Pour adoucir le combat contre le cancer

Alain Lafontaine... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Alain Lafontaine

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

Recevoir un diagnostic de cancer est en soi un choc que l'on imagine terrible. Les traitements subséquents mènent le patient sur le sentier d'une souffrance mêlée d'espoir, que l'on compare souvent à un combat. C'est dans le but de rendre l'expérience des traitements un peu moins pénible que le fonds Francine-Lachance a vu le jour il y a plus de 10 ans et poursuit sa mission grâce à l'implication d'Alain Lafontaine et de son équipe.

Alain Lafontaine était le conjoint de Francine Lachance quand celle-ci fut frappée d'un diagnostic de cancer du foie «le 16 août 2001», se souvient-il avec acuité. Le 11 septembre suivant, l'opération qui devait favoriser la guérison de Mme Lachance à l'Hôpital Saint-Luc de Montréal, s'est finalement transformée en une sentence inattendue: «Son cancer était généralisé et on lui a dit qu'il lui restait peut-être trois mois à vivre.»

De retour à Trois-Rivières, Mme Lachance s'est laissée convaincre par le docteur Christian Carrier «de mettre toutes les chances de son bord», et elle a accepté de se soumettre à des traitements de chimiothérapie. «Dans ce temps-là, c'était à l'hôpital Saint-Joseph, près de l'entrepôt de la morgue. Tout était vieux et désuet», décrit M. Lafontaine. Les fauteuils dans lesquels les patients devaient s'installer pour de longues heures étaient particulièrement en mauvais état.

Femme dynamique et impliquée dans son milieu, Mme Lachance n'allait pas rester inactive devant ce constat. Elle a proposé de créer un fonds pour amasser l'argent nécessaire au remplacement des fauteuils de traitement. Pour ce faire, la copropriétaire des restaurants St-Hubert de Trois-Rivières a rallié ses «concurrents» du domaine de la restauration qui ont accepté de contribuer en remettant un don associé à la vente d'un produit en particulier.

Alors nommé «À votre santé», le fonds avait comme objectif de recueillir 25 000 $ pour remplacer 10 des 12 fauteuils spécialisés. L'objectif fut dépassé et la solidarité des restaurateurs et autres commerçants a continué à se déployer.

En décembre 2005, un an et demi après la création du fonds, 125 000 $ avaient été investis dans l'achat d'équipement visant à bonifier la qualité des soins et le bien-être de patients en cancérologie au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières.

Francine Lachance est décédée le 10 octobre 2004 à l'âge de 56 ans, quelques mois après que le fonds dédié, rattaché à la Fondation du CHRTR (aujourd'hui la Fondation régionale pour la santé de Trois-Rivières), eut pris son nom.

«Francine a pu vivre deux ans et trois mois avec une qualité de vie assez bonne. C'est comme si le cancer s'était endormi. C'est une force de la nature, une combattante. Puis elle a passé neuf mois en soins palliatifs à la maison», raconte M. Lafontaine qui a continué à s'occuper du fonds en organisant des activités-bénéfice dont un souper mode annuel, et en siégeant au sein du comité aviseur qui l'administre. «Depuis le début, nous avons amassé plus de 400 000 $», indique-t-il.

«Le comité sert à choisir où on met l'argent. Les propositions viennent soit des médecins, soit des services infirmiers. De plus en plus, l'État se retire des investissements et on manque de plus en plus d'équipements pour offrir de bons services. Le fonds est là pour essayer de remédier à ça», soutient M. Lafontaine, propriétaire de la boutique Diamond Homme et aussi impliqué dans d'autres organisations dont le Club Richelieu.

À travers les années, le fonds a servi à acheter une foule de pièces d'équipement comme des fauteuils roulants, des tiges à soluté, des civières adaptées, des appareils à pression électronique, des lits électriques ou des tables d'examens, ainsi que des appareils plus spécialisés comme un système diagnostique intégré sur plaque murale ou une source lumineuse pour fibre naso-pharyngo-laryngoscope. L'amélioration des chambres d'isolement pour les patients au système immunitaire très fragile a aussi été réalisée avec la contribution du fonds.

Devant le défi de la multiplication des campagnes de financement pour diverses causes, jumelée au désengagement de l'État, M. Lafontaine et son équipe sont en train d'élaborer un concept récurrent qui assurerait un financement que l'on souhaite à la hauteur de 100 000 $ aux deux ans.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer