Tout pour maintenir la vie de quartier

Michel Bournival... (Olivier Croteau)

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Michel Bournival

Olivier Croteau

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En cette époque où les regroupements et fusions de toutes sortes tendent à élargir les frontières, Michel Bournival travaille plutôt à maintenir le sentiment d'appartenance aux communautés locales. Il a contribué à relancer l'Association récréative de Normanville (ARN) dans les années 1980-1990, et il continue encore aujourd'hui à préconiser les activités de quartier pour conserver le cachet humain de la cohabitation en société.

Il fut un temps où les gens s'identifiaient à leur paroisse ou leur quartier, les deux notions étant souvent confondues de toute façon. À Trois-Rivières, la référence aux quartiers a été éclipsée par celle de districts lors de la fusion de 2002. Non seulement les municipalités périphériques étaient-elles intégrées dans la ville-centre, mais plusieurs des anciens quartiers ont été regroupés pour former des districts de grande dimension.

Michel Bournival s'est établi dans le secteur Normanville avec ses parents à l'âge de sept ans, après avoir vécu sur la rue Sainte-Julie. «Quand on est arrivés dans le quartier, il n'y avait pas l'école

Saint-Pie-X, ni l'église. C'était un champ! Mon frère André s'est impliqué dans l'Association récréative de Normanville du côté du hockey et du baseball. Moi j'ai profité de l'association pendant des années comme utilisateur», raconte-t-il.

Lorsque ses enfants étaient jeunes, M. Bournival s'est impliqué dans l'École des sports de Trois-Rivières, un organisme qui proposait aux jeunes la pratique d'une multitude de sports, mais dans une optique récréative et non compétitive.

Entre-temps, l'Association récréative de Normanville avait été mise en dormance. «Un peu comme toutes les associations de quartier. Tout ce qui est loisirs et sports a été municipalisé. Moi quand j'étais jeune et que je jouais au hockey, ça pouvait être Normanville contre Saint-Sacrement, par exemple... Les équipes étaient vraiment identifiées aux quartiers», se souvient M. Bournival.

Graduellement, il a contribué à la renaissance de l'ARN. L'implantation de camps de jour pour les enfants, l'ouverture d'une patinoire et la mise sur pied d'activités comme des ateliers d'aquarelle, des sessions d'aérobique et des cours d'initiation à l'informatique ont marqué la réanimation de l'association dans les années 1990.

Président de l'ARN depuis plus de 25 ans, Michel Bournival considère les camps de jour comme une «belle réussite». Aujourd'hui, l'association organise et gère les camps en tant que mandataire de la Ville de Trois-Rivières. L'initiative d'avoir offert le service pour les jeunes de 9 à 13 ans, en complément de celui destiné aux enfants de 5 à 8 ans, a été récupérée par la Ville.

«D'une année à l'autre quand je faisais le rapport estival, j'incluais toujours le volet 9-13, même si la Ville ne nous subventionnait pas. Au bout de deux, trois ans, la Ville a décidé de soutenir notre volet 9-13 et l'a implanté dans d'autres quartiers de la ville», se réjouit notre Tête d'affiche.

La fête de quartier représente une autre façon de maintenir le sentiment d'appartenance. «Avant, nous avions Normanville en fête, sur les terrains de l'église. Quand il y a eu les fusions, tout ce qui était quartier est devenu district. Notre quartier géographique, Normanville, a été coupé en deux, une moitié dans Les Plateaux l'autre dans Du Carmel». S'identifiant plus ou moins au concept de fête de district, l'association organise plutôt une «fête du bon voisinage» qu'elle fait correspondre à la dernière journée du camp de jour.

«C'est le moyen qu'on a trouvé pour renouveler la fête de quartier. Les gens n'ont plus de sentiment d'appartenance à leur milieu. Nous, on reste un milieu plus humain», considère M. Bournival. Quand il évoque le sentiment d'appartenance, le Trifluvien est très crédible, puisqu'il a quitté le quartier Normanville il y a 17 ans pour s'installer dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

Le retraité d'Hydro-Québec continue de s'impliquer pour redonner à la communauté: «Quand j'étais jeune, j'ai reçu beaucoup des organismes de quartier. Si on ne s'implique pas, la communauté va s'en aller, la vie de quartier va disparaître. C'est une façon de recréer à l'échelle humaine des activités dans le quartier.»

Notons enfin qu'à travers toutes ses tâches reliées à l'ARN, M. Bournival suit des cours à l'Université du troisième âge de l'UQTR, s'implique dans le Regroupement des Bournival d'Amérique qu'il a contribué à fonder, et travaille comme surveillant à l'école Val-Marie sur l'heure du dîner. Il a récemment reçu le Prix du bénévolat en loisirs et en sport Dollard-Morin.

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