Samuel Fleurent-Beauchemin: à la mémoire de Guillaume

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Samuel Fleurent-Beauchemin

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il est rare de voir un jeune homme de 25 ans sacrifier son héritage familial pour acheter un bras robotisé de 50 000 $ à son frère handicapé. Samuel Fleurent-Beauchemin l'a fait et il est allé encore plus loin.

Il a étudié à l'Université de Montréal en gestion philanthropique dans le seul but de créer une fondation qui offrirait un bras robotisé à toute personne ayant une déficience motrice reconnue.

Le frère de Samuel, Guillaume, est malheureusement décédé des suites de la dystrophie musculaire de Duchenne à l'âge de 25 ans, soit deux semaines à peine après avoir reçu le bras robotisé qui aurait fait toute la différence dans sa vie. Il n'en a finalement jamais profité.

Samuel a donc confié le précieux bras JACO, conçu et fabriqué au Québec, à un jeune garçon de Kingsey Falls. Ce fut le tout premier don de la Fondation Le Pont vers l'autonomie.

En Mauricie, deux personnes ont reçu de l'aide de cette Fondation. La première est un homme qui possédait déjà un bras robotisé et à qui la Fondation a remis le véhicule adapté qui servait à Guillaume.

La seconde est Dany Martel, de Shawinigan, qui en est à quelques dollars seulement de son rêve. Avec le soutien de la Fondation, chaque personne doit en effet lancer sa propre campagne de financement. La Fondation comble souvent la différence et prend ensuite en charge l'entretien à vie du bras.

La maladie de Guillaume a complètement changé la vie de Samuel Fleurent-Beauchemin. Originaire de Nicolet, il est devenu orphelin de père à l'âge de 8 ans. Il a vite pris le rôle d'aidant naturel auprès de son frère aîné. «À mesure qu'il perdait ses capacités physiques, Guillaume créait toutes sortes de stratégies pour compenser. Mais quand il n'y arrivait plus, il faisait des crises. Il devenait frustré et déçu», raconte Samuel. «C'est dur. Tu vis des deuils tous les jours», raconte-t-il.

Samuel prend conscience, à l'adolescence, qu'il n'est pas le seul à vivre des épreuves aussi grandes. «Je me demandais pourquoi ça m'arrivait à moi. Je me suis dit alors que ça pouvait sans doute m'amener quelque part où d'autres n'iront pas», raconte-t-il. C'est alors que Samuel décide de transformer les citrons en limonade.

«Déjà à 19 ou 20 ans, je voulais créer une fondation et aider», raconte-t-il.

Samuel et Guillaume avaient hérité tous deux de leur père, décédé dans la jeune trentaine, mais les besoins de Guillaume en matière de soins médicaux étaient tellement grands que son héritage a rapidement fondu. Samuel a donc décidé d'utiliser sa part pour acheter un bras robotisé qui assurerait beaucoup plus d'autonomie à son frère.

Parallèlement, le jeune homme fait un certificat en comptabilité à l'UQTR puis entreprend des études à l'Université de Montréal afin d'obtenir un certificat en gestion philanthropique.

Il travaillera pendant deux ans bénévolement dans l'espoir de lancer la Fondation Le Pont vers l'autonomie jusqu'à ce qu'une entreprise, qui désire demeurer anonyme, fasse un don majeur qui en assurera la pérennité.

Plusieurs organismes ont commencé à organiser des activités- bénéfices pour amasser des fonds au profit de la Fondation, dont le Défi 24 heures des policiers, à Victoriaville, là où la Fondation est basée.

«La première année, on a fait 50 000 $, la deuxième, 150 000 $. On a fait une planification stratégique et on est en voie d'atteindre probablement 400 000 $ d'ici juin et huit bras seront donnés», raconte Samuel Fleurent-Beauchemin. Les campagnes se déroulent aux quatre coins du Québec.

La Fondation Le Pont vers l'autonomie compte un conseil d'administration de sept personnes dont Samuel est le président sans vote puisque son équipe lui a offert le poste de directeur général.

Une quinzaine de bénévoles gravitent autour de la Fondation et un premier employé devrait être embauché en juin.

«Ça va être bien dur de me sortir d'ici», dit-il. «Y a-t-il un meilleur emploi que d'aider les gens?»

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