Diane Perron

Humaniser l'accueil à l'hôpital

Quand son mari est décédé en 2007, il n'était pas question pour Diane Perron de... (photo: François Gervais)

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photo: François Gervais

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Myriam Lortie
Le Nouvelliste

Quand son mari est décédé en 2007, il n'était pas question pour Diane Perron de rester à la maison. Après avoir passé beaucoup de temps dans les hôpitaux auprès de lui, mais auprès de sa mère aussi, elle tenait à y faire une différence. Aujourd'hui présidente de l'Association des auxiliaires bénévoles de l'hôpital du Centre-de-la-Mauricie, elle gère une équipe d'une trentaine de bénévoles avec dynamisme et leadership.

«J'avais du temps de libre, je voulais me sentir utile. J'adore aider. Si les gens savaient ce que ça fait de faire du bénévolat!» Diane Perron a toujours aimé le milieu hospitalier. Elle n'y aurait pas fait une carrière par contre: la douleur des malades aurait fini par être trop pesante. La courtière d'assurances retraitée trouve donc aujourd'hui un joyeux équilibre dans ses fonctions de bénévole.

Son mari est décédé en mars 2007 et sa mère tombée malade en février de la même année. Diane Perron l'a accompagnée dans ses différents traitements, jusqu'à son départ en 2012. Le fait de voir des personnes seules et sans visite à la résidence Joseph-Garceau, où sa mère demeurait, lui a donné envie de s'impliquer, autrement.

Diane Perron a commencé à l'accueil pour ensuite former les nouveaux entrés. Après avoir été vice-présidente de l'association, c'est en 2013 qu'elle devient présidente. Âgés de 24 à 78 ans, les bénévoles sont principalement des femmes. Diane Perron a l'oeil pour les répartir dans les différents pôles de l'association. Leur mandat premier est l'accueil des visiteurs à l'entrée principale et à l'urgence. Tous les avant-midis donc, de 7 h 30 à 11 h, il y a quelqu'un pour accueillir chaleureusement les visiteurs et les aider à s'orienter dans l'immensité de l'établissement de soins de santé. Il y a aussi des bénévoles pour accompagner ou divertir des patients en soins de longue durée au septième étage de même qu'en médecine au quatrième étage. À l'occasion, dans certaines situations particulières, on fait appel à eux à la pouponnière. À la demande de Mme Perron, les bénévoles ne portent pas le sarrau. «Ce sont des amis des patients.»

Son équipe s'implique aussi à la Fondation du CSSS de l'Énergie de plusieurs façons: en vendant des articles promotionnels ou des items tricotés à la main, en faisant la mise en enveloppe, en participant à plusieurs activités de financement, etc.

Le rôle de Mme Perron est de coordonner les équipes, une tâche à laquelle elle prend un grand plaisir à temps complet. D'un dynamisme débordant, on sent une motivation profonde à demeurer à l'affût de toutes améliorations qu'elle pourrait apporter à l'accueil. Avec son leadership positif, elle n'a pas de difficulté à s'entourer d'une grande équipe, allant même jusqu'à recruter plusieurs membres de sa famille. «Ce que j'aime le plus c'est la gérance. On avance, c'est comme en voiture. Je dis tout le temps que de reculons, je ne l'ai pas.» L'association, qui connaissait un creux avant son arrivée, a rarement connu un aussi grand taux d'implication.

Le séjour à l'hôpital est donc plus chaleureux, plus humain. «Les gens sont très contents, la première chose qu'ils voient en entrant c'est un sourire. Souvent ils sont nerveux quand ils arrivent parce qu'ils ont un examen par exemple ou ils ne savent pas trop où aller. On fait toute la différence. C'est valorisant de savoir que pour une personne, peut-être, on a rendu sa journée meilleure.» Son équipe, qui libère certainement les ressources de l'hôpital, est essentielle pour la qualité de la visite des patients.

Le principal frein dans le recrutement des bénévoles est la peur, non fondée, des maladies. «Ce n'est pas parce que c'est dans un hôpital que les microbes nous courent après! Des microbes il y en a partout.» Elle répète qu'elle adore travailler dans cet environnement. «On se sent apprécié de l'équipe dans l'hôpital et des patients. De plus en plus on implique les bénévoles dans les décisions. L'association fait partie prenante de l'hôpital.»

Diane Perron est mère de trois enfants et grand-mère de sept petits-enfants, mais sa famille est bien plus grande encore. «Mes bénévoles c'est ma famille, ce sont tous mes enfants. Ça me tient vraiment à coeur.»

On constate assez rapidement le haut niveau d'énergie qui l'habite et elle assure qu'elle n'est pas prête d'arrêter. «Plus tu en fais, plus tu as le goût d'en faire. Je devrais me rendre jusqu'à 80 ans.»

C'est là un bel exemple d'une femme positive, déterminée, qui au lieu de s'apitoyer sur son sort, s'est servie de ses expériences plus tristes comme moteur de changement.

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