Donner du sens à l'apprentissage du français

Chantal Lapolice... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Chantal Lapolice

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

Pendant 15 ans, les élèves des classes de français de Chantal Lapolice, à l'école secondaire Val-Mauricie, ont appris les règles de grammaire. Mais ils se sont aussi plongés dans l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale et particulièrement dans celle d'Anne Frank, une adolescente symbole de la persécution des juifs par les nazis. Cette année, pour couronner le développement de ce thème, l'enseignante a présenté à son école l'exposition itinérante de la Maison Anne Frank d'Amsterdam.

Chantal Lapolice détient un baccalauréat en adaptation scolaire, un autre en éducation préscolaire et primaire ainsi qu'un certificat en français. Elle complète sa 22e année à Val-Mauricie et enseigne le français en deuxième secondaire en intégrant des idées originales et créatives à sa pédagogie.

À son instar, deux des collègues de Chantal Lapolice avaient été marquées par leur lecture du Journal d'Anne Frank, et ont décidé d'en faire un projet. «On avait dans un de nos manuels scolaires un extrait du Journal d'Anne Frank. On avait accompagné un groupe de la concentration anglais à Montréal et on avait visité les quartiers chinois et juif. De là est venue l'idée de faire quelque chose avec le Journal d'Anne Frank qui nous amènerait à visiter le quartier juif», raconte-t-elle.

La thématique de la Deuxième Guerre mondiale à travers l'histoire d'Anne Frank a orienté les lectures, les recherches et les productions orales et écrites des élèves, aussi invités à créer des maquettes ou des oeuvres d'art et à tenir des stands dans l'école pour présenter leurs travaux.

À Montréal, ils ont visité le musée de l'holocauste et une synagogue, goûté à des plats typiquement juifs et rencontré des survivants de la guerre, dont certains avaient été rescapés des camps de concentration ou cachés par des résistants.

«Chaque fois qu'on a rencontré des survivants, dans l'autobus du retour, c'était toujours le silence», se souvient l'enseignante pour décrire la portée de ces rencontres. «Les élèves demandaient: Pourquoi ils ne se sont pas vengés, pourquoi ils ne se sont pas battus? Pourquoi ils n'ont rien fait?» C'est quelque chose qui revenait constamment. Et c'est là qu'il fallait leur montrer que les Juifs ont fait beaucoup de choses, mais que la peur paralyse.»

«On fait le parallèle avec l'intimidation. Quand on a peur, on est paralysé. On ne fait pas grand-chose, on essaie de se faire le plus petit possible pour ne pas subir davantage», ajoute Mme Lapolice, illustrant le lien avec l'actualité et le vécu des jeunes.

L'exploration de la thématique d'Anne Frank a marqué bon nombre d'adolescents. «Ils ont 13-14 ans, ils ne réalisent pas l'impact de tout ce qu'ils voient. Mais je rencontre encore des anciens élèves aujourd'hui qui me reparlent du projet et me disent qu'ils y pensent encore quand ils regardent des films ou quand ils voient ce qui se passe dans le monde.»

Après une dizaine d'années, les enseignantes ont ressenti un certain essoufflement par rapport au projet Anne Frank. Lors d'un congrès de l'Association québécoise des professeurs de français à Shawinigan en 2011, Chantal Lapolice a entendu parler de l'exposition itinérante Anne Frank, une histoire d'aujourd'hui et a souhaité la faire venir à Val-Mauricie.

En février 2015, la bibliothèque de l'école recevait l'exposition officielle, enrichie de travaux d'élèves réalisés depuis 15 ans. Le sujet d'Anne Frank ne sera plus exploité comme il l'a été ces 15 dernières années, mais «on va en parler encore. Anne ne pourra jamais partir d'ici, c'est impossible, elle fait maintenant partie de nos murs», indique l'enseignante qui a aussi développé le créneau des meurtres et mystères ces dernières années.

«J'ai suivi une formation sur le polar. Depuis six ans, on travaille le roman policier, c'est devenu mon autre passion. Sherlock Holmes est entré dans nos vies! Arsène Lupin aussi, et Agatha Christie et ses personnages... C'est quand même de la littérature difficile pour des secondaire deux! J'ai créé des meurtres et mystères et ce sont les membres du personnel qui sont les personnages. J'ai fait le scénario de cinq meurtres et mystères...»

«Tout ça, c'est au-delà de la nouvelle technologie. Je n'ai pas de tableau interactif dans ma classe - je suis dans les dernières, j'ai encore mon bon vieux tableau vert...», note Mme Lapolice, qui considère que les projets spéciaux qui impliquent les élèves favorisent les apprentissages parce qu'ils deviennent plus significatifs.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

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