Pénurie de préposés aux bénéficiaires: réclamation de temps plein complet

Martin Beaudry, président régional du Parti québécois, Claude... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Martin Beaudry, président régional du Parti québécois, Claude Audy, vice-président régional de la FSSS-CSN, et Pascal Bastarache, travailleur de la santé, déplorent divers facteurs qui affligent le métier de préposé aux bénéficiaires.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Photo: Francois Gervais14/09/16. TR, Journal. Bloc photo Felix St-Aubin
Félix St-Aubin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est sous la forme d'une pétition que la Fédération de la santé et des services sociaux de la Confédération des syndicats nationaux (FSSS-CSN) de la Mauricie - Centre-du-Québec a choisi de faire pression concernant la pénurie de préposés aux bénéficiaires qui sévit dans les deux régions.

Le manque de personnel sur le plancher se situe actuellement à 300 sous le seuil de la respectabilité.

Plus de 4000 personnes ont jusqu'ici apposé leur nom sur ladite pétition, qui est en circulation depuis quelques semaines. Celle-ci sera éventuellement envoyée au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec et déposée à l'Assemblée nationale des mains de la députée du Parti québécois de la circonscription de Taillon, Diane Lamarre, marraine de cette démarche.

La solution proposée par la FSSS-CSN de la Mauricie - Centre-du-Québec est on ne peut plus claire, soit d'octroyer des postes à temps plein complet à l'intégralité de l'effectif. Le regroupement syndical est persuadé que sa proposition permettra de ramener un équilibre en ce qui a trait à la main-d'oeuvre puisqu'il établit des comparatifs avec une situation semblable qui s'est produite en 2005.

«On a déjà fait l'expérience, c'est moi qui ai fait partie [de l'élaboration] du dossier en 2005. Ça a fonctionné, ça a réglé tous les problèmes de pénurie d'infirmières au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) d'Arthabaska-et-de-l'Érable. (...)

Le temps supplémentaire obligatoire, le taux d'assurance salaire et le manque de personnel, c'est exactement la même chose. Il y avait de la compétition et le monde allait travailler ailleurs, à Drummondville ou autour, parce que les conditions n'étaient pas assez bonnes», avance le vice-président régional de la FSSS-CSN, Claude Audy, qui ajoute qu'il y a une ouverture de l'employeur local.

«L'employeur que je côtoie présentement, c'est le même que j'avais au CSSS d'Arthabaska-et-de-l'Érable. Lui, il a confirmé qu'il avait réussi à autofinancer tout son système. Il nous a dit qu'il n'était pas fermé à l'idée et désire voir nos travaux», renchérit-il.

Le regroupement qui défend les droits des préposés aux bénéficiaires trace un parallèle entre le fait d'accorder des postes à temps plein complet et, d'une part, une stabilité du personnel et, d'autre part, de meilleurs soins prodigués à la population. Il est également d'avis que l'attraction pour cet emploi est nulle en raison des conditions qui font que les employés se retrouvent sur appel de jour, de soir ou de nuit, et ce, peu importe la journée de la semaine.

«Juste le gros bon sens»

La pétition ne s'arrête bien évidemment pas qu'à une demande de postes à temps plein complet pour l'ensemble du personnel, elle dénonce du même coup plusieurs facteurs du métier, tels que le fardeau des tâches, le manque de valorisation du travail, la violence du milieu, la carence de ressources malgré l'alourdissement de la clientèle, le taux anormal de travailleurs absents à la suite d'accidents ou de maladies causés par l'épuisement physique et psychologique et, principalement, l'impression de ne pas avoir le temps nécessaire pour offrir des soins adéquats aux personnes concernées.

«Je suis un employé depuis 2009 et j'ai remarqué une dégradation, surtout depuis les deux dernières années, soutient Pascal Bastarache, préposé aux bénéficiaires. On n'est pas assez sur le plancher, on nous en demande tout le temps davantage.

Dans notre cas, c'est une vocation, on veut donc donner beaucoup aux résidents, mais on n'a pas 18 mains et on ne peut pas courir partout. C'est pour ça que j'appuie M. Audy dans cette démarche pour nous donner des outils afin que l'on fasse notre travail comme il se doit.»

Ce dernier implore le gouvernement québécois, et par ricochet le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette, d'ouvrir les yeux à l'endroit d'une situation alarmante. «On demande juste le gros bon sens au gouvernement», martèle celui qui pratique aussi le métier d'auxiliaire familial.

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