L'activité physique au centre de la réussite scolaire

Jason St-Yves... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Jason St-Yves

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

En prenant la direction de l'école Sainte-Thérèse de Trois-Rivières, dans un milieu à indice de défavorisation élevé, Jason St-Yves faisait face à plusieurs défis, dont celui d'une décroissance de la clientèle. Un an et demi plus tard, l'établissement bourdonne de projets qui rallient le personnel et les élèves dans l'objectif commun de la réussite scolaire. Et le nombre d'élèves a augmenté!

L'école Sainte-Thérèse rassemble trois types de jeunes: les enfants du quartier des classes régulières côtoient les élèves de l'adaptation scolaire et les nouveaux arrivants accueillis en francisation. Combinée à la fragilité du tissu socio-économique, cette cohabitation demande une dose d'adaptation et de créativité dans les approches.

«Quand je suis arrivé, on faisait face à une diminution de clientèle. La grille-matières est l'ADN de l'école. J'ai dit au personnel qu'il fallait l'adapter et l'organiser pour donner une couleur à l'école», raconte M. St-Yves qui a enseigné à plusieurs niveaux et dans plusieurs écoles avant d'accéder à des fonctions de direction.

Après quelques années comme directeur adjoint à l'école de Pointe-du-Lac, il fut attitré en juin 2013 à la direction de l'école Sainte-Thérèse. «Un des événements marquants de cette première année a été l'obtention d'un montant de 23 000 $ du Grand défi Pierre Lavoie», indique-t-il en faisant référence à cette initiative qui finance des projets favorisant les saines habitudes de vie chez les jeunes.

Préférant utiliser cet argent pour autre chose que l'achat de ballons pour les cours d'éducation physique, M. St-Yves a investi une partie de la somme dans le matériel relié aux équipes de sport de l'école, question de nourrir un sentiment d'appartenance et d'optimiser la cohésion. Le nom d'équipe Les Dragons a été choisi au terme d'un concours auprès des élèves, puis des uniformes et des chaussures de sport ont été achetés pour cimenter le «sérieux» des équipes appelées à participer à des tournois.

C'est notamment à travers la pratique des sports que le directeur de l'école a pu observer l'essor de la synergie entre les différents groupes d'élèves, ceux du régulier, de l'adaptation scolaire et de la francisation.

La modification de la grille-matières a instauré le créneau d'un après-midi d'éducation physique par semaine, dédié à des apprentissages particuliers. Les élèves se déplacent à la piscine de l'école De-La-Salle pour y suivre des cours de natation, et sont aussi initiés à l'escalade. D'autres sports peuvent être pratiqués en mode parascolaire dont le karaté, le soccer, le volleyball et le basketball. Des ateliers de guitare, de scrapbooking et d'entrepreneuriat sont aussi proposés aux jeunes sur l'heure du midi.

Par ailleurs, un programme de psychomotricité contribue à la réussite de l'ensemble des élèves de l'école. «En novembre 2013, le docteur Raymond Perreault, du Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières (CPSTR), a proposé d'expérimenter un petit projet de motricité pour les élèves de maternelle. Moi, j'ai tout de suite vu un projet plus complet, qui travaillerait sur l'ensemble des capacités de l'élève», raconte M. St-Yves.

Avec la collaboration du Département d'ergothérapie de l'UQTR, les enseignants se sont impliqués dans le déploiement d'activités axées sur la psychomotricité. «Ça permet à des élèves qui ont été sous-développés d'atteindre des niveaux de compétence attendus», résume le directeur en parlant du projet de 25 000 $ cofinancé par le Centre de pédiatrie sociale et l'école. Un mur d'escalade et un plancher adapté ont été aménagés dans un gymnase grâce au soutien du CPSTR.

Afin de contribuer au financement des projets dont son école bénéficie, Jason St-Yves trouve important de faire sa part. Avec trois collègues de son école, il a participé au volet «Boucle» du Grand défi Pierre Lavoie en 2014 et réitérera l'expérience en 2015. Il a aussi mobilisé son personnel pour la Grande guignolée du Centre de pédiatrie sociale en décembre dernier.

«On est en pleine ébullition avec nos projets, on est en construction, en développement. Le défi est d'assurer la pérennité financière des projets», indique M. St-Yves, qui analyse ainsi les besoins de la clientèle pour laquelle son équipe et lui se dévouent: «Ces enfants-là ont besoin d'amour, d'un attachement, d'un lien significatif. Ils ont aussi besoin d'un encadrement, d'avoir des règles claires, serrées, précises. Ils ont besoin d'espoir, autant les parents que les enfants.»

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