Les infirmières heureuses d'avoir plus de responsabilités

Lucie Tremblay, présidente de l'Ordre, à gauche et... (Stéphane Lessard)

Agrandir

Lucie Tremblay, présidente de l'Ordre, à gauche et Véronique Brassard, prix Relève 2017.

Stéphane Lessard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La loi confère aux infirmières bachelières et praticiennes de plus en plus d'autonomie professionnelle et ces dernières s'en réjouissent grandement.

Depuis 2000, le rôle des infirmières a en effet beaucoup évolué et les besoins ont changé, explique la présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Lucie Tremblay. «On est beaucoup plus autonome», dit-elle.

Par exemple, «les infirmières ont le droit de prescrire depuis janvier 2016», dit-elle et ce, dans des cas de contraception hormonale, d'infections transmissibles sexuellement et pour des problèmes de santé courante.

La profession évolue, indique la présidente, parce que les besoins changent, notamment avec l'accroissement des maladies chroniques.

«On fait partie de la solution», fait-elle valoir.

Lors de son passage à Trois-Rivières cette semaine, Mme Tremblay était accompagnée de la vice-présidente de l'Association des infirmières et infirmiers stomothérapeutes du Québec, Véronique Brassard, qui prouve bien son affirmation.

Conseillère en soins infirmiers, continuum des soins ambulatoires et stomothérapie du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, Mme Brassard est la récipiendaire 2017 du Prix relève de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

Cette jeune infirmière a travaillé à l'élaboration d'outils cliniques et de formations à l'intention des infirmières en plus d'agir comme perceptrice clinique pour les étudiants du baccalauréat en sciences. Elle a aussi développé une expertise très pointue en soins de plaies et en soins d'incontinence.

Mme Brassard agit aussi bénévolement comme personne-ressource auprès des stomisés, notamment dans les camps pour les enfants stomisés, c'est-à-dire qui ont subi, à la suite d'un traumatisme, d'une maladie ou d'une ablation, une chirurgie visant à détourner leurs selles ou leurs urines des voies normales d'évacuation afin de les recueillir dans une poche étanche.

Voilà un bel exemple démontrant que les infirmières prennent de plus en plus de place auprès des patients en complémentarité avec les médecins, «mais c'est à géométrie variable», constate malgré tout Mme Tremblay. «Des fois, c'est une méconnaissance du rôle parce que les gens sous-estiment ce que l'infirmière peut faire. C'est dans l'organisation des services, parfois.»

Fort heureusement, de nouveaux rôles sont confiés aux infirmières, notamment aux praticiennes spécialisées qu'on retrouve maintenant dans les CHSLD, depuis un peu plus d'un an. Il s'agit d'un projet pilote qui a de bonnes chances de percer «puisqu'on vient juste de changer toute la réglementation qui va permettre aux infirmières praticiennes d'aller dans ces secteurs-là», dit-elle.

La présidente de l'Ordre constate que ces infirmières ont «un impact important sur la consommation de médicaments», par les personnes en CHSLD. «C'est vrai ailleurs au Canada, mais c'est vrai aussi dans nos projets-vitrines», constate-t-elle. Les IPS collaborent autant avec le médecin qu'avec les infirmières soignantes, dit-elle. Les résultats de cette démarche sont maintenant sous analyse et «semblent très positifs», dit-elle.

Les infirmières sont en formation constante et leurs compétences sans cesse renouvelées. Ceci s'avère même dans leur formation.

En effet, à l'occasion de la récente assemblée générale annuelle du secteur Mauricie et Centre-du-Québec de l'Ordre des infirmières et infirmiers, on a justement souligné l'excellence de l'enseignement dispensé au Collège Shawinigan en matière de soins infirmiers.

Le Collège a en effet élaboré un projet de laboratoire anatomique qui permet aux étudiants en soins infirmiers d'observer et de toucher des organes humains sains ou pathologiques. Le tout est fait en collaboration avec le très réputé laboratoire anatomique de l'UQTR qui reçoit et préserve, à des fins de recherche scientifique et de formation, des corps humains qui lui sont donnés à titre posthume. Auparavant, durant leurs études, les étudiants avaient surtout accès à des animaux et à des mannequins pour s'exercer en laboratoire.

La région compte 4140 infirmiers et infirmières, dont 36 praticiennes spécialisées qui oeuvrent en soins aux adultes, en soins pédiatriques, en santé mentale, en CHSLD et en néonatalogie.

Mme Tremblay croit que la hiérarchisation des soins est une solution innovatrice aux problèmes d'accès vécus présentement au Québec. Un projet pilote en ce sens est présentement en cours dans le Groupe de médecine familiale de la Clinique médicale Saint-Vallier de Québec. Les patients sont vus premièrement par des infirmières puis par des infirmières praticiennes, au besoin.

On constate que «85 % des situations sont ainsi prises en charge», dit-elle.

En mai, Trois-Rivières aura aussi sa clinique de santé privée, la clinique de Santé M, coordonnée par des infirmières et infirmiers patriciens spécialisés en soins de première ligne, une initiative que salue la présidente de l'Ordre.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer