer les sentiers et les aménager. «On a décidé de commencer au barrage de La Gabelle», raconte-t-elle.

Il fallait monter des dossiers solides pour les présenter au gouvernement et demander les droits de passage aux propriétaires fonciers, à Hydro-Québec, aux municipalités et aux MRC. «On n'y connaissait rien au début», raconte-t-elle.

Le petit groupe ne savait pas quels trajets emprunter ni combien de kilomètres il voulait aménager. «Des fois, je me demande comment on a fait pour se rendre où on est rendu», dit-elle en riant.

«Ça prenait un GPS. Je n'y connaissais rien. On se promenait en quatre roues ou bien on y allait à pied pour voir où ça passait et où ça ne passait pas. On mettait des rubans. On écrivait les coordonnées GPS. Le soir, j'arrivais ici avec mes grandes cartes 1/20 000. Quelqu'un m'a montré comment calculer ça. Aujourd'hui, c'est plus facile. Tu mets le GPS sur le VTT et quand tu reviens à la MRC, ils mettent ça dans l'ordinateur et le tracé apparaît sur les cartes», dit-elle.

Pégase Sentiers équestres, l'organisme né de cette initiative en Mauricie, «s'est associé à Québec à Cheval pour assurer les sentiers», ajoute-t-elle.

Diane Héroux est devenue peu à peu l'âme dirigeante de cet organisme sans but lucratif qui, au fil des ans, a tracé et aménagé pas moins de 200 kilomètres de sentiers équestres en Mauricie. Ces sentiers font maintenant partie du vaste projet du sentier Transcanadien lequel s'étendra de l'Atlantique au Pacifique sur 21 000 kilomètres.

Les retombées économiques n'ont pas tardé à se faire sentir. La région a vu notamment croître le nombre de ses forgerons pour ferrer les chevaux et le nombre de ses vétérinaires spécialisés en soins équins. «Le but de Pégase était de faire vivre les commerces déjà existants», indique Mme Héroux. Le camping du lac Morin, pour un, a emboîté le pas. «Depuis deux ans, le propriétaire a développé un camping équestre, un emplacement juste pour les chevaux. C'est vraiment beau», dit-elle.

Selon Mme Héroux, l'avènement des sentiers a multiplié par 50, au moins, le nombre de chevaux qu'il y avait déjà en Mauricie. Québec à Cheval compte maintenant 54 associations au Québec, certains clubs comptent une centaine de membres, d'autres près de 1000, signale-t-elle.

Mme Héroux estime que cette activité attire de plus en plus d'adeptes à cause de la quiétude et de la proximité avec la nature qu'elle génère. La proximité avec les chevaux génère aussi un effet thérapeutique, assure-t-elle.

Pégase Sentiers équestres est devenu presque une entreprise bien que le travail soit entièrement bénévole. «Il n'y a pas que les demandes de subventions. Il y a les cartes de membres à gérer aussi ainsi que la poursuite du développement des sentiers et des endroits pour recevoir les chevaux», explique-t-elle. Mme Héroux fournit avec passion ces heures interminables de bénévolat tout en se demandant, toutefois, qui prendra sa relève.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer