Nouveau modèle d'intervention en santé mentale

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De gauche à droite, Julie Poirier, directrice adjointe des services de proximité en santé mentale, Michel Gilbert, coordonnateur du Centre d'excellence en santé mentale, Guillaume Bélanger, pair aidant, Normand Vachon, chef de service en santé mentale et de services sociaux généraux, Christine Laliberté, directrice du programme en santé mentale adulte et dépendance, et Martin Beaumont, p.d.g. du CIUSSS MCQ.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Nicolet) Le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec vient de déployer un nouveau modèle d'intervention emprunté aux Pays-Bas qui sera désormais appliqué dans toute la région Bécancour-Nicolet-Yamaska afin de mieux intervenir auprès des personnes ayant des problématiques de santé mentale graves. Il s'agit d'une première au Québec.

Le modèle en question, qui n'a pas encore de nom français, ce qui se fera éventuellement, est connu dans le milieux sous l'appellation de FACT pour Flexible Assertive Community Treatments.

Les personnes vivant dans le secteur Bécancour-Nicolet-Yamaska et ayant d'importants besoins en santé mentale obtenaient auparavant la visite d'un intervenant à domicile à raison d'environ une ou deux fois par semaine. Ces visites visaient à soutenir ces personnes dans un cheminement vers plus d'autonomie malgré leur maladie.

Or, «cette intensité-là n'était pas suffisante», explique Michel Gilbert, responsable du Centre national d'excellence en santé mentale. Certaines personnes, dit-il, avaient besoin d'un suivi plus important, soit le jour, le soir et les fins de semaines, voire même deux fois par jour, dans certains cas.

Malheureusement, la densité de la population, au Centre-du-Québec, n'était pas suffisante pour avoir une équipe dédiée et augmenter l'intensité des interventions. De plus, l'équipe de suivi intensif qui dessert Trois-Rivières avait aussi le mandat de couvrir toute la périphérie de Trois-Rivières dont la zone Bécancour-Nicolet-Yamaska», précise Julie Poirier, directrice adjointe du service de proximité de santé mentale au CIUSSS MCQ.

Il y a un potentiel de 31 équipes FACT de ce genre qui pourraient être déployées au Québec, là où la densité de population le justifie, soit 20 000 à 50 000 personnes, indique M. Gilbert. Plusieurs régions sont en train de réfléchir à l'idée d'implanter le même modèle.

«Le CIUSSS va d'abord regarder aller l'équipe FACT ici parce qu'on a des idées en tête pour d'autres territoires», précise Mme Poirier.

«On veut voir aller notre équipe, expérimenter avec notre équipe et voir quand on pourrait développer pour d'autres territoires», dit-elle. Maskinongé, Vallée-de-la-Batiscan, par exemple, pourraient correspondre aux critères pour l'implantation éventuelle d'une équipe FACT. «On veut se donner une bonne année avant», dit-elle.

L'équipe de la rive sud est composée de huit personnes. Avant, la personne ayant besoin de soins passait d'une équipe à l'autre. Cette fois, ce sera toujours la même équipe et souvent la même personne qui interviendront, explique Mme Poirier.

Les services de soutien d'intensité variable et de suivi intensif dans le milieu sont offerts à toute personne qui présente un trouble mental grave. Les interventions effectuées auprès des usagers se déroulent presque exclusivement dans leur milieu de vie, que ce soit à domicile, dans les organismes communautaires ou dans la rue pour ceux et celles qui n'ont pas de domicile fixe.

Les services dispensés dans la communauté visent la réadaptation et ont pour but de faciliter l'intégration de la personne dans son milieu tout en développant son autonomie et en soutenant son rétablissement, explique Mme Poirier.

Ces suivis dans la communauté permettent notamment de réduire le nombre de visites à l'urgence, dit-elle.

Les maladies mentales qui nécessitent une intervention d'une équipe FACT sont des maladies graves comme la schizophrénie, la maladie bipolaire ou la dépression majeure.

«On tient pour acquis que les gens qui ont une maladie mentale ont tous la capacité de pouvoir se rétablir et d'avoir un niveau de fonctionnement qui leur permet de vivre en logement autonome», explique M. Gilbert. Les interventions du FACT permettent aussi d'éviter un séjour trop long à l'hôpital, précise-t-il.




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