Sida: «Il y a beaucoup d'éducation à faire»

Christine Boisvert, intervenante et agente de communication chez... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Christine Boisvert, intervenante et agente de communication chez Sidaction Mauricie, est entourée de son équipe.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(La Tuque) Le 1er décembre est la Journée mondiale de la lutte contre le sida. Toute la semaine, Sidaction Mauricie a tenu des activités de sensibilisation, et ce, malgré des moyens financiers réduits. Le but est simple, on veut informer la population et surtout combattre la discrimination à l'endroit des personnes atteintes.

En Mauricie plus d'une centaine de personnes sont traitées pour le VIH. Le taux de nouvelles infections a baissé, mais le problème est toujours bien présent. On explique cette baisse, entre autres, par la médication.

«Les nouvelles infections se font souvent quand les gens ne savent pas qu'ils sont atteints. Au Canada, il y a 21 % des personnes qui vivent avec le VIH qui ne le savent pas. C'est dans ces cas-là que les gens infectent d'autres personnes. À partir du moment où les gens prennent la médication, il y a moins de risque de transmission possible», explique Christine Boisvert, intervenante et agente de communication chez Sidaction Mauricie.

De là l'importance de continuer à distribuer des informations pour défaire les mythes populaires concernant les méthodes de transmission et la médication notamment. 

Rappelons que le VIH/Sida est une maladie transmissible sexuellement et par le sang. Cependant, les avancées scientifiques démontrent qu'il n'est pas si simple de contracter le virus. Il se traite, mais ne se guérit pas. 

La Journée mondiale de la lutte contre le sida permet également de mettre en lumière les enjeux sociaux auxquels sont confrontées les personnes qui vivent avec le VIH.

«Il y a encore beaucoup d'inégalité et de discrimination. On peut parler de refus d'emplois parce que les employeurs ont peur que l'individu manque beaucoup de travail ou infecte d'autres personnes parce qu'ils sont mal informés», mentionne Mme Boisvert.

Cette dernière parle également de la difficulté, voire l'impossibilité, de souscrire une assurance bien que «l'espérance de vie d'une personne vivant avec le VIH/Sida est en moyenne la même qu'une personne en bonne santé».

«Il y a aussi la peur et le jugement des autres... des amis, des membres de la famille. Le manque d'information cause la peur et la peur entraîne souvent de la stigmatisation et de la discrimination.»

En plus des différents ateliers, Sidaction Mauricie offre des questionnaires interactifs dans différents environnements, notamment les écoles. Cela permet d'éduquer tant les répondants que les spectateurs sur le VIH/Sida.

«Pour nous, c'est un bon moyen de véhiculer l'information sur le VIH [...] Ce n'est pas obligé d'être dans la semaine du 1er décembre, c'est toujours accessible. On fait aussi les ateliers durant l'année. Par contre, cette semaine l'accent est sur le VIH.»

Les cas d'infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) sont aussi inquiétants dans la région qui se classe 5e au Québec pour son taux d'incidence selon des données de 2014.

La Mauricie présente, entre autres, un des taux d'incidence de chlamydia les plus élevés de la province avec 325 cas par 100 000 personnes. Chez les 20-24 ans, on parle de plus de 2 jeunes sur 100 diagnostiqués chaque année qui sont infectés. Une hausse importante serait également remarquée chez les 25-29 ans. 

Le taux d'infection est à la hausse à Trois-Rivières, et il est particulièrement élevé en Haute-Mauricie. Selon Sidaction Mauricie, un facteur qui contribue à cette statistique pourrait être la fréquence de la chlamydiose génitale chez les communautés autochtones. D'ailleurs, on ne lésine pas sur les efforts de sensibilisation auprès de cette clientèle. 

«Il y a beaucoup de travail de sensibilisation à faire. [...] Maintenant, on peut aller rencontrer les gens directement dans leur milieu de vie et faire de la prévention avec eux. Notre intervenante monte ses présentations en fonction des valeurs autochtones», explique Christine Boisvert.

Les chiffres sur la gonorrhée sont tous aussi impressionnants. En Mauricie, il y a eu 89 cas d'infection en 2014, une augmentation de plus du double par rapport à l'année précédente. 

«Le taux d'incidence d'infection est à 177 % d'augmentation depuis cinq ans dans la région, mais demeure sous la moyenne provinciale.»

Si les chiffres soulèvent certaines préoccupations, on tente de se faire rassurant chez Sidaction Mauricie.

«Les statistiques parlent, mais il y a deux côtés à la médaille», nuance Mme Boisvert.

«Il y a une plus grande accessibilité au dépistage. Est-ce qu'il y a plus de cas ou plus de cas diagnostiqués en raison du dépistage? C'est alarmant, oui et non. Si c'est en raison dépistage, on est sur la bonne voie. Ça diminue les risques de transmission prochaine. Par contre, il y a beaucoup d'éducation à faire», a-t-elle conclu.

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