Nicole Poisson Trudel: une vie consacrée à l'art

Nicole Poisson Trudel... (Stéphane Lessard)

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Nicole Poisson Trudel

Stéphane Lessard

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Nicole Poisson Trudel a grandi dans un environnement où la culture était omniprésente. Deuxième des huit enfants de Louis-Philippe Poisson, elle a baigné dans un univers imprégné de théâtre et de musique. Il n'est donc pas surprenant qu'elle soit associée au milieu culturel trifluvien depuis des décennies, soit comme pilier du Théâtre des Nouveaux Compagnons, ou comme une sorte de fée dédiée aux Petits chanteurs pendant une trentaine d'années.

Mme Poisson Trudel se souvient avoir vu sa première pièce de théâtre à l'âge de huit ans, en 1945. C'était Le diable au septième, interprétée par les Compagnons de Notre-Dame, une troupe fondée en 1920 et dont son père était membre depuis 1932.

Après s'être impliquée dans la troupe à travers diverses tâches, allant de la distribution de programmes à la couture, elle a finalement incarné son premier rôle officiel dans Le temps des lilas, de Marcel Dubé, en 1966. «Je jouais Blanche et mon père jouait mon mari! À cette époque, on jouait au Théâtre de poche au terrain de l'Exposition», se souvient-elle en évoquant ce théâtre provisoirement aménagé dans des baraques installées au terrain de l'Exposition pendant la guerre.

Jean-Jacques Trudel, son époux (qu'elle a connu au sein des Compagnons!), figurait aussi à la distribution de cette pièce. Depuis cette première présence sur les planches, la comédienne a incarné 46 rôles et signé 27 mises en scène, au sein des Compagnons mais dans d'autres contextes également. Elle a notamment mis en scène des opérettes pour la Maison Bellemare de Saint-Jean-des-Piles ou le Conservatoire de musique de Trois-Rivières, pour ne citer que ces exemples.

«J'ai fait ma première mise en scène seule en 1970. C'était Monsieur Mazure de Claude Magnier. C'était l'année du 50e des Compagnons. Après, il y a eu une période de dormance. En 1977, on a réanimé la troupe. On l'a redémarrée sous le nom des Nouveaux Compagnons», relate celle qui a occupé diverses fonctions dans l'organisation, dont la présidence et la direction artistique.

Parallèlement à ses implications au théâtre, Nicole Poisson Trudel a aussi laissé sa marque auprès des Petits chanteurs de Trois-Rivières. Son frère Michel en avait fait partie, et en 1966, quand elle a su que l'abbé Claude Thompson avait obtenu l'autorisation de démarrer une école qui combinerait l'enseignement des matières de base à celui de la musique et du chant, elle a tout de suite imaginé y inscrire son fils aîné, Louis.

«Louis est arrivé à l'École des Petits chanteurs en 1968. Mon mari et moi avons voulu rendre des services, faire du bénévolat. On s'est engagés, et à un moment donné il a manqué une secrétaire à l'école...», relate Mme Poisson Trudel, qui a accepté la proposition de l'abbé Thompson de prendre le poste.

«On embarque là-dedans et c'est comme une famille: il faut que ça marche! J'étais secrétaire, et pas longtemps après, on m'a donné le titre de coordonnatrice. Il fallait voir à tout, aussi bien compter l'argent de la machine à liqueur que de raccommoder des fonds de culottes ou bien préparer des voyages en Europe!», énumère la mère de trois enfants, formée comme enseignante. Mme Poisson Trudel a travaillé pour les Petits chanteurs jusqu'en 1997 et a coordonné les tournées de 1983, 1987, 1990 et 1993.

La septuagénaire peut identifier plusieurs dividendes de son implication: «C'est dans ma nature, le sens de l'organisation. J'aime voir l'ensemble d'un projet, aussi bien une pièce de théâtre qu'un camp de Petits chanteurs. C'est un engagement, aussi. On s'engage dans du bénévolat. Ça développe la personnalité. On en tire une richesse à tous les poins de vue. On s'enrichit au niveau littéraire, du jeu, des amitiés. On s'enrichit dans un monde dynamique, dans un monde de créativité.»

Ces temps-ci, notre Tête d'affiche se consacre à la récupération et la conservation des archives des Compagnons, avec en tête le centième anniversaire de la troupe en 2020. Elle fait aussi vibrer sa fibre musicale au sein de la chorale La Mi-Temps, pour laquelle elle est responsable des services aux choristes.

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