Mobilisation  à Nicolet pour l'avenir du Centre Christ-Roi

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À Nicolet, le milieu réclame le rétablissement au Centre Christ-Roi des cliniques externes d'orthopédie, d'ORL, de plastie, de chirurgie générale et d'endoscopie qui sont disparues depuis le 1er janvier dernier. On demande également le maintien des services de cardiologie et de gynécologie qui doivent cesser en juin prochain.

François Gervais

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Nicolet) Entourée de spécialistes de la santé, la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, a dénoncé mercredi la perte de services spécialisés au Centre Christ-Roi et invite toute la population de Bécancour-Nicolet-Yamaska à signer une pétition sur le site de l'Assemblée nationale ou à différents endroits stratégiques sur le territoire.

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La mairesse Geneviève Dubois est appuyée par Dr Pierre Beaudry, Dr Guillaume Langlois, Isabelle Brunelle et Dr Jean Blondin, dans sa démarche pour sauver les services spécialisés au Centre Christ-Roi.

François Gervais, Le Nouvelliste

Le milieu réclame ainsi le rétablissement des cliniques externes d'orthopédie, d'ORL, de plastie, de chirurgie générale et d'endoscopie qui sont disparues depuis le 1er janvier dernier. On demande également le maintien des services de cardiologie et de gynécologie qui doivent cesser en juin prochain.

Du même souffle, les intervenants plaident pour la pérennité de la clinique externe d'urologie, la pharmacie ainsi que les deux services d'urgence mineure du Centre Christ-Roi de Nicolet et du Centre multiservices en santé et services sociaux de Fortierville.

«Ça nous inquiète et ça nous désole. On n'est pas d'accord et on n'en revient pas. Ce qui est encore plus scandaleux, c'est que d'une main, on nous donne des pouvoirs et des responsabilités comme gouvernement de proximité et de l'autre, on coupe des services. On fait mourir notre petit coin de pays à petit feu», a lancé celle qui demande «un petit peu de cohérence de la part du gouvernement».

Cette dernière reproche au CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec d'avoir procédé sans consultation à une telle restructuration des soins de santé.

En novembre 2016, Le Nouvelliste révélait qu'un pôle d'expertise en urologie serait créé au Centre Christ-Roi de Nicolet, mais que plusieurs spécialités seraient rapatriées à Trois-Rivières.

Du côté du CIUSSS, on prétendait que cette réorganisation vise à améliorer l'accès et la qualité des services pour la population. «Ce n'est pas un but économique, mais une question de pertinence des soins», avait alors confié le directeur des services professionnels et de la pertinence clinique, Dr Christian Vinette.

Disant ne pouvoir rester silencieux devant un pareil démantèlement «qui prive la population locale de services de proximité», le cardiologue du Centre Christ-Roi, Dr Pierre Beaudry, a contredit les prétentions du CIUSSS par rapport à la performance et la qualité des soins. «Les statistiques sont mal interprétées», a-t-il affirmé.

Pour l'omnipraticien, Dr Jean Blondin, il s'agit d'une première en 39 ans de pratique que de ne plus pouvoir compter sur ces services spécialisés à Nicolet. Et il n'a pas manqué de souligner que cette décision survient au moment même où la population est vieillissante. «Les gens vont distancer leurs examens», craint le professionnel de la santé.

Pour sa part, Dr Guillaume Langlois, de la Coopérative de solidarité santé de Sainte-Gertrude, trouve dommage que les services de proximité subissent un tel traitement gouvernemental à l'heure où la rive sud est parvenue à se doter de ressources médicales. «Ce sont des chiffres purement administratifs qui ne tiennent pas la route», a-t-il déclaré en présence, entre autres, du maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Celui-ci a d'ailleurs profité de la séance régulière de la MRC de Bécancour, en après-midi, pour faire adopter une résolution d'appui à la pétition en cours. «La fermeture des services spécialisés cause des problèmes humains majeurs et appauvrit le tissu de la région», a-t-il expliqué à ses homologues.

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, soutient «complètement» la démarche.

«Ça fait quand même un petit bout que j'ai essayé de sonner l'alarme parce que pour moi, c'était évident que cette réforme entraînerait une perte de services pour notre territoire, compte tenu qu'il n'y a plus d'imputabilité dans Nicolet-Yamaska. Les décisions sont prises à Trois-Rivières, donc, loin des yeux, loin du coeur», fait-il remarquer. 

Contrairement à son chef, François Legault, le représentant caquiste ne préconise pas un CIUSSS spécifique au Centre-du-Québec. «Si le ministre avait envisagé ça, j'aurais demandé que le comté fasse partie de Trois-Rivières», a-t-il laissé savoir.

Pour la directrice générale de la Corporation de développement communautaire Nicolet-Yamaska, Isabelle Brunelle, la vie sera dorénavant plus compliquée pour «les personnes les plus vulnérables». 

Dès jeudi, la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, se retrouvera devant le Centre Christ-Roi, cette fois pour y entendre les préposés aux bénéficiaires décrier le manque de personnel.

Pas de retour en arrière pour le CIUSSS

En dépit de la mobilisation du milieu pour réclamer le rétablissement des cliniques externes perdues au Centre Christ-Roi de Nicolet, le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec n'entend pas faire marche arrière.

«Malgré que le rétablissement des services spécialisés ne soit pas envisagé par l'établissement, nous sommes conscients que certaines personnes des territoires touchés devront parfois se déplacer un peu plus pour recevoir les services. Nous serons à l'écoute des besoins à ce niveau et pourrons contribuer à trouver des solutions alternatives si la situation le nécessite», a indiqué le directeur des services professionnels et de la pertinence clinique, Dr Christian Vinette.

Toutefois, dit-il, le CIUSSS se doit de prioriser les usagers en fonction de leur condition clinique et non pas de leur provenance. «Considérant que les médecins spécialistes ont une responsabilité régionale, l'organisation de service en place avant la réorganisation permettait à des usagers d'être vus plus rapidement en fonction de leur provenance, et ce, même si leur condition clinique était moins prioritaire que d'autres usagers de la région», explique-t-il. 

Celui-ci tient à spécifier que la réorganisation des services spécialisés n'affecte en rien la volonté du CIUSSS de maintenir les services de santé primaire le plus près possible des personnes, soit ceux pour lesquels la population a le plus souvent recours (première ligne).

«On pense notamment aux services santé courants, aux services médicaux généraux, aux services d'aide psychologique, à la réadaptation, aux soins et services à domicile qui sont offerts dans tous les territoires. C'est donc dire que le maintien des urgences mineures à Nicolet et Fortierville n'est aucunement remis en question», assure le Dr Vinette.

 Selon lui, une analyse approfondie des services spécialisés a permis de constater que certaines cliniques externes ne permettaient pas d'atteindre les seuils d'efficience escomptés.

«Il faut savoir que le taux d'annulation par les médecins pouvait aller jusqu'à plus de 40 % dans les cliniques externes offertes notamment à Nicolet puisque les médecins doivent voir en urgence, opérer et hospitaliser des patients dans les centres hospitaliers. Ces annulations créaient de l'insatisfaction chez les usagers qui s'étaient préparés aux examens et occasionnaient la présence non requise de personnel infirmier», poursuit-il. 

Ce dernier a tenu à rappeler que l'urologie est devenue à Nicolet un pôle d'expertise. «Ce service sera de ce fait maintenu et même bonifié.»




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