La Maison Re-Né en quête de financement

Carole Leclerc, directrice générale, et André Jocelyn Careau,... (François Gervais)

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Carole Leclerc, directrice générale, et André Jocelyn Careau, client externe, gardent le sourire malgré un manque de financement qui a des impacts sur le personnel et l'administration de la Maison Re-Né

François Gervais

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Photo: Francois Gervais14/09/16. TR, Journal. Bloc photo Felix St-Aubin
Félix St-Aubin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La première journée du mois de décembre est essentiellement associée à l'approche du temps des Fêtes. Pour les gens qui oeuvrent à la Maison Re-Né, et pour tous leurs collègues qui travaillent dans le même secteur de la santé, le 1er décembre est toutefois synonyme de la Journée mondiale de la lutte contre le sida, un moment propice pour transmettre un message à la population et aux instances gouvernementales. Dans le cas de l'organisme trifluvien, le manque de fonds supplante les autres revendications.

La Maison Re-Né, qui accueille, héberge et soigne les personnes aux prises avec le VIH/Sida, soufflera ses 25 bougies en avril 2017. Au fil des années, bon nombre de défis se sont dressés devant elle. À l'aube de ce 25e anniversaire, c'est une question de sous-financement permettant d'accomplir les 1001 besognes qui minent quelque peu le moral du personnel et de l'administration.

Bon an mal an, l'organisation reçoit un montant fixe du gouvernement québécois. L'indexation qui lui est offerte, inférieure à celle du coût de la vie, additionnée à la perte d'une collecte de fonds, portant le nom de tirage Richelieu, qui rapportait entre 15 000 $ et 20 000 $ annuellement, et d'une partie de la somme versée par Centraide Mauricie, avoisinant les 13 000 $, affligent le porte-feuille du foyer. 

«J'ai perdu la personne qui faisait le soutien et le maintien à domicile. Les besoins sont grandissants et il faut y répondre. Je n'ai pas perdu d'autres membres, mais le personnel s'essouffle. On pallie le manque d'effectifs, mais on manque de temps. Par la force des choses, le temps d'intervention est diminué pour chaque patient», soulève la directrice générale Carole Leclerc.

«On est presque toujours en situation de crise pour répondre à un besoin précis. La qualité des services est moins bonne par rapport à ce qu'on pouvait faire les autres années. On pouvait prendre le temps de passer une heure chez la personne pour s'assurer que tout allait bien. Maintenant, on n'a pas beaucoup de temps, il faut y aller par priorité. Qui peut-on maintenir à domicile? J'aimerais ça maintenir plusieurs personnes à domicile, mais je n'ai pas l'effectif pour le faire», lance-t-elle en guise de cri du coeur.

Ce manque de financement a des répercussions qui vont au-delà de l'organisme lui-même. Le réseau de la santé, qui fait face à de profonds problèmes d'engorgement bien connus, pourrait en subir les contrecoups si la tendance ne tend pas à s'améliorer.

«Au bout du compte, c'est la clientèle qui est touchée. Et, plus loin encore, la clientèle va se ramasser à l'urgence, et ça n'aidera personne. C'est une roue qui tourne. Il faut qu'il y ait un déblocage d'argent de la part du gouvernement», considère Mme Leclerc.

Dans cette quête quotidienne de réaliser plus de tâches avec moins de bras, l'aide d'autrui est appréciée à sa juste valeur. L'appui d'André Jocelyn Careau, un ancien client interne qui vit avec le sida depuis 1984, est donc accueilli à bras ouverts. La Maison Re-Né lui a insufflé assez d'espoir afin d'espérer, jour après jour, que le soleil se lèvera le lendemain. C'est aussi le centre d'hébergement qui, en partie, lui a permis de rencontrer l'homme avec qui il partage actuellement sa vie. Pour ces raisons, le Bécancourois tient l'organisation communautaire en haute estime.

«Je suis ici comme soutien, comme personne vivant avec le VIH, [pour démontrer] qu'on a des portes de sortie et qu'il y a du monde pour nous aider. Si la personne est atteinte du VIH comme moi et qu'elle veut se confier, il n'y a pas de problème, je suis là pour y dévoiler ma vie et lui donner des pistes. Il y a des solutions», explique celui qui est désormais un client externe du foyer trifluvien.

«Il peut apporter une bonne expertise de la réalité du passé et des nouveaux besoins. Il nous aide à prendre un axe qui répond à la réalité d'aujourd'hui», renchérit Mme Leclerc.

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