Légionellose: des jours d'angoisse

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À cause de la légionellose, Bernard Houle a été cloué à un lit d'hôpital pendant deux semaines, dont une aux soins intensifs plongé dans un coma artificiel.

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(Trois-Rivières) Pour la majorité des Trifluviens, la légionellose n'est qu'un sujet qui a fait les manchettes au cours de la saison estivale en raison d'une éclosion qui a touché plusieurs personnes. Mais pour Bernard Houle, il s'agit d'une maladie qui l'a cloué à un lit d'hôpital pendant deux semaines, dont une aux soins intensifs plongé dans un coma artificiel.

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La découverte de la source de légionellose dans cette tour refroidissante a forcé la Ville à prendre les mesures nécessaires pour enrayer le problème.

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Après avoir été infecté par la légionellose en juillet dernier, Bernard Houle peut compter sur le soutien de sa femme, Diane Houle, dans sa convalescence.

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La maladie qui a affligé 15 personnes jusqu'à maintenant en 2017 à Trois-Rivières, dont 13 depuis le mois de juillet, en raison de la présence d'une bactérie dans une tour refroidissante à l'eau de l'hôtel de ville de Trois-Rivières, a donné une bonne frousse à M. Houle ainsi qu'à ses proches au cours des dernières semaines. 

C'est d'ailleurs un homme encore un peu affaibli, mais qui remonte la pente, qui a accepté de rencontrer Le Nouvelliste lundi. Heureusement, le retraité de 72 ans a obtenu la confirmation des spécialistes qu'il n'allait pas garder de séquelle et que la bactérie qui l'a infecté est la même qui a été retrouvée dans la tour d'eau de l'hôtel de ville. 

Un scénario logique car M. Houle et sa femme Diane se rendent régulièrement au centre-ville lorsqu'ils prennent des marches et ont mangé dans un restaurant situé tout près de l'hôtel de ville le 15 juillet dernier, soit quelques jours avant que les symptômes ne fassent leur apparition.

«Je n'allais pas bien depuis quelques jours et j'ai dû être transporté d'urgence en ambulance à l'hôpital dans la nuit du 23 au 24 juillet. J'étais alors en détresse respiratoire. Je ne me souviens de rien», raconte-t-il sous le regard approbateur de sa femme avant de souligner le bon travail des membres du personnel de l'hôpital de Trois-Rivières qui se sont occupés de lui.

Ce n'est donc qu'après son séjour aux soins intensifs, au cours duquel il a été intubé et sous forte médication, qu'il a été sorti de son coma artificiel. Il était alors dans un état qui n'avait rien à voir avec la forme dans laquelle il était au début de l'été.

«Il était très, très faible. Il devait se reposer. Il manquait de coordination et était confus. Ça a duré au moins quatre ou cinq jours. Ce sont les médicaments qui ont fait ça. Il est sorti de l'hôpital le 7 août et je dois dire que ça a pris un bon mois avant de dire qu'il allait bien», ajoute sa femme, avant de lui prendre la main et lui jeter un regard complice.

«Je ne suis pas encore comme avant. Je suis encore un peu au ralenti. Avant, je me revirais sur un dix cents! Maintenant, je le fais un petit peu plus tranquillement. Les médecins m'ont dit que ça peut être une question de mois», précise-t-il.

La page est tournée

Bien qu'il ait été informé par les médecins lors de son séjour à l'hôpital que c'est la légionellose qui l'a mis dans cet état, ce n'est que vendredi dernier, quelques heures avant le point de presse de la direction de la santé publique du Centre de santé et de services sociaux de la Mauricie et 

du Centre-du-Québec, qu'on lui a confirmé que la source de l'éclosion était la fameuse tour d'eau. Monsieur et madame Houle confient qu'ils ont alors poussé un soupir de soulagement. Les médecins leur avaient indiqué qu'il était loin d'être certain que la source soit identifiée un jour.

«On sait maintenant d'où ça provient et c'est censé être réglé», mentionne Mme Houle.

Le département de la santé publique a affirmé vendredi avoir ciblé la tour de refroidissement de l'hôtel de ville le 21 août. La tour a été arrêtée, décontaminée et soumise à des analyses. Après une remise en marche, les résultats étaient douteux, ce qui a nécessité un deuxième arrêt et une deuxième procédure de décontamination.

Depuis ce temps, aucun nouveau cas de légionellose n'a été rapporté. Les résultats préliminaires des récentes analyses ont été rassurants. Toutefois, il reste à obtenir le résultat d'une analyse pour confirmer que la situation est réglée.

Par ailleurs, M. Houle ne tient personne responsable, pas même la Ville, dans ce dossier. De plus, il n'est pas question pour lui de se lancer dans des recours civils, comme ceux qui ont été intentés après l'éclosion qui a fait 13 morts en 2012 à Québec.

«Je ne m'embarquerai pas dans une affaire comme ça. Je ne peux pas être fâché contre les gens de la Ville. Ils ont peut-être bien fait leur travail. Tant que tu ne peux pas prouver le contraire, tu dois leur donner le bénéfice du doute. Si j'étais certain qu'il a eu de la négligence, je serais peut-être un peu moins de bonne humeur. Mais ce n'est pas le cas. Et présentement, je n'ai pas besoin de rien qui m'énerve. C'est en arrière de moi», laisse-t-il tomber.

La découverte de la source dans la tour refroidissante de l'hôtel de ville a forcé la Ville à prendre les mesures nécessaires pour enrayer le problème. Les tours sont dorénavant nettoyées chaque mois, alors qu'elles l'étaient auparavant que lors du démarrage des systèmes de climatisation, trois mois après le démarrage et à l'arrêt des systèmes à l'automne, soit selon les paramètres établis par la RBQ.

La région enregistre habituellement entre un et huit cas de légionellose par année. Ce type de pneumonie est causé par l'inhalation de fines gouttelettes d'eau contaminée par de grandes quantités de bactéries et mises en suspension dans l'air via des tours de refroidissement, mais aussi par des fontaines et des spas. 

Des 15 personnes touchées depuis le début de l'année, cinq ont eu un prélèvement permettant de faire des analyses servant à identifier la souche de légionelle et ces dernières confirment que ces cinq personnes ont été touchées par la même souche.




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