Quand le capitaine se lève

Mathieu Basche... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Mathieu Basche

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Lorsqu'on demande à Mathieu Basche ce que ça prend pour devenir un bon capitaine au hockey, les yeux du jeune garçon s'illuminent.

«Il faut être un leader positif et savoir rassembler l'équipe.»

Il peut certainement dire mission accomplie. Son groupe, les Alouettes pee-wee C de Trois-Rivières-Ouest, a conclu une très belle saison récemment en se classant au deuxième rang des Interrégionaux, l'équivalent des séries de la Coupe Stanley dans le hockey mineur simple lettre.

Mais au-delà de cette médaille d'argent, Mathieu a livré des combats beaucoup plus importants depuis deux ans. S'il incarne le fier compétiteur sur la surface glacée, il a fait preuve d'un courage encore plus impressionnant en livrant une rude bataille contre la maladie.

Dans la région, plusieurs connaissent son histoire. C'est celle d'un enfant qui, du haut de ses 10 ans, apprenait en février 2014 qu'il était atteint de la leucémie lymphoblastique. «Il avait une petite bosse en dessous du bras. C'était de la grosseur d'un pois», se souvient sa mère, Pascale Chamberland, sous le regard de son fils maintenant âgé de 12 ans.

«J'étais toujours fatigué, poursuit celui-ci. Au hockey, j'avais de la misère à finir mes présences. Un jour, maman a touché la bosse et j'ai eu très mal.»

Alertée, Pascale Chamberland a consulté leur médecin de famille. Après une batterie de tests, le triste diagnostic tombait quelques jours plus tard. Le Centre mère-enfant Soleil de Québec deviendrait leur résidence secondaire pendant six longues semaines. «La bouffe était dégueulasse, c'était plate à Québec», se souvient Mathieu, qui a dû composer avec les maux de coeur, les maux de ventre, les piqûres, les sautes d'humeur, les antidouleurs, la perte de ses cheveux.

Il a tout de même développé une belle complicité avec son médecin traitant, Bruno Michon.

«Il a beaucoup gagné en maturité aussi, note sa mère. Je l'ai trouvé assez tenace. Pendant les deux ans de traitements, je ne l'ai pas vu souvent complètement découragé. Il a eu une attitude exemplaire.»

Constatant de beaux progrès par rapport à son état de santé, Mathieu Basche et ses proches étaient prêts pour un retour à la compétition et sur les bancs d'école en janvier 2015. Au hockey, il était clairement moins rapide que les autres patineurs. Mais sa volonté, elle, n'avait pas de limite. Un vrai capitaine, quoi!

«Les entraîneurs et les dirigeants du hockey mineur à Trois-Rivières-Ouest ont été très bons avec nous. Théoriquement, Mathieu n'aurait pas pu revenir au jeu aussi tard dans la saison l'an dernier, mais il y a eu une dérogation. Malgré les traitements, il ne voulait pas rater de rencontres. L'automne passé, pour la nouvelle campagne, il a été désigné capitaine de son équipe.»

La transition a aussi été couronnée de succès dans ses études. En janvier 2015, Pascale Chamberland admettait en entrevue au Nouvelliste qu'il serait difficile pour son fils de passer sa cinquième année. À coups de ténacité et avec l'appui d'une orthophoniste, il a relevé le défi. Dans quelques mois, il fera son entrée au secondaire, à l'école Des Pionniers, où il continuera à cheminer dans le volet sportif.

Le petit garçon qui peinait à monter les escaliers, il y a quelques mois à peine, jouait au hockey dans sa cour avec son petit frère Oliver, lors du passage du Nouvelliste lundi dernier.

Bref, les 99 semaines de traitements n'auront pas eu raison de sa joie de vivre. De l'avis de la famille, la passion du sport a joué un rôle déterminant tout au long de cette bataille. L'appui de toute une communauté aussi.

Des centaines de personnes suivaient Mathieu sur sa page Facebook et plusieurs activités ont été organisées pendant ces deux ans afin de lui venir en aide.

«On se sent redevables à tout ce que les gens et Leucan ont fait pour nous, témoigne la mère de Mathieu. Il a encore quelques tests à passer dans les jours à venir, mais pour nous, la maladie, elle est vaincue. Tout ça, c'est du passé.»

Mathieu Basche a donc retrouvé une vie normale de préadolescent à l'école Vision. Il a cessé de prendre des médicaments il y a un mois et parle avec passion de ses projets futurs. Aucun doute, le capitaine des Alouettes a su se relever.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

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