L'homme aux multiples causes

Claude Villemure... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Claude Villemure

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

«C'est un popsicle qui a changé ma vie.» C'est par cette image anecdotique que Claude Villemure explique sa bascule du statut de décrocheur vers le retour aux études et l'accès à une carrière en finance. Propriétaire de trois restaurants et fraîchement retraité de Desjardins, l'homme est connu dans son milieu pour ses multiples implications, dont l'organisation de la marche de mobilisation du 27 septembre dernier à Shawinigan.

«Je viens du quartier Saint-Marc. Ça doit être de là que provient mon côté batailleur. Je suis un ancien décrocheur et c'est un popsicle qui a changé ma vie. C'était en juillet, dans les grosses canicules. Ma femme et moi, on cherchait des bouteilles vides pour aller s'acheter un popsicle tellement on n'avait pas d'argent. C'est là que j'ai décidéde retourner sur les bancs d'école», raconte celui qui avait toujours rêvé de travailler dans des banques.

De commissionnaire entre des succursales, il a gravi les échelons jusqu'à la direction d'une banque. «Puis les enfants sont arrivés et je suis devenu courtier en valeurs mobilières pour pouvoir travailler de chez moi», confie celui qui a élevé ses filles à la suite de son divorce.

Celles-ci sont maintenant en affaires avec lui et sa conjointe Chantal Lafrenière. Josée travaillait depuis quelques années aux Ailes Buffalo quand son père a acheté le restaurant en 2012, et Annie l'a rejoint quand il a acquis le Mémento en 2013. La famille possède aussi Les deux frères.

Jusqu'à sa retraite de Desjardins en septembre dernier, M. Villemure combinait ses fonctions de restaurateur et de courtier, en enfilant les semaines de sept jours à raison de 14 heures par jour.

Au début de l'année, de multiples pontages l'ont obligé à réduire un peu la cadence. Mais pas suffisamment pour qu'il laisse passer l'annonce de la fermeture de l'usine Laurentide sans rien dire.

«J'étais tanné qu'on se fasse taper dessus. On a besoin d'aide. Je me souvenais des belles promesses qu'on avait eues, en 2007, à la fermeture de la Belgo...», partage l'instigateur du mouvement «Shawinigan, on se tient debout!» qui, avec un comité, a réussi à mobiliser 2000 personnes pour une marche d'affirmation et de solidarité.

«Ce que je suis en train de voir pour Shawinigan, c'est de l'espoir pour les jeunes. Moi je suis très impliqué. Et là, je travaille avec des personnes que je ne connaissais pas et je constate qu'on a une belle relève. Je vois du beau positivisme. On est entre bonnes mains!», se réjouit le président d'honneur du Noël des nôtres 2014.

À travers les années, Claude Villemure a fait partie de plusieurs organisations dans divers domaines. Pendant les 14 années qu'il a passées à Ville-Lasalle, il a entraîné des jeunes au baseball. À son retour à Shawinigan en 1994, il a pris la vice-présidence des Cataractes, rôle qu'il a tenu pendant cinq ans.

«Je suis encore un Cataractes dans l'âme. J'ai une loge pour encourager l'équipe, et depuis trois ans, on la donne un soir au Centre Roland-Bertrand pour les enfants, et ils ont le droit de prendre tout ce qu'ils veulent!»

M. Villemure a également présidé la Fondation du Collège Shawinigan de 2003 à 2006, avant de prendre la tête du conseil d'administration du Collège pour deux ans. Il a aussi réuni des équipes pour le Relais pour la vie et le défi des Têtes rasées pour la cause du cancer au sein de son milieu de travail. Il fut aussi responsable du financement pour l'obtention des Jeux du Québec en 2007 et pour la tenue de la Coupe Memorial à Shawinigan en 2012.

Parmi la liste de ses implications, c'est de la création de la fondation Katherine-Beaulieu dont il demeure le plus fier. Sa voix se brise encore quand il évoque le souvenir de Katherine, meilleure amie de sa fille, décédée en 2010 à l'âge de 21 ans dans un accident de la route causé par une conductrice ivre.

Le 25 décembre, ne cherchez pas Claude Villemure. Il visitera les patients de l'hôpital du Centre-de-la-Mauricie avec une chorale, la même qu'il avait fait venir pour égayer les malades alors qu'il était hospitalisé (le 25 décembre) en attente de son opération au coeur.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

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