Religion et périnatalité au CIUSS-MCQ: les exigences des mères respectées

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Martin Beaumont, président-directeur général du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Le récent décès d'une mère Témoin de Jéhovah dans un centre hospitalier de Lévis à la suite de possibles complications lors de son accouchement a soulevé bien des questions quant à la procédure à suivre dans les hôpitaux en ce qui concerne les croyances religieuses des patients et les demandes particulières de ceux-ci. Dans la région, plusieurs centres de santé demandent à la future maman qui accouchera bientôt de préciser la religion lorsqu'elle complète le formulaire de pré-admission à l'hôpital.

En effet, le formulaire qui vise à accélérer le processus d'admission lorsqu'une femme se présente au département d'obstétrique lorsque le travail est commencé comprend une section «Religion». Toutefois, au CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, on assure que la réponse à cette question n'est pas obligatoire, et surtout qu'elle ne vise pas à faire de la discrimination, bien au contraire. «La réponse est optionnelle. L'objectif derrière le questionnement est de respecter la volonté de la patiente tout en s'assurant de bien lui donner toute l'information nécessaire au consentement éclairé», explique Geneviève Jauron, porte-parole du CIUSSS-MCQ. 

Cette dernière précise d'ailleurs que ce ne sont pas tous les centres hospitaliers ou les lieux de naissance qui demandent cette information. Au Centre hospitalier du Haut-Saint-Maurice ainsi qu'à la Maison des naissances de la Rivière, à Nicolet, la patiente ne sera pas questionnée sur sa religion lors de sa pré-admission. La question sera posée dans les centres hospitaliers d'Arthabaska, Sainte-Croix, du Centre-de-la-Mauricie ainsi qu'au CHAUR à Trois-Rivières lors d'une pré-admission en obstétrique, mais toujours de façon volontaire. 

Au centre d'Arthabaska, on note par ailleurs qu'il arrive fréquemment que des futures mères Témoins de Jéhovah apportent une feuille où il est écrit qu'elles refusent une transfusion. Le document est alors mis au dossier de la future maman. 

Au Centre-de-la-Mauricie, la question concernant les transfusions est posée lors du premier suivi en périnatalité, et l'information est notée au dossier si besoin. 

À Trois-Rivières, on indique que si l'information est connue du médecin, ce dernier en discutera avec la patiente avant l'accouchement.

«Lorsque les femmes mentionnent leur religion, elles peuvent préciser des demandes particulières. Nous respectons leur choix et de façon générale, nous tentons de répondre à leur demande», ajoute Geneviève Jauron, précisant que d'autres demandes de différentes natures peuvent être adressées par toutes les confessions religieuses, et non pas simplement les Témoins de Jéhovah.

À titre d'exemple, elle indique que certaines femmes de culture autochtone demandent la remise du placenta. Les centres hospitaliers se conforment à cette demande en suivant un protocole précis. D'autres demandes concernant la possibilité d'amener leur propre nourriture, ou encore d'obtenir l'adresse du bureau d'un médecin qui pratique la circoncision, sont également honorées par les départements d'obstétrique et de maternité du CIUSSS-MCQ. 

Certaines personnes ont également des demandes précises concernant le sexe du médecin qui pratiquera l'accouchement. 

«Pour le choix d'un médecin, de façon générale, nous tentons de répondre aux besoins des familles. Par contre, nous leur expliquons qu'il y a une possibilité, dans les situations d'urgence, que le médecin de garde soit un homme. Habituellement, la clientèle comprend et accepte bien la situation», note Geneviève Jauron.

Notons que le cas de la jeune mère de Lévis est présentement investigué par le coroner, qui confirmera si oui ou non, le refus d'une transfusion sanguine a mené au décès de la patiente.

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