Donner au suivant

Jean-François Giroux... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Jean-François Giroux

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

Jean-François Giroux se souvient du 5 janvier 2009 avec une acuité teintée d'émotion. C'est cette journée-là que sa fille alors âgée de trois ans et demi a reçu un diagnostic de leucémie aiguë lymphoblastique à risque élevé, et que le personnel de l'hôpital Sainte-Justine a tout fait pour la garder en vie. À peine quelques mois après le diagnostic, en plein processus de traitements, M. Giroux s'impliquait déjà dans le Défi têtes rasées de Leucan. «Pour donner au suivant», dit-il.

Six ans plus tard, le Nicolétain est président d'honneur du Défi pour Trois-Rivières et Nicolet, et sa fille Marie-Laurence, qui célébrera ses 10 ans le 23 mai, est jeune porte-parole pour la Mauricie et Nicolet. «Marie-Laurence est la première survivante de ce type de leucémie à Sainte-Justine. Le pronostic était très négatif», indique M. Giroux avant de décrire la fulgurante progression de la maladie qui s'est attaquée d'abord au sang de sa fille puis à ses organes vitaux.

Le premier contact avec Leucan, M. Giroux et son épouse l'ont eu au cours des premières 24 heures de prise en charge de leur fille aux soins intensifs. «C'était indirectement, par une équipe de recherche clinique. Leucan est le principal bailleur de fonds pour la recherche, et on nous a demandé si on acceptait de collaborer dans des projets», indique le père de famille qui a accepté, et qui fait de l'enjeu de la recherche son principal argument pour convaincre les gens de donner à Leucan.

Marie-Laurence est demeurée 35 jours à Sainte-Justine. Elle a traversé des séances de radiothérapie très intenses pendant quelques semaines, ainsi que des mois de chimiothérapie, toujours à Montréal, pour un total de 25 mois de traitements. La rémission a été déclarée par la suite, mais la fillette vit avec des séquelles des traitements, surtout ceux de radiothérapie qui peuvent se déclarer jusqu'à cinq ans après la radiation. La survivante est suivie par 12 spécialistes.

La famille Giroux a été informée des services de Leucan, l'association de familles d'enfants atteints de cancer, dès l'hospitalisation de leur fille. Le couple s'est prévalu de la bourse mensuelle offerte aux familles pour les aider à défrayer les coûts reliés aux déplacements pour les traitements. «J'ai calculé que ça nous avait coûté 85 000 $ en perte de salaire, essence, stationnement et repas», précise M. Giroux pour donner une idée du fardeau financier ajouté à l'angoisse du combat de la maladie.

Marie-Laurence a aussi bénéficié des services de massothérapie de Leucan par des professionnels spécialement formés. «Marie-Laurence avait de grandes douleurs, particulièrement aux jambes. La massothérapie a aidé à soulager sa douleur, elle était plus détendue après», témoigne son père.

La salle de jeux financée par Leucan à Sainte-Justine a aussi contribué à adoucir les interminables journées de traitements, ponctuées d'étapes séparées par des périodes d'attente. «De voir autant d'enfants qui sont dans le même bateau, qui s'amusent ensemble et rigolent» a allégé un peu le processus, a observé M. Giroux, qui s'est impliqué dans le Défi têtes rasées en 2009, 2011, 2013 et 2015.

Soutenu par des acteurs de la communauté politique et socio-économique, le président et directeur général d'ADN Communication et qui siège au sein des chambres de commerce de la rive sud depuis 1993, a amassé 10 000 $ dans son défi personnel en 2009, tandis que son groupe, les Anges de Marie-Laurence, a remis un total de 20 000 $ à Leucan.

«Pour moi, ça a toujours été le principe de passer au suivant. Oui, il y a les services aux familles qui sont très importants. Mais moi, ma grande motivation, c'est la survie des enfants. La recherche a permis d'augmenter le taux de survie des cancers pédiatriques de 15 à 82 %. Mais il en reste encore 18 % à sauver. Le nerf de la guerre, c'est la recherche», considère-t-il en mentionnant l'axe de la guérison d'une part, mais également celui de la prévention et du soulagement des séquelles dues aux traitements.

Dans la région, les prochains défis se tiendront le 24 mai au Centre Les Rivières de Trois-Rivières, le 31 mai au Centre Richard-Lebeau de Saint-Léonard-d'Aston et au Musée des religions du monde de Nicolet, et le 7 juin à la Plaza de la Mauricie de Shawinigan.

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