Il soulage la pauvreté à l'année

Gaétan Proulx... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Gaétan Proulx

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

C'est à travers ses trois décennies d'enseignement que Gaétan Proulx a été sensibilisé à la pauvreté et aux conséquences qu'elle peut entraîner dans le développement des enfants, entre autres. Une fois à la retraite, le Shawiniganais s'est retrouvé à la tête du Noël des Nôtres, une organisation qui contribue à soulager l'indigence, et ce, 12 mois par année.

Originaire de Sainte-Thècle puis établi avec sa famille à Shawinigan à l'âge de neuf ans, M. Proulx est diplômé de l'Université du Québec à Trois-Rivières, du programme qui s'appelait à l'époque Enseignement à l'enfance inadaptée.

Après avoir enseigné quelques années dans ce créneau, il a migré vers le secteur régulier, quand les philosophies d'intégration ont ramené dans les classes régulières des enfants qui auparavant cheminaient dans des classes spéciales.

L'homme qui à la base souhaitait devenir travailleur social a terminé sa carrière d'enseignant en 2010, après avoir passé25 ans à l'école primaire deSaint-Georges-de-Champlain, dont 20 ans en sixième année. Au début du mois de septembre suivant son dernier jour d'école, M. Proulx fut sollicité par Jean-Pierre Jolivet, alors coprésident du comité organisateur du Noël des Nôtres avec son épouse.

«Il m'offrait d'être coprésident pour l'édition 2010. Et un peu comme Obélix avec la potion, je suis tombé dans la marmite!», image celui qui assume la présidence en solo pour une quatrième édition cette année.

«Je n'aime pas ça dire président''. Disons que je suis là pour superviser. On est une centaine de bénévoles. Il y a une dame qui fait du porte-à-porte depuis 46 ans. Elle ne veut pas être sous les projecteurs, elle veut rester dans l'ombre», ajoute-t-il ens'identifiant visiblement à cette modestie.

Un téléthon se tient à la fin de novembre (le 28 cette année) sur les ondes de la télévision communautaire et un blitz de sollicitation dans les foyers se déroule simultanément.

D'autres activités-bénéfice permettent d'amasser l'argent qui sera distribué dans sept paroisses du secteur Grand-Mère et de ses environs, soit Lac-à-la-Tortue, Saint-Georges-de-Champlain, Saint-Jean-des-Piles et Grandes-Piles. L'an dernier, quelque 87 000 $ avaient été recueillis.

Chacune des paroisses gère ce qui lui revient selon les besoins exprimés par ses citoyens, et l'assistance ne se limite pas à la période des Fêtes. L'aide se traduit la plupart du temps par des bons d'achat pour de la nourriture, mais il arrive que certaines nécessités reliées à la santé, par exemple, puissent être prises en compte.

«On aide des familles pouvant avoir jusqu'à six enfants, tout comme des personnes seules», indique M. Proulx, qui peut notamment témoigner de l'acuité des besoins dans le secteur par la «popularité» du nouveau comptoir alimentaire qui gère pas moins de 200 inscriptions.

Les fermetures d'usine à Shawinigan ne favorisent pas l'essor économique de la communauté, on en convient. Et parmi les défis des bénévoles du Noël des Nôtres, il y a ce queM. Proulx appelle «les fausses croyances».

«Il y a des gens qui disent: On a vu quelqu'un qui a reçu un panier de Noël et il a une maison et une auto''. Oui, mais cette personne-là avait sûrement une job, et n'en a plus. Elle a besoin d'une auto pour aller se chercher une autre job!», illustre-t-il.

Il y a aussi la pauvreté plus chronique, que Gaétan Proulx a pu constater dans ses années comme enseignant.

«Moi, quand il y avait un problème avec un enfant, je préférais aller voir les parents à la maison plutôt que de les appeler. Là, je voyais le contexte dans lequel l'enfant vivait et ça en disait beaucoup. J'ai été sensibilisé à la pauvreté en côtoyant ces jeunes-là. Je me disais que si les enfants vivent dans la misère c'est parceque les parents vivent dans la misère; les enfants n'ont pas mérité ça.»

En plus de son implication au Noël des Nôtres, M. Proulx est impliqué dans la supervision de la cuisine collective de la Maison Coude à coude, un organisme d'entraide dédié aux familles. Il siège aussi au conseil d'administration du Centre d'action bénévole de Grand-Mère en tant que vice-président.

«Je rencontre plein de gens avec une belle énergie, qui redonnent au suivant. Moi j'ai été gâté par la vie et je suis capable de le faire, de m'impliquer. Au lieu d'être assis devant un café à refaire le monde, je préfère agir!», observe-t-il.

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