Ambulanciers paramédicaux: entente de principe sur le volet normatif

Des ambulanciers paramédicaux membres de la FTQ ont... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Des ambulanciers paramédicaux membres de la FTQ ont manifesté le 7 décembre dernier dans les rues de Trois-Rivières.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Après des mois sans aucune négociation, les trois principales fédérations syndicales qui représentent les ambulanciers paramédicaux du Québec ont conclu une entente de principe sur le volet normatif.

Il s'agit d'une première étape dans le processus de renouvellement de la convention collective des ambulanciers paramédicaux échue depuis mars 2015.

«Les trois syndicats, CSN, FTQ et la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ), ont une entente de principe sur le normatif, donc ce qui ne coûte pas d'argent», affirme Marc-Antoine Laverdière, le président local de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPQ), associé à la FTQ, à la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie (CAM).

«Mais déjà s'entendre sur certains points, c'est déjà beaucoup. Le fait que le normatif soit réglé, c'est une bonne partie. Mais le nerf de la guerre, c'est ce qui coûte de l'argent.»

Les syndicats ne se sont toutefois pas encore entendus sur les aspects monétaires des négociations. Les questions litigieuses concernant les salaires, les vacances et les horaires de faction ne sont pas réglées. «Lorsqu'il est question des salaires, c'est là que ça accroche», soutient Marc-Antoine Laverdière. 

Les négociations avec les ambulanciers paramédicaux se poursuivent donc, même si des moyens de pression sont toujours envisagés. Bien qu'ils se doivent de respecter la loi sur les services essentiels, les ambulanciers paramédicaux syndiqués de la CAM entendent mettre de l'avant certaines actions pour favoriser la négociation. 

«Nous allons intensifier les moyens de pression dans les prochains jours, mais sans toucher les services à la population», note Marc-Antoine Laverdière. «Nous sommes un des métiers les plus respectés par la population, nous voulons garder ça ainsi. Indirectement, c'est elle qui va payer.»

La FPHQ représente dans la région les ambulanciers paramédicaux de la Fraternité des paramédics de Saint-Tite et de Louiseville. Ce syndicat indépendant se réjouissait de l'entente de principe sur le volet normatif conclue avec la Corporation des services d'ambulance du Québec (CSAQ).

Ce syndicat affirme vouloir mettre ses efforts sur la négociation, plutôt que sur des moyens de pression. «Il est toutefois encore trop tôt pour crier victoire pour le volet monétaire», explique Daniel Chouinard, le président de la FPHQ. 

De leur côté, les 3600 ambulanciers syndiqués à la CSN, qui avaient prévu faire la grève à compter de la mi-décembre, s'apprêtent à durcir le ton en débrayant plutôt au début de l'an prochain, tout en assurant moins de services essentiels qu'ils comptaient le faire.

Ce changement de stratégie fait suite à l'audience sur les services essentiels qui avait été annulée, le 12 décembre dernier, quelques jours avant le début effectif de la grève. Les syndicats avaient alors avisé le tribunal qu'ils ne recourraient plus à la grève comme prévu dès les 16 et 17 décembre.

À la place, ils ont décidé de solliciter de nouveaux mandats de grève auprès de leurs membres, lors d'assemblées générales, en leur proposant de faire la grève plus tard, mais en assurant moins de services essentiels.

«On a changé de stratégie parce que les employeurs nous poussent à bout», a lancé Yan Bonhomme, président du Syndicat des paramédics de Laurentides-Lanaudière, au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, lundi.

La seconde consultation des membres, dans l'ensemble du Québec, commencera dès la semaine prochaine et continuera jusqu'à la mi-janvier, avec une mention explicite quant à des services essentiels désormais réduits.

Une éventuelle grève générale illimitée pourrait donc survenir dès les premières semaines de 2017, avec des services réduits - si les syndicats ont gain de cause devant le tribunal. Ce dernier devra entendre toutes les parties en cause avant de trancher. L'espoir demeure, toutefois, puisque les négociations ne sont pas rompues entre les parties.

Cette négociation des conventions collectives avec les entreprises ambulancières est compliquée du fait que le ministère de la Santé et des Services sociaux a décidé de se retirer de la négociation et de déléguer son pouvoir aux entreprises, en leur donnant les budgets en conséquence.

Or, celles-ci affirment qu'elles ne sont fixées quant à l'enveloppe budgétaire dont elles disposeront que pour les deux premières années. Il leur est donc difficile de négocier des conventions collectives sur cinq ans si elles ne connaissent pas les budgets dont elles disposeront pendant cinq ans.

La Corporation des services d'ambulance a déjà elle-même demandé au ministre Gaétan Barrette de clarifier la situation à ce chapitre, afin que les entreprises ambulancières sachent à quoi s'en tenir et puissent poursuivre la négociation de façon éclairée.

Interrogé à ce sujet, le ministre a déjà répondu qu'il appartenait désormais aux entreprises ambulancières de négocier les conventions collectives avec les syndicats d'ambulanciers.

La Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN représente 3600 ambulanciers paramédicaux, répartiteurs et employés de soutien, qui travaillent au sein d'Urgences-santé - qui dessert Montréal et Laval - et au sein d'entreprises ambulancières dans différentes régions du Québec. Près de 1000 sont syndiqués à la FTQ et il existe également des syndicats indépendants.

Avec La Presse Canadienne

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