Gynet Bellerive

La richesse du temps

Gynet Bellerive... (photo: Stéphane Lessard)

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Gynet Bellerive

photo: Stéphane Lessard

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Myriam Lortie
Le Nouvelliste

C'est avec la candeur d'une enfant que Gynet Bellerive écoute les histoires d'une autre époque. Elle éprouve un réel plaisir à côtoyer les aînés au quotidien. Une passion bien ancrée qui ne s'effrite pas à travers les années.

Bénévole à temps plein et aidante naturelle pour ses deux parents atteints d'Alzheimer, c'est pour elle une seconde nature d'offrir son temps. «Je n'ai aucun mérite, je suis née comme ça!», se plaît à répéter celle qui est née dans une famille dévouée. Elle se revoit à l'adolescence aider sa mère à la popote roulante de Grand-Mère.

Gynet Bellerive porte aujourd'hui plusieurs chapeaux. Depuis qu'elle est à la retraite, la Shawiniganaise a un agenda plus chargé que jamais. Elle partage son horaire entre le Centre d'action bénévole de Shawinigan et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

Au Centre d'action bénévole de Shawinigan, elle est ambassadrice, responsable des visites d'amitié, baladeuse pour les popotes roulantes avec son mari, en plus d'y animer trois groupes avec son cours Musclez vos méninges. On n'a pas eu besoin d'insister très longtemps pour qu'elle prenne part au comité de création d'Espace Aînés, qui servira à briser l'isolement des personnes âgées dès l'automne. Elle prendra également part aux lectures d'histoires dans les garderies sous peu.

Atteinte d'insuffisance rénale, Gynet Bellerive s'est impliquée naturellement au CIUSSS MCQ. Elle siège sur le comité d'amélioration continue et veille à l'accueil et à l'intégration des nouveaux employés, tout en agissant à titre de patient-ressources pour ceux dans sa situation. «Je n'ai pas le temps de penser à ma maladie.» Elle a aussi la bibliothèque de l'établissement dans sa mire.

Elle trouve le temps de s'impliquer à titre de responsable des arts et de la culture pour l'Association féminine d'éducation et d'action sociale (AFÉAS). Par le passé, elle a entraîné des équipes sportives et oeuvré à la confection de layettes pour les mamans célibataires. Elle s'est jointe à l'association Les Femmes chefs de Foyer pendant plus de 20 ans, où elle a été nommée bénévole de l'année en 1987. La paroisse Saint-Marc, Les Jeux de Québec de 1991, la Table Populaire de Shawinigan-Sud, le YM-YWCA d'Ottawa... Le bénévolat a toujours été au coeur de sa vie, peu importe où elle a habité. «Il n'y a pas de petits ou de grands gestes. L'important c'est d'en faire un.»

Assise à la table de réunion du Centre d'action bénévole de Shawinigan, entourée des cartables soigneusement attitrés à chacun de ses comités, quelques biscuits en guise d'accueil, elle se dit peu à l'aise d'avoir été sélectionnée pour une mention. «Ce n'est pas le but.» Elle se considère comme une bénévole de l'ombre et elle répète qu'elle n'a pas de mérite. «J'ai ça en moi, c'est acquis dans ma personnalité. Je suis active, je rencontre des gens, je fais ce que j'aime. J'ai toujours quelque chose à faire.»

Gynet Bellerive a suivi plusieurs formations d'aidante naturelle pour accompagner le mieux possible ceux qu'elle côtoie, dont ses parents. Secrétaire médicale de formation, elle a le profil d'une infirmière.

«J'ai toujours aimé la rencontre avec les personnes âgées. Je dois avoir une vieille âme parce que j'aurais aimé vivre dans leur temps, aller au magasin général par exemple. C'est un vécu que j'aime.» Le rapport au temps la fascine. «Aujourd'hui tout va vite, mais ça n'a pas toujours été comme ça. Si on est ici, il y a quelqu'un en arrière qui a commencé quelque part.» Dès qu'on lui parle d'un nouveau projet en lien avec les personnes âgées, elle s'anime. Drôle, créative et manuelle, donnez-lui une idée et elle va en trouver cinquante autres.

La petite fille qui organisait des olympiades pour les jeunes du quartier a toujours continué de grandir avec ce besoin de donner. Donner son temps, comme un besoin vital. Si elle n'accepte pas l'argent en retour, elle reçoit à bras ouverts les richesses que les aînés veulent bien lui transmettre. «Tant que je serai capable.» Elle n'arrêtera pas avant. «Me permettre de faire du bénévolat, c'est me permettre de vivre.»

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