Week-end difficile à l'urgence de l'hôpital de Trois-Rivières

L'urgence de l'hôpital de Trois-Rivières débordait ce week-end,... (Olivier Croteau)

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L'urgence de l'hôpital de Trois-Rivières débordait ce week-end, si bien que les ambulances ont été redirigées vers Nicolet et Louiseville.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivères) L'urgence de l'hôpital de Trois-Rivières déborde. Presque tout le week-end, les ambulances transportant des patients n'étant pas dans des conditions critiques ont notamment été dirigées vers les urgences de Nicolet et de Louiseville. En raison du manque de personnel, plusieurs infirmières ont également dû faire des heures supplémentaires obligatoires dans ces circonstances difficiles.

La direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) affirme que l'urgence est très sollicitée à cette période de l'année où la grippe et la gastroentérite font beaucoup de ravages. «Nous avons 70 patients sur civière actuellement à l'urgence, alors que notre capacité est de 45», affirme Caroline Paquin, l'adjointe au président-directeur général du CIUSSS MCQ.

Une bonne partie du week-end, les ambulances transportant des patients ne présentant pas de danger pour leur vie ont été dirigées vers les urgences des hôpitaux de Louiseville et de Nicolet. Il s'agit d'une situation exceptionnelle extrêmement rarissime. L'urgence de l'hôpital de Trois-Rivières est celle qui a normalement la plus grande capacité d'accueil dans la région. «Les gens qui se présentaient avec des problèmes de santé qui ne nécessitaient pas de consultations immédiates, les priorités 4 et 5, ont été avisés de la situation. Nous leur avons conseillé de consulter leur médecin de famille ou de se rendre dans les autres urgences», ajoute Mme Paquin qui soutenait en après-midi dimanche que la situation devait s'améliorer en fin de journée. 

Infirmières au boulot

Les infirmières de l'urgence ont dû travailler dans ce contexte tout le week-end. La présidente du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes, infirmières auxiliaires du Coeur-du-Québec (SIIIACQ-CSQ), Andrée Guillemette, affirme qu'il manquait quatre infirmières régulières samedi soir et cinq dimanche matin. Devant cette situation, plusieurs infirmières ont dû faire des heures supplémentaires obligatoires. Il s'agirait, dénonce le syndicat, d'une situation très fréquente. 

«Ça fait plusieurs fois qu'on communique avec les ressources humaines pour voir comment on peut remplacer les infirmières durant les vacances», affirme Mme Guillemette. 

«Car ce sont des absences qu'on pouvait prévoir. Ça n'a pas de sens cette pénurie.»

Cette situation a grandement compliqué le changement de quart dimanche matin. Épuisés de faire des heures supplémentaires obligatoires, plusieurs membres du personnel de nuit, dont certains avaient déjà fait seize heures de travail consécutif, n'ont pas accepté dimanche matin de demeurer au travail. Devant cette situation, le personnel du quart de jour, qui n'était pas en nombre suffisant, a refusé de commencer le travail en effectuant un «sit-in». 

«Plusieurs membres du personnel étaient en poste depuis 16 heures. Le personnel de jour a donc dû attendre que des personnes en congé acceptent de rentrer», précise Andrée Guillemette. 

Travailler régulièrement seize heures d'affilée est dangereux, dénonce le syndicat. «Il peut arriver n'importe quoi quand le monde est fatigué. Ils veulent réussir à faire toutes leurs tâches, un moment donné, il faut que ça arrête», tonne Mme Guillemette.  

Devant ce qu'il qualifie de pénurie de personnel chronique, le SIIIACQ-CSQ a amorcé il y a quelque temps une pétition pour que les choses s'améliorent. Selon nos sources, une infirmière de l'hôpital de Trois-Rivières voulait démarrer une seconde pétition. À la lumière des nombreux commentaires publiés dimanche sur les réseaux sociaux, les travailleurs de la santé de l'hôpital de Trois-Rivières sont exaspérés par le manque d'effectifs. 

«La direction a en effet embauché du personnel au cours de la dernière année, mais à mon avis, il y a eu plus de départs que d'arrivées», explique la présidente du syndicat.

La direction du CIUSSS MCQ a souligné en entrevue qu'elle «travaillait fort à des stratégies pour recruter du personnel».«Nous avons des stratégies pour essayer de pallier le manque de personnel», notait Caroline Paquin.

Ce difficile week-end à l'urgence de l'hôpital de Trois-Rivières survient alors qu'on apprenait vendredi que l'ouverture prochaine de la superclinique à Trois-Rivières sonnerait le glas de l'urgence du Centre Cloutier-du Rivage. Cette nouvelle a fortement fait réagir le député de Champlain, Pierre Michel Auger, ainsi que plusieurs usagers qui ont dénoncé la situation sur les réseaux sociaux ce week-end.




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