Un modèle de persévérance et de ténacité

Marie-Sol Saint-Onge... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Marie-Sol Saint-Onge

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Elle a beau avoir subi l'amputation des deux bras et des deux jambes, il y a à peine deux ans, Marie-Sol Saint-Onge se considère en parfaite santé et continue de mordre à pleines dents dans sa vie... légèrement modifiée.

C'est d'ailleurs ce qui impressionne chez cette artiste-peintre. Malgré la terrible épreuve qu'elle a vécue, jamais elle n'a voulu s'apitoyer sur son sort et a plutôt préféré s'accrocher au bonheur en démontrant toute sa persévérance et sa ténacité.

«J'ai pleuré mes 10 doigts et mes 10 orteils. À un moment donné, je me suis tannée de pleurer. Il y a des gens qui ont vécu des choses pire que moi. Je me considère en parfaite santé. Je suis chanceuse de pouvoir marcher», illustre la femme de 36 ans.

En mars 2012, la vie qu'elle partage avec son conjoint Alin Robert et leurs deux enfants a complètement basculé lorsqu'elle a été admise à l'hôpital pour une pneumonie. Une fois alitée, sa situation s'est détériorée, si bien qu'elle a été foudroyée par la bactérie mangeuse de chair. Quelques semaines plus tard, on lui amputait quatre membres de son corps.

Évidemment ébranlée par les événements, Marie-Sol a toutefois décidé de gravir avec optimisme la montagne qui se dressait devant elle. «J'ai choisi de ne pas prendre la porte de la tristesse et plutôt regarder par en avant en faisant preuve de positivisme et d'humour», indique-t-elle.

Toute cette persévérance et cette paix intérieure, l'artiste-peintre souhaite la transmette à la communauté en partageant son histoire. Si son approche de ténacité peut inspirer quelques personnes, elle pourra dire mission accomplie.

«Même quand tout s'écroule, les fondations restent en place. Ma première motivation a toujours été ma famille, suivie de la peinture. Il faut que tu te donnes des objectifs dans des situations comme ça. Moi, j'avais toujours en tête que j'allais marcher de nouveau», explique-t-elle.

Justement, dans la conférence qu'elle prononce devant des étudiants d'écoles secondaires, intitulée «Allume ta flamme», elle insiste sur l'importance pour les jeunes de se trouver une passion dans la vie. «On a tous une petite flamme et plus tôt on la trouve, moins de détour on va faire. Il faut s'écouter et suivre sa passion intérieure. C'est ça qui va rester avec toi quand il va arriver une épreuve», mentionne l'artiste-peintre qui prononce aussi des conférences plus adaptées pour un public adulte.

Pour Marie-Sol Saint-Onge, en partageant son expérience, c'est une façon de redonner à la population qui a été si généreuse dans ses témoignages d'encouragement à la suite de son amputation. «Les gens nous ont redonné des ailes en démontrant autant de solidarité envers nous. Nous avons été privilégiés, choyés. C'est grâce à eux que nous ne nous somme pas écrasés», avoue-t-elle.

En plus des conférences, l'artiste-peintre et son conjoint Alin Robert racontent de quelle façon ils ont traversé cette difficile épreuve à l'intérieur de leur livre Quand l'Everest nous tombe sur la tête. Si les conférences traitent plus longuement de la réhabilitation et du retour vers une vie normale, le bouquin raconte davantage en détails à quel point le séjour à l'hôpital a été pénible moralement.

«Quand tu traverses une épreuve comme celle-là, le temps semble figé. On voulait que le livre soit représentatif de ça alors que le temps à l'hôpital nous a semblé interminable», explique-t-elle.

L'ouvrage a connu un succès instantané alors qu'il a atteint le niveau de best-seller (3000 copies vendues) à peine un mois après son lancement. «La réponse d'amour et de soutien qu'on avait déjà reçue sur Facebook et à travers les médias, elle s'est décuplée avec la publication du livre», sourit Marie-Sol.

Maintenant, Marie-Sol peut se concentrer sur la réalisation de ses toiles pour lesquelles la demande ne cesse de croître. Elle souhaite notamment pouvoir présenter, un jour, ses oeuvres publiquement dans le cadre d'une exposition. D'ailleurs, elle ressent une énorme fierté lorsque les gens l'abordent dans la rue en tant qu'artiste et non pas en tant qu'amputée. «Ça fait chaud au coeur», confie-t-elle.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

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