La récupération au service de l'imagination

Marthe Proulx... (Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste)

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Marthe Proulx

Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste

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Myriam Lortie
Le Nouvelliste

De ses mains agiles, Marthe Proulx redonne vie aux oubliés. Elle bricole, rafistole, transforme les vieux bouts de bois, les meubles d'une autre époque, les objets désuets, les vêtements démodés. À coups de pinceaux, de marteau, de rabot, elle en fait des oeuvres d'art, des décors hétéroclites, des ambiances colorées. «Je ne jette pas grand-chose. Si je jette, c'est que vraiment plus personne n'en veut.»

«La récupération au service de l'imagination». C'est le slogan qui orne l'entrée de son petit commerce, Les idées de Marthe, situé à Saint-Léonard-d'Aston à même sa maison. «Toute ma vie est bâtie autour de ça.» À l'intérieur, une vraie caverne d'Ali Baba. Pratiquement tout dans la demeure a été récupéré, souvent au bord du chemin, pour être retapé.

Elle accumule tellement de matériaux qu'il lui faut un entrepôt pour conserver le tout. Marthe Proulx vient d'une famille de bricoleurs. «Ma mère m'a éduquée comme ça, si tu n'as pas d'argent pour l'acheter, fais-le.» Ainsi, les portes de couvent servent pour une armoire, la moitié d'un globe terrestre sert d'abat-jour. Même son atelier est constitué de vieux meubles repeints.

Tout au fond de la pièce, dans un coin réservé, se trouve cette nouvelle forme que prend son imagination. Ce sont des morceaux de bois travaillés par la mer, qu'elle assemble pour créer des oiseaux. «Styliste, décoratrice, faiseuse d'atmosphère, bricoleuse... c'est la première fois que je faisais des oeuvres d'art. C'est une partie qui me touche beaucoup parce que c'est vraiment moi, mon coeur. Je n'avais pas vu ça venir, ça m'est apparu.»

Marthe Proulx a occupé tour à tour les fonctions de maquilleuse télé, postière, conseillère municipale et directrice de la chambre de commerce. Elle a habité le Yukon pendant six ans. Depuis huit ans, elle s'occupe du journal de sa municipalité. «J'ai eu toutes sortes d'emplois un peu partout, j'ai travaillé avec beaucoup de personnes, sauf que je ne faisais jamais vraiment ce pour quoi j'étais née.»

Il y a sept ans, elle a décidé de ne garder que son poste de chauffeuse d'autobus scolaire, pour se consacrer plus pleinement à ses projets personnels. C'est à ce moment que Les idées de Marthe sont nées. «À force de le faire pour tout le monde, je me suis dit, pourquoi tu ne le fais pas professionnellement?». Aujourd'hui, elle conseille particuliers et corporatifs. «C'est un bizarre de chemin, mais tout ce que j'ai fait m'a amenée ici. Tout me sert, c'est curieux, comme un aboutissement.»

Faire circuler l'énergie

Manu Factum est une galerie-boutique qui regroupe une quarantaine d'artistes située à Nicolet. Dans cet organisme à but non lucratif, ce sont les artistes qui s'occupent de tout.

«On fait la comptabilité, les factures, la garde une journée par mois, l'aménagement.» Marthe Proulx fait partie du collectif depuis cinq ans. Depuis, elle siège sur le conseil d'administration, elle est secrétaire et elle gère les communications. Elle a participé à l'aménagement pendant trois ans.

«Avec Manu Factum, j'ai appris à travailler en équipe. Habituellement, les artistes travaillent seuls chez eux. Si j'ai du cuir, de la fourrure, du métal, je connais d'autres artistes à qui je peux en donner.»

«Moi dans la vie, il faut que l'énergie circule. Toute ma vie est là-dedans. C'est une question d'imagination. On pourrait me mettre un tas de déchets et je dirais: on joue! Je ramasse tous les esseulés et sincèrement leur deuxième vie est parfois beaucoup plus trippante

Elle se dit étonnée de voir à quel point les gens peuvent surconsommer. «Je ne sais pas comment ils font pour arriver. Il y a plusieurs personnes qui s'en vont dans un mur. Quand on ne voit pas ça on n'est pas conscients. On met ça au chemin puis à un moment donné ce n'est plus là.»

Il est possible de voir les décors qu'elle a imaginés dans le coin ado de la bibliothèque de Trois-Rivières et le coin enfant de celle de Saint-Léonard-d'Aston.

Du 25 au 27 septembre, Manu Factum prendra part aux Journées de la culture avec sa «Grande virée créative». L'atelier de Marthe Proulx sera ouvert au public le 27 septembre, 10 h à 16 h, au 542, rue Principale, à Saint-Léonard-d'Aston.  

Ses oiseaux de bois accompagneront les photographies de l'ornithologue Robert Barbeau dans l'espace galerie de Manu Factum du 9 octobre au 8 novembre.

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