Éclosion de la légionellose: une tour de la Ville en cause

Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières,... (Sylvain Mayer)

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Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Éric Angers, chef de la division des immeubles de la Ville de Trois-Rivières, docteure Marie-Josée Godi, directrice de la santé publique du CIUSSS régional, docteure Caroline Marcoux-Huard et docteur Marco Desjardins, médecins-conseils au département de la santé publique, ont dévoilé vendredi que l'éclosion de légionellose provenait d'une tour refroidissante de la Ville.

Sylvain Mayer

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une tour refroidissante à l'eau de l'hôtel de ville de Trois-Rivières était la source responsable de l'éclosion de légionellose, une maladie qui a touché 15 personnes depuis le mois de janvier, ce qui est une année record pour la région.

La direction de la santé publique du Centre de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec a confirmé vendredi que la légionelle se trouvait dans cet équipement de refroidissement appartenant à la Ville de Trois-Rivières. Pour y parvenir, la santé publique a dû recouper certaines informations afin d'être sûre d'identifier la bonne source de contamination dans le but de l'enrayer.

«On a fait une enquête épidémiologique: on croise les données concernant les lieux de résidence (des gens atteints), les déplacements, les tours», explique la docteure Caroline Marcoux-Huard, médecin-conseil au département de la santé publique.

Des 15 personnes touchées depuis le début de 2017, 13 l'ont été depuis juillet. De ce nombre, cinq ont eu un prélèvement permettant de faire des analyses servant à identifier la souche de légionelle. Les analyses confirment que ces cinq personnes ont été touchées par la même souche.

Les gens infectés sont principalement âgés de 50 ans. Si certains malades ont dû séjourner aux soins intensifs, tout le monde est sur la voie de la guérison, confirme le CIUSSS.

Le département de la santé publique affirme avoir ciblé cette tour de refroidissement le 21 août. La tour a été arrêtée, décontaminée et soumise à des analyses. Après une remise en marche, les résultats étaient douteux, ce qui a nécessité un deuxième arrêt et une deuxième procédure de décontamination. Depuis ce temps, aucun nouveau cas de légionellose n'a été répertorié. Les résultats préliminaires des récentes analyses sont rassurants, déclare la docteure Marcoux-Huard. Toutefois, il reste à obtenir le résultat d'une analyse pour confirmer que la situation est réglée.

Selon Yvan Toutant, la Ville de Trois-Rivières a été surprise d'apprendre que la source de l'éclosion se trouvait parmi une de ses trois tours refroidissantes, des équipements qui laissent s'échapper de la vapeur, un vecteur de la bactérie.

«On a toujours respecté les paramètres de la Régie du bâtiment. Mais on est content de savoir d'où provient le problème. La bonne nouvelle est qu'on a pu trouver la source», raconte le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, à propos de cette tour qui alimente en climatisation l'hôtel de ville, la Maison de la culture, la bibliothèque, Innovation et Développement économique Trois-Rivières et la salle Thompson.

La surprise tient du fait que selon la Ville, les échantillons soumis à des analyses prouvaient que Trois-Rivières respectait les normes établies par la RBQ après l'épidémie de légionellose ayant fait 13 morts à Québec en 2012. Les échantillons fournis en juillet par l'administration municipale au CIUSSS donnaient des résultats négatifs, ce qui a amené la Ville à écarter la piste des tours refroidissantes. D'autres tests ont été effectués par la suite à la demande du CIUSSS.

«Quand on a regardé l'historique des résultats d'analyse des tours de la Ville, tous les paramètres étaient conformes aux règles de la Régie du bâtiment, confirme le docteur Marco Desjardins, médecin-conseil à la santé publique. Mais vu qu'on ne trouvait pas la source de l'éclosion, on a étudié de façon plus approfondie les résultats et ça nous a amené des interrogations. On a demandé de nouvelles analyses et les tests de la tour de l'hôtel de ville ont été positifs, à notre grande surprise. On s'attendait à ce que les éléments d'interrogation ne soient probablement pas reliés à la tour.»

Éric Angers, chef de la division des immeubles de la Ville de Trois-Rivières, précise que la découverte de la source de légionelle dans la tour refroidissante de l'hôtel de ville a forcé la Ville à prendre les mesures nécessaires pour enrayer le problème.

«Notre contrôle a été resserré: on a amélioré notre nettoyage, la fréquence de nettoyage, nos analyses de laboratoire vont être plus fréquentes, on a fait affaire avec les spécialistes en environnement de l'usine d'eau potable pour tester le chlore de nos bassins pour nos différentes tours. Ça a permis de renforcer notre système de contrôle.»

Selon Yvan Toutant, la Ville nettoie dorénavant ses tours refroidissantes chaque mois, alors qu'elle les nettoyait auparavant lors du démarrage des systèmes de climatisation, trois mois après le démarrage et à l'arrêt des systèmes à l'automne, selon les paramètres établis par la RBQ.

La région enregistre habituellement entre un et huit cas de légionellose par année. Ce type de pneumonie est causé par l'inhalation de fines gouttelettes d'eau contaminée par de grandes quantités de bactéries et mises en suspension dans l'air via des tours de refroidissement, mais aussi par des fontaines et des spas.




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