De la résurrection à l'apogée du GP3R

Robert Caron... (Photo: Andréanne Lemire Le Nouvelliste)

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Robert Caron

Photo: Andréanne Lemire Le Nouvelliste

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Une porte d'entrepôt fermée, c'est ce qui s'offrait à Robert Caron lorsqu'il a accepté l'offre des frères Germain et Roy afin de relancer le Grand Prix de Trois-Rivières en 1988. Un défi qu'il continue de relever 28 ans plus tard à titre de directeur des achats et de la logistique.

Derrière cette porte se trouvait tout ce qu'il restait du GP3R, qui n'avait pas été couru depuis deux ans déjà. Tout était à refaire.

«En ouvrant la porte, tout m'est tombé dans la face, se souvientM. Caron. Qu'est-ce qu'on fait avec ça? On partait de loin, de zéro. Dans le temps, les estrades, on les montait nous-mêmes.»

Et pourtant, malgré la taille du défi, un an plus tard, les voitures étaient de retour au parc de l'Exposition et elles ne sont plus jamais reparties. Comme M. Caron, ce qui fait de lui l'employé rémunéré avec le plus d'ancienneté de l'organisation. «Ça fait 28 ans. Habituellement, à 25 ans, tu reçois une montre, mais je ne l'ai toujours pas eue», rigole-t-il.

«J'ai appris sur le tas et on apprend de nos erreurs. Oui, tu peux aller à l'université et apprendre la logistique. Mais 28 ans collé, ça donne une expérience qu'on ne peut imiter.»

Bien évidemment, les choses ont changé depuis qu'il devait assembler par lui-même les fameuses estrades et les murets du Grand Prix. Avec le temps, il a développé d'excellentes relations avec les divers fournisseurs du Grand Prix, qui sont devenus en quelque sorte des membres de la famille.

«Ce sont les mêmes fournisseurs depuis 15 ans, tout le monde sait où aller, ils ne se cherchent pas sur le site du Grand Prix. Même leurs patrons viennent aider. Nous les accréditons comme bénévoles et ils viennent donner un coup de main. C'est comme ça pour presque tous les fournisseurs. Ils prennent l'événement à coeur.»

Si les entreprises avec qui il travaille depuis toutes ces années sont les mêmes, le paysage a beaucoup évolué. Le petit événement en pleine renaissance est devenu un incontournable dans le paysage de la course au Canada.

«À l'époque, c'était familial, c'était un party, alors qu'aujourd'hui, c'est plus business, même si c'est encore le fun, se souvient-il. Quand on a commencé, on avait un budget de 600 000 $, maintenant, 6 M$. Ce n'est plus la même chose, le show a grossi, il y a beaucoup plus d'employés.»

Des chicanes constructives

M. Caron était donc bien installé dans son fauteuil lorsque le présent directeur général, Dominic Fugère, s'est amené à Trois-Rivières. Et le DG n'hésite pas à souligner l'incroyable mémoire dont est doté le vétéran du GP3R.

«Robert, c'est un peu la mémoire musculaire du GP3R. Lors des trois semaines de l'événement, quand tout doit se placer, il sait où tout va. Il connaît par coeur tout le réseau de fils et d'aqueduc, il a tout dans sa tête. On tente de lui en extirper des bouts, mais ce n'est pas évident, surtout qu'il a une grosse tête!

«C'est une mine de savoir, mais aussi un gars d'une très grande débrouillardise. Il trouve une façon de faire quelque chose sans que ça coûte une fortune. Il est le lien entre les bureaux et le terrain, en plus d'être un défenseur du gros bon sens.»

N'allez toutefois pas croire que les deux hommes marchent toujours main dans la main. «On a deux méthodes de travail très différentes, et parfois, ça grafigne. Les deux, on a le développement du Grand Prix à coeur, mais nous n'avons pas toujours le même chemin pour se rendre», raconte le directeur général.

Des propos qui font bien rire M. Caron, qui donne raison à son patron dans son analyse de leur relation. «Ce sont des critiques constructives. Dominic a un caractère assez fort, moi aussi. Parfois, en réunion, il y a des flammèches, mais je ne suis pas rancunier et je ne crois pas qu'il le soit. On sort de là et The show must go on, on continue. C'est de cette façon qu'il faut travailler», martèle celui qui porte le surnom de «Bougon».

Former la relève

Le plaisir est toujours présent pour celui qui fait ce boulot huit mois par année, en plus de tenir des kiosques alimentaires durant le Festival western de Saint-Tite. Un passe-temps qui lui rappelle l'époque où il était dans la restauration, quelques semaines avant de se joindre à l'équipe du Grand Prix en 1988.

«J'ai bien de la misère à me passer de ça, la passion des courses, l'adrénaline, tout ça ensemble. Quand les courses approchent, le coeur se met à battre.»

À 63 ans, il est bien fier de la montée en popularité de l'événement, tout en réalisant qu'il faudra tôt ou tard penser à amener du nouveau sang dans l'équipe.

«Dernièrement, nous avons perdu de bons copains. Ça te réveille et ça te dit que ça prend de la relève. Il ne faut pas attendre de former la relève. Mais je ne sais pas pour combien de temps j'en ai encore. Tant que j'ai la santé, et qu'ils peuvent m'endurer...»

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