Au service des sinistrés

Denis Désilets... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Denis Désilets

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

Denis Désilets a vécu plusieurs tragédies. Mais sans en être la victime, heureusement. Les inondations à Saint-Jean-sur-Richelieu, la catastrophe de Lac-Mégantic, l'incendie à l'Isle-Verte: le bénévole a vécu ces drames à travers son implication dans la Croix-Rouge, pour laquelle il agit sur le terrain directement auprès des sinistrés ou comme porte-parole, en plus de présider le conseil de financement de l'organisation trifluvienne.

Natif de Trois-Rivières, Denis Désilets a commencé à travailler pour Hydro-Québec à l'âge de18 ans, alors qu'un emploi d'été de commis au courrier s'est rapidement transformé en poste permanent. Puis, de releveur de compteurs à gestionnaire, sa carrière dans l'entreprise d'État s'est terminée dans l'équipe de communications.

Sa retraite à peine annoncée, en mai 2007, un ancien collègue l'a convaincu de le rejoindre au sein de la Croix-Rouge de Trois-Rivières. M. Désilets souhaitait occuper sa retraite avec le bénévolat, mais n'avait pas identifié de cause en particulier. Celle de la Croix-Rouge lui a permis d'exploiter ses compétences en gestion et en communication, en lui offrant aussi l'occasion d'aider des gens plongés dans une situation difficile.

L'équipe de Trois-Rivières compte 24 personnes, dont 16 sont affectées aux services aux sinistrés. Ces bénévoles sont appelés à intervenir lors d'incendies, d'évacuations préventives (risque d'inondation, menace d'effondrement d'une bâtisse, feu de forêt...) ou encore lors de catastrophes naturelles.

«La couverture qu'on met sur les épaules des sinistrés a la fonction de les réchauffer, mais aussi de leur dire qu'il y a des gens autour d'eux, qu'il y a aussi une chaleur humaine», explique M. Désilets en décrivant le processus d'assistance sur les lieux d'un sinistre.

Après que les gens soient réunis dans un autobus, les bénévoles de la Croix-Rouge procèdent à une analyse des besoins de chacun, puis s'assurent de leur trouver un toit, de la nourriture et des vêtements pour trois jours. «Au cours de la dernière année, nous avons réalisé 30 interventions qui ont aidé 170 personnes», précise-t-il.

En plus de son rôle d'action directe auprès des gens en détresse, M. Désilets est également porte-parole pour l'organisation, même au niveau provincial où il est de garde à toutes les deux ou trois fins de semaine. Il a notamment passé une semaine à Lac-Mégantic à l'été 2013 pour répondre spécifiquement aux médias anglophones.

«On travaillait de 6 h 30 du matin à 22 h 30 ou 23 h le soir. Cette intervention a été la plus sollicitante au point de vue personnel. On était en contact avec les sinistrés, on parlait avec eux...», se souvient celui qui a aussi joué le rôle de personne-ressource pour les médias anglophones lors de l'incendie qui a emporté 32 aînés de la résidence Le Havre à l'Isle-Verte en janvier dernier.

«Et je dirais que l'intervention la plus prenante demeure la première qu'on fait. Dans mon cas, c'était un incendie en pleine nuit dans un quartier pas tellement riche, où beaucoup de gens n'étaient pas assurés. J'ai réalisé à quel point il y a des gens qui perdaient vraiment tout. Je pensais à tout ce que la personne aurait à affronter après notre intervention. Il y a un moment où il n'y a pas de mot qu'on peut dire qui pourrait changer la situation», confie-t-il.

Pour devenir bénévoles pour la Croix-Rouge, les candidats doivent se soumettre à une entrevue et à une enquête assurant leur intégrité. Une fois sélectionnés, ils sont formés puis intégrés dans l'équipe, et sont «de garde» selon leurs disponibilités.

«Ça prend beaucoup d'empathie. Il faut aimer le monde et vouloir aider. C'est important que la cause soit plus importante que la personne bénévole», énumère M. Désilets.

Évidemment, comme la plupart des organismes à but non lucratif, le financement demeure un défi constant.

«Le financement est complexe et difficile. Toutes les causes sont nobles! Trouver des bénévoles pour le service aux sinistrés est relativement facile parce qu'ils voient directement le résultat de leur action et ça amène beaucoup de satisfaction. Pour inciter les gens à aider au financement, il faut pouvoir voir à quoi ça sert...», observe le président du comité de financement.

«Il n'y a pas une société qui est capable de se payer ce que le bénévolat fait. C'est une grande satisfaction de faire partie de ça», conclut notre Tête d'affiche.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer