Louise Vallières: le secret bien gardé des personnes handicapées

Louise Vallières... (Photo: François Gervais)

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Louise Vallières

Photo: François Gervais

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

Il est de ces gens qui travaillent dans l'ombre, mais sans qui des organismes s'effondreraient et sans qui les choses ne pourraient avancer.

Louise Vallières en fait partie et représente le secret bien gardé des personnes handicapées de la région.

Secret bien gardé parce qu'on ne lui arrache pas facilement la liste longue et impressionnante de ses bons coups. «Je ne suis pas seule là-dedans. Il y a les bénévoles et la collaboration des autres organismes», insistera-t-elle à maintes reprises.

Tout au long de l'entrevue, pourtant, ses collègues de travail agitent un pouce en l'air par la fenêtre de la porte et l'entrebâillent pour lui dire qu'elle mérite bien que l'on souligne son travail.

Ce que l'on finira par apprendre, en cours de conversation, c'est que sans elle, il n'y aurait probablement plus d'Association de paralysie cérébrale en Mauricie et au Centre-du-Québec.

C'est qu'à la toute fin des années 1990, les téléthons organisés pour financer l'organisme provincial de paralysie cérébrale, dont dépendaient les 14 associations régionales au Québec, s'essoufflent et l'organisme doit être dissout. «Les téléthons», qui composaient alors l'essentiel du financement, «ne marchaient plus. Ça diminuait», se souvient Mme Vallières.

Dans les coffres de l'Association de paralysie cérébrale de la Mauricie et du Centre-du-Québec, dont elle est directrice depuis 1983, il restait à peine 10 000 $. Mme Vallières a dû mettre les six employés à la porte, incluant sa propre personne.

Mais il en fallait plus pour venir à bout d'une femme de sa trempe. «J'ai continué bénévolement pour repartir l'affaire», raconte-t-elle.

«Dans les années 1999-2000, les agences de santé commençaient à donner de l'argent aux organismes communautaires. Mais nous n'avions pas de charte régionale», raconte-t-elle.

Dans le but de sauver les services, elle tend la main à de fidèles bénévoles qu'elle aurait bien souhaité nommer un à un dans le présent article. «J'avais gardé, dans mes classeurs, des promesses de dons. Je gardais au moins les 15 dernières années», dit-elle. Avec l'aide de son conjoint, qui est informaticien, une liste est montée et des équipes de bénévoles se mettent à la tâche. Résultat de cette première campagne maison, 60 000 $.

Bien qu'il n'y ait plus d'association provinciale, deux associations auront survécu, celle de la Mauricie et celle de Sherbrooke, dit-elle.

C'était certes pour la bonne cause que les bénévoles ont décidé de la suivre dans cette aventure. Mais il faut le dire, Louise Vallières est une dame convaincante car elle est convaincue. Quelques années avant de devenir directrice générale de l'association, en effet, elle avait été embauchée à titre d'agente de développement.

En trois ans, elle avait alors réussi à recruter pas moins de 1000 bénévoles aux quatre coins de la région pour la campagne de financement.

Il faut dire que Louise Vallières n'a jamais eu peur d'y mettre du temps. Ce recrutement, elle l'a souvent fait le week-end. Encore aujourd'hui, alors que la campagne annuelle rapporte près de 180 000 $, elle donne entre 400 et 500 heures de bénévolat par année à l'organisme qu'elle dirige.

«De janvier à avril, ne me cherchez pas, je suis au bureau presque sept jours par semaine», dit-elle. Elle y reçoit les bénévoles qui font des appels pour la campagne de financement et s'occupe personnellement d'ouvrir chacune des centaines d'enveloppes de dons, la plupart de 10 $ ou 20 $.

«Je n'ai pas de mérite», insiste-t-elle. «J'aime ça.»

Louise Vallières avoue que sa patience et sa persévérance ont quelque chose à voir avec Louise Beaurivage, aujourd'hui retraitée de l'Office des personnes handicapées, qu'elle surnomme son «mentor». Avec le concours d'autres organismes, cette dame, dit-elle, a beaucoup fait avancer la cause des personnes handicapées. «Il y a beaucoup de choses qu'on a démarrées, notamment le transport adapté et l'hébergement adapté. Elle était sur tous les comités», dit-elle.

La soeur de Louise Vallières, Jocelyne Vallières, fut la première directrice générale de l'association régionale de paralysie cérébrale, une source d'inspiration et toujours une aide précieuse pour elle. Notre Tête d'affiche persiste et signe: rien n'aurait pu être accompli sans l'aide de tous les bénévoles.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6h et 9h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.

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