Privatisation des soins à domicile: les auxiliaires réitèrent leur inquiétude

Pascal Bastarache a annoncé, avec la Fédération de... (Olivier Croteau)

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Pascal Bastarache a annoncé, avec la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), une campagne d'information sur les auxiliaires en santé et services sociaux.

Olivier Croteau

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(La Tuque) Les auxiliaires en santé et services sociaux (ASSS) n'ont pas l'intention de lâcher le morceau. Ils ont lancé avec la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) de la région une campagne d'information, vendredi. Ils sont inquiets de la privatisation des soins à domicile, et continuent de réclamer le maintien de l'équité salariale.

Avec cette campagne, ils souhaitent sensibiliser la population et les familles du «recul des services». Ils exigent également du gouvernement le maintien et l'amélioration des soins à domicile en les maintenant dans le réseau public. 

En conférence de presse, ils ont dénoncé la décision du CIUSSS-MCQ de référer aux entreprises privées une partie de la clientèle de soins à domicile de la région. 

«Le gouvernement annonce des investissements majeurs, soit 80 millions dans les soins à domicile, mais le financement favorise majoritairement le secteur privé», ont-ils lancé.

On continue d'ailleurs de marteler que les ASSS, eux, ont reçu des formations spécifiques de près de 1000 heures pour donner des soins à une clientèle de plus en plus lourde. 

«Les personnes veulent, avec raison, rester à leur domicile. Les personnes sont vieillissantes, beaucoup plus malades. Il y a de plus en plus de cas de santé mentale», explique Claude Audy, le vice-président régional FSSS-CSN.

Une multitude d'actes professionnels ont été délégués aux ASSS dans les dernières années. Ils peuvent, par exemple, donner de la médication par voie orale, faire la prise de glycémie capillaire, faire l'injection d'insuline pour les personnes diabétiques...

«C'est plus que du ménage, la vaisselle et un bain. [...] Il y a au-dessus de 35 actes délégués qui ont été donnés», assure M. Audy.

Les ASSS font aussi remarquer qu'ils sont également formés pour détecter tout changement du comportement physique ou psychologique et sont souvent le seul contact avec l'extérieur. 

«On veut que le gouvernement reconnaisse le travail des ASSS et que la population soit consciente que les soins qui sont donnés par le privé comportent un certain danger et qu'ils n'ont peut-être pas toutes les compétences malgré leur bonne volonté», commente Claude Audy.

Les auxiliaires en santé et services sociaux se disent inquiets pour la sécurité des personnes en perte d'autonomie à domicile puisque les travailleurs du secteur privé et communautaire «n'ont pas la formation nécessaire pour répondre aux besoins grandissants de ce type de clientèle». Selon eux, ce sont des mesures pour économiser sur le dos des personnes les plus démunies. Ils continuent également de demander qu'on reconnaisse les nouveaux actes délégués dans leur salaire.

«Depuis 2006, tous les nouveaux actes délégués qu'ils font ne sont pas reconnus par le maintien de l'équité salariale. Ils doivent l'être évidemment selon nous», a commenté M. Audy.

«M. Barrette, comme vous le savez, le rôle des ASSS a énormément changé. [...] Depuis plusieurs années, nous avons été appelés à délaisser des activités de la vie quotidienne de nos usagers pour faire place à des soins professionnels découlant de la loi 90. Pourquoi tardez-vous à reconnaître notre travail ?», a questionné Pascal Bastarache, représentant de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour l'Association des auxiliaires familiales et sociales du Québec.

L'Association des auxiliaires familiales et sociales du Québec (AAFSQ), qui dénonce aussi la tendance vers la privatisation des soins de santé, craint aussi sérieusement qu'il n'y ait pas d'embauche d'auxiliaires pour les remplacements de vacances d'été, notamment à Trois-Rivières.

Alain Gaudet, un Trifluvien de 44 ans paralysé à 95 % de son corps qui a besoin de soins à domicile, a également donné son appui à la démarche. Il a témoigné ses inquiétudes concernant la privatisation des services et de son expérience.

«N'importe qui ne peut pas venir me donner un coup de main. Il faut des gens professionnels et formés. La formation est très importante. C'est parfois très difficile quand on a affaire à des ressources mal formées», a lancé l'homme vivant avec l'amyotrophie spinale de type 3. Il a également témoigné de mauvaises expériences, de services de moyenne qualité et de personnel «spécial». «C'est pour ça que maintenant je fais extrêmement attention aux gens qui sont formés.»

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