Ginette Léveillé

Transmettre le patrimoine de façon moderne

Ginette Léveillé.... (photo: Stéphane Lessard)

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Ginette Léveillé.

photo: Stéphane Lessard

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

Pour Ginette Léveillé, le Cercle de fermières est davantage associé à des activités comme un tricot-martini qu'au tricot de pantoufles. La présidente sortante du Cercle de fermières de Trois-Rivières insiste pour mettre de l'avant la modernisation du regroupement féminin ayant pour mission la transmission du patrimoine artisanal québécois.

Secrétaire de direction au CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, la Champlainoise incarne la troisième génération de sa lignée à faire partie de l'association centenaire. C'est quand sa mère a voulu cesser de fréquenter le cercle, lorsque son local est déménagé à Trois-Rivières, que Ginette Léveillé y a mis les pieds la première fois.

«Ma mère, qui habite à Champlain, ne voulait plus y aller parce que c'était trop loin, surtout le soir. Je trouvais ça dommage parce que c'était sa seule activité depuis le décès de mon père... Je lui ai dit: Je vais y aller avec toi, je vais aller voir, et j'ai aimé ça!"», raconte celle qui fut membre régulière un an, avant d'occuper la vice-présidence du conseil d'administration quatre ans, puis la présidence un autre quatre ans, jusqu'aux élections de juin dernier.

«Ma mère a toujours fait de la couture, du tricot et du tissage, et ma grand-mère faisait des courtepointes. Mais les Fermières, dans le temps, faisaient tout ça aussi pour une question de survie, pour garder la famille au chaud. Moi, je suis de l'autre génération où le côté pratique, où l'idée de faire des pantoufles ne m'intéressait pas. Moi, c'était pour la beauté, l'art dans tout ça. C'est ce que j'ai voulu promouvoir à travers mon implication», formule-t-elle.

Une façon de faire connaître et démystifier le Cercle de fermières s'est déployée au Musée québécois de culture populaire, où les Fermières ont organisé un rendez-vous permettant aux visiteurs de s'initier à diverses techniques comme le tricot, la broderie, le tricotin et la courtepointe. La même démarche a été réalisée à la Bâtisse industrielle dans le cadre des Fêtes du 375e de Trois-Rivières et d'autres projets ont aussi été réalisés au musée, entre autres.

Ces activités ont permis de hausser le nombre de membres. «Plusieurs personnes ne savaient même pas qu'il y avait un Cercle de fermières à Trois-Rivières. Quand j'ai commencé, il y avait 56 membres. Aujourd'hui, nous sommes 159», détaille Mme Léveillé, en précisant que la majorité des membres actuelles sont de jeunes retraitées.

L'an dernier, le calendrier du Cercle a proposé 65 ateliers en marge des réunions mensuelles. Des ateliers de broderie, de point de croix, de confection de napperons, de lavettes, de coussins, de bas de laine - et oui, de pantoufles! - ont notamment été offerts par des membres.

«Il y a des femmes qui ne veulent pas commencer parce qu'elles travaillent, et disent qu'elles deviendront membre à leur retraite. La vie est courte, il faut commencer! Moi j'ai plein de projets commencés et pas finis. Je les finirai à ma retraite! D'ici là, j'aurai appris des choses et participé à des activités super intéressantes», soutient Mme Léveillé en mentionnant une récente visite au Vieux presbytère de Batiscan, combinée à un après-midi de création dans les jardins.

Les Fermières de Trois-Rivières ont aussi fait profiter de leur savoir-faire à des organismes de la communauté. Elles ont tricoté pour les usagers de Point de rue, pour les matelots du Foyer des marins et pour les familles du programme enfance du CIUSSS régional, et ont confectionné des petites couvertures pour les enfants de la DPJ du Centre jeunesse.

Même si elle a quitté la présidence du regroupement trifluvien, Ginette Léveillé en demeure membre et souhaite s'impliquer dans l'accueil des recrues. Elle considère d'ailleurs que les efforts de recrutement doivent continuer: «Il y a eu une génération où l'artisanat a été ignoré. Les baby-boomers ont voulu laisser tomber ce qu'il y avait avant. Les enfants de cette génération-là n'ont pas appris de leur mère; elles apprennent de leur grand-mère. C'est pour ça que c'est important de conserver ça.»

Mme Léveillé croit même qu'il serait intéressant de rejoindre les jeunes filles de 12 à 15 ans dans les écoles pour développer leur intérêt envers le patrimoine artisanal et ses techniques.

Notons enfin que Mme Léveillé a également exploité son intérêt pour l'histoire et le patrimoine en personnifiant une fille du Roy dans les activités de commémoration du 350e anniversaire de leur arrivée en Nouvelle-France, en 2013.

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