Le grand coeur de Monsieur Pommes!

Robert Nolin... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Robert Nolin

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Certains enfants le surnomment Monsieur Pommes. C'est qu'à chaque mercredi, Robert Nolin se rend au Verger de Nicolet chercher les caisses de pommes qu'il ira distribuer dans une douzaine d'écoles où l'attendent des élèves provenant de milieux plus défavorisés. D'autres pourraient l'appeler Monsieur Hockey, puisque le retraité du monde de l'enseignement offre aussi des bâtons de hockey aux enfants moins nantis.

Robert Nolin a enseigné l'éducation physique et l'informatique à l'école L'Assomption (aujourd'hui L'Horizon) pendant une vingtaine d'années avant d'accéder à un poste de directeur adjoint à l'école secondaire Chavigny et de terminer sa carrière comme directeur de l'école Cardinal-Roy. À l'aube de sa retraite, il a intégré le conseil d'administration du Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières (CPSTR).

Alors qu'il était directeur à Cardinal-Roy, M. Nolin avait mis sur pied un projet de distribution de pommes, financé par la fondation de l'école, mais aussi par les petits montants gagnés à s'impliquer dans la Fête de la famille de Trois-Rivières. Pendant toute l'année, les enfants pouvaient manger des pommes naturellement conservées au verger selon un procédé en garantissant la fraîcheur.

«Au début, les enfants disaient qu'ils n'aimaient pas les pommes mais ils en mangeaient, parce qu'elles étaient bonnes! Il y avait trois règles: l'enfant devait demander la permission à un adulte, prendre une pomme correspondant à la grosseur de son appétit, et jeter son coeur de pomme après... On avait une caisse au début de la semaine, et rendu au jeudi ou au vendredi il n'en restait plus et les élèves en auraient pris encore», raconte M. Nolin, qui a proposé d'intégrer ce projet dans les actions du CPSTR.

Sous l'égide du centre, quatre écoles ont initialement bénéficié du service, soit Cardinal-Roy, Sainte-Thérèse, Saint-Paul et Saint-Philippe. Puis le Club Optimiste de Saint-Louis-de-France a offert de financer la distribution dans trois établissements du secteur Cap-de-la-Madeleine. Inspirées par le mouvement, d'autres organisations ont imité la démarche, de sorte que maintenant les élèves de 14 écoles reçoivent des pommes, dont trois à Louiseville et une à Saint-Narcisse.

M. Nolin nourrit sa motivation dans la réaction des enfants, toujours heureux de le voir. «Certains enfants m'appellent M. Pommes. Occasionnellement, certains me font un dessin ou m'écrivent un petit mot... Le projet prend de l'ampleur; j'aimerais que toutes les écoles où il y a des enfants défavorisés puissent en bénéficier». De sa propre initiative, M. Nolin visite aussi l'école Sainte-Thérèse pour un projet d'horticulture avec des enfants en difficulté.

À travers ses nombreuses années dans les écoles, et particulièrement à Cardinal-Roy, le Trifluvien a été témoin de la réalité des enfants qui ne disposent pas de toutes les ressources et parfois de l'implication parentale optimale pour favoriser leur apprentissage. Des enfants qui arrivent à l'école le ventre vide et pas suffisamment habillés pour la saison, il en a vus.

«Le projet des pommes coûte 1200 $ par année pour une école. Quand il y a un surplus, on organise des activités. Par exemple, nous sommes allés cueillir des citrouilles avec des enfants de l'école Saint-Paul», note l'homme qui a aussi présidé le conseil d'administration du Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec pendant plusieurs années jusqu'au 31 mars dernier.

M. Nolin a déjà oeuvré comme arbitre au sein de la Ligue de hockey junior majeur du Québec et il joue au hockey cosom depuis 35 ans avec un noyau d'amis. À sa retraite, des employés de l'Aluminerie de Bécancour lui ont demandé d'arbitrer dans leur ligue de hockey amateure. Maintenant, il arbitre quatre fois par semaine pour trois ligues. Ces activités ont inspiré un autre projet.

«Souvent, on arrivait à l'aréna et on voyait des bâtons cassés. J'ai demandé à mon ancien collègue André Rainville, habile de ses mains, s'il pouvait m'aider à récupérer les bâtons et les réparer, et moi je les distribuerais. Ce sont des bâtons à 150 $, 200 $! On demande aux jeunes d'aller jouer dehors, mais parfois ils n'ont rien», observe-t-il.

«On travaille pour que l'enfant ait le goût d'aller à l'école. Tant qu'il y aura des jeunes en difficulté, on va continuer à essayer de les faire progresser. Mon rêve est qu'à 100 ans, j'aille encore chercher des pommes une par une et que j'aille les porter à chaque enfant», conclut-il.

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