Donner ses beaux cheveux... pour la vie

À l'avant: Mik Chauvette, Étienne Gagnon, Simon Lavoie,... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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À l'avant: Mik Chauvette, Étienne Gagnon, Simon Lavoie, François-Xavier Hélie, Philippe Hamel et Mélissa Hamelin. À l'arrière: Émy Martin-Lampron, Mathieu Basche, président d'honneur et Gabriel Jochems de même que les coiffeurs du Salon l'Atelier: Caroline St-Onge, Yvan Desharnais et Marie-Pier Deshaies.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Des larmes coulaient sur les joues de Mélissa Hamelin, mercredi. Cette technicienne en travaux pratiques de l'école secondaire Les Pionniers de Trois-Rivières était sur le point de faire don de ses cheveux au profit de Leucan. L'idée de se retrouver subitement avec quelques centimètres de cheveux sur la tête n'était pas l'objet de son émotion, toutefois.

«C'est parce que mes enfants sont là. Parce que je le fais pour la cause des enfants malades. J'ai deux enfants en santé. Ma mère a déjà eu le cancer. Mon conjoint a déjà eu une maladie. On ressort fort de tout ça et je pense que c'est mon moyen de contribuer», a-t-elle confié pendant que sa soeur, coiffeuse de métier, préparait sa chevelure à recevoir l'intervention des ciseaux.

Mme Hamelin était l'une des trois membres du personnel de l'école à faire ce don à Leucan. Quinze élèves ont aussi fait le même sacrifice, sur l'heure du dîner.

Émy Martin-Lampron, 14 ans, n'a pas hésité à faire complètement raser sa belle chevelure noire. «J'ai une personne de ma famille qui est morte de la leucémie et une autre personne de ma famille a la leucémie aussi et perd beaucoup ses cheveux. Alors je fais ça pour eux parce que je les aime», confie cette élève de première secondaire. Émy reconnaît que sans ses cheveux, «ça va faire bizarre, les premiers jours, mais je vais m'habituer», assure-t-elle.

L'objectif de cette année, à l'école, c'était 7000 $. L'animatrice à la vie spirituelle et engagement communautaire, Stéphanie Longpré, indique que l'activité des Têtes rasées de Leucan, qui se déroulait sous la présidence d'honneur du jeune Mathieu Basche, un élève de l'école en rémission d'une leucémie lymphoblastique, s'est terminée avec une collecte de 6676 $. «Mais les gens peuvent continuer à faire des dons», dit-elle, confiante que l'objectif ultime sera atteint.

Éloïse Côté-Gélinas, 15 ans, ne s'est pas fait raser. Elle a plutôt donné huit pouces de sa longue queue de cheval blonde, assez pour servir à la fabrication de perruques pour les femmes qui perdront leurs cheveux durant la chimiothérapie.

Dans son cas, la coupe s'est arrêtée aux épaules, histoire d'avoir encore une longueur intéressante pour son bal de finissants, l'an prochain. «Pour moi, c'est un sacrifice. C'est vraiment une part de moi, mes cheveux», confie-t-elle.

Éloïse croit qu'elle aurait eu le courage de se faire raser, «mais auprès de ma famille, mes parents et mes amis, ça ne passait pas», dit-elle. N'empêche que le sacrifice de cette couette dorée lui a valu d'amasser à elle seule 1100 $ pour la cause.

Simon Marois, 16 ans, un des rares garçons à afficher de longues boucles brunes et même la barbe, a décidé d'y renoncer pour la cause.

«Je l'ai fait il y a deux ans et c'est quelque chose qui m'a vraiment marqué», dit-il. «C'est de la solidarité. C'est de l'amour. C'est un élan rassembleur. C'est vraiment beau de voir ça.»

L'élève de 4e secondaire aura récolté 546,10 $ pour son sacrifice. «À me promener avec une petite banque, j'ai ramassé au moins 150 $ juste en demandant aux gens de l'école de la monnaie. Le reste vient de la famille ou de gens que je connais de longue date», dit-il.

Matt Pitblado, 16 ans, a déjà goûté au rasoir de Leucan lorsqu'elle était en deuxième année du secondaire. «Je veux le faire encore une fois parce que ça aide les gens qui ont le cancer. C'est une cause qui me tient à coeur. J'aime mes cheveux, mais je n'y tiens pas. Je sais que ça repousse et j'ai déjà eu les cheveux rasés, donc je sais de quoi ça l'air», plaide la jeune fille.

L'école des Pionniers en est à sa quatrième année de participation au Défi des têtes rasées de Leucan. Elle avait récolté 33 000 $ en trois ans et frôle cette année un cumulatif de 40 000 $. Une cinquième édition devrait être organisée, l'an prochain, dans le but d'atteindre les 50 000 $. L'an passé, 32 personnes avaient pris part à cette activité de financement.

Un comité de 12 élèves travaillait depuis le mois de janvier à l'organisation du défi tenu mercredi midi à l'école, signale Mme Longpré.




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