Un phare pour la Maison Le Far

Soeur Denise Laquerre... (Photo: François Gervais)

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Soeur Denise Laquerre

Photo: François Gervais

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

La colère et la culpabilité, tout comme l'estime de soi et l'autonomie, n'ont plus de secret pour Soeur Denise Laquerre qui constitue un véritable phare pour les résidentes de la Maison Le Far.

Devant ces femmes qui lui confient leurs drames, notre Tête d'affiche illumine par ses propos et cette façon bien à elle de les encourager à passer de la parole aux actes.

Âgée de 71 ans, la religieuse de la congrégation des Soeurs de l'Assomption-de-la-Sainte-Vierge a connu sa part d'épreuves. Denise Laquerre n'avait que 5 ans lorsque son père est décédé.

Sa mère âgée de 28 ans s'est alors retrouvée à la barre de l'Hôtel Laquerre, un endroit plus ou moins recommandable pour éduquer une fillette qui ne se lassait pas cependant de jouer sur les rives du fleuve Saint-Laurent, à Batiscan.

Pensionnaire dès l'âge de 8 ans, la petite Denise a difficilement vécu cette séparation. «L'ennui, c'est une souffrance psychologique que je connais très bien», dit celle qui, heureusement, était douée pour la débrouillardise en plus d'être dotée d'un bon sens de l'humour.

Adolescente, Denise Laquerre a milité au sein de Jeunesse étudiante catholique féminine. «Voir, juger, agir» sont des principes qui l'ont influencée et que la religieuse qu'elle est finalement devenue se fait toujours un devoir d'enseigner autour d'elle.

Soeur Denise Laquerre confie qu'elle n'a pas reçu cet appel du Seigneur lui demandant de se consacrer à Lui. Jeune femme engagée, elle a cependant réalisé qu'elle avait envie de travailler avec d'autres personnes, pour les jeunes plus précisément.

«Mon cheminement spirituel s'est fait plus lentement mais concrètement», dit celle qui a d'abord oeuvré au Collège Notre-Dame-de-l'Assomption, à Nicolet.

Instinctivement, le conseil général des Soeurs de l'Assomption a pensé à Denise Laquerre lorsqu'au début des année 1980, il lui fut demandé d'ouvrir une résidence pour femmes toxicomanes.

«J'ai accepté mais ça me prenait un lieu et une formation», raconte celle qui s'est alors inscrite au certificat en toxicomanie de l'Université de Sherbrooke.

«Une Soeur dans la toxico!» rit encore la dame qui se décrit comme un autodidacte qui «avait la grâce de l'innocence».

Denise Laquerre a été responsable de la Maison Bourg-Joie de Nicolet pendant dix ans. «Certaines ont gardé un lien avec moi», dit-elle en parlant des femmes à qui elle a permis de voir plus clair et de reprendre un certain contrôle de leur vie.

Pour d'autres cependant, la religieuse ne se fait pas d'illusion: il faut beaucoup de force en soi pour se sortir du milieu de la drogue.

La Maison du Bourg-Joie venait tout juste de fermer ses portes que Denise Laquerre était déjà recrutée par Rollande Cloutier, celle qui avait succédé à la fondatrice de La Maison Le Far, Micheline Bournival.

Si on exclut les trois années où elle a évolué bénévolement auprès de l'organisme COMSEP, Soeur Denise Laquerre consacre, depuis, tout son temps à la Maison Le Far, un lieu d'hébergement et d'accompagnement pour les femmes qui sont victimes de violence conjugale ou qui vivent des difficultés personnelles et familiales.

Des rencontres sont offertes à tous les matins, et ce, tant aux résidentes qu'aux femmes qui ne sont pas hébergées à la Maison Le Far. Notre Tête d'affiche aborde avec elles différents thèmes. Son rôle: «Mettre de la lumière sur le problème», dit-elle simplement.

«Ça fait 30 ans que j'écoute. Des histoires de couples qui marchent et qui ne marchent pas, j'en connais», ajoute celle qui se dit parfois fatiguée mais jamais découragée d'être ainsi confrontée aux problèmes d'autrui.

«On m'a déjà dit: «Fais-toi confiance. La personne devant toi a en elle ses propres solutions», ajoute la religieuse qui a dû apprendre à protéger son âme de missionnaire.

Fière de mentionner que la Maison Le Far célèbre cette année ses 25 ans d'existence, Denise Laquerre insiste sur le travail effectué par toute une équipe désireuse d'offrir un moment d'arrêt et un temps de réflexion à des femmes qui souhaitent reprendre leur vie en main.

 

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