Six visites à l'hôpital pour diagnostiquer une thrombose veineuse

Pierre Vanasse souhaite que le CIUSSS Mauricie -... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Pierre Vanasse souhaite que le CIUSSS Mauricie - Centre-du-Québec prendra les mesures appropriées afin d'éviter qu'une situation comme celle qu'a vécue sa femme Linda Bérubé, au début de l'automne, ne se reproduise plus.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le pas manque encore un peu d'assurance, mais à tout le moins, Linda Bérubé a finalement réintégré le confort du foyer familial après un mois d'hospitalisation.

Le 18 septembre dernier, la dame de 61 ans a été opérée d'urgence pour une thrombose veineuse, une opération au cours de laquelle on lui a soustrait 95 centimètres de l'intestin grêle. Ce que dénonce son mari, c'est qu'il a fallu pas moins de six visites en un mois à l'urgence avant qu'un médecin prenne conscience de la gravité de son état.

Dans leur appartement de la rue Mercier à Shawinigan, les époux partagent leur incompréhension en souhaitant surtout que leur histoire fournira une occasion au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec de revoir certains réflexes. Par exemple, de faire preuve d'un peu plus de persévérance lorsqu'un diagnostic ne colle pas aux souffrances d'un patient.

Le calvaire de ce couple débute le 19 août. En soirée, Mme Bérubé ressent de violentes douleurs dans le bas du ventre. Avec son mari, elle se rend à l'urgence de l'Hôpital du Centre-de-la-Mauricie pour en avoir le coeur net.

«Elle est passée rapidement au triage et elle a été envoyée sur une civière», raconte M. Vanasse. «Les douleurs étaient très importantes. Ça a pris deux heures avant qu'un médecin vienne la voir.»

Mme Bérubé reçoit alors une injection pour calmer la douleur et passe une échographie. Elle vomit de la bile. «Ils ont fait une prise de sang, un test d'urine et les résultats ont été négatifs», poursuit M. Vanasse. «Alors finalement, on s'en retourne à la maison.»

À peine cinq jours plus tard, les douleurs reprennent, toujours aussi intenses. À part le fait d'être traitée plus rapidement pour engourdir le mal, rien ne change. Les tests ne démontrent rien de particulier, pas davantage le lendemain lorsque Mme Bérubé retourne à l'urgence. Ce 25 août, elle subit un scan et les résultats ne révèlent rien d'anormal au radiologiste.

«Le médecin m'a dit que tout était beau», raconte Mme Bérubé. «Il croyait que j'avais fait une pancréatite.»

Le 10 septembre, retour à l'urgence avec une douleur encore plus vive.

«Cette fois, ça montait à l'estomac et ça faisait le tour», précise la dame. «Dès mon arrivée, on me donnait de la morphine. Ils m'ont aussi donné des pilules, au cas où la douleur reviendrait. Ils ne trouvaient pas ce que j'avais. Ils ont repris des prises de sang et il n'y avait rien d'anormal.»

Le couple rentre chez lui mais une fois de plus, les douleurs se manifestent quelques jours plus tard. Les 13 et 14 septembre, autres visites à l'urgence et même impuissance du corps médical.

Le 17, nouveau scan et cette fois, les médecins détectent la thrombose veineuse. L'hospitalisation ne tarde pas. Le 18 au matin, ça n'allait définitivement pas bien. La patiente est transférée au bloc opératoire, où les médecins découvrent également une péritonite. Ça va mal.

«Elle aurait pu en décéder!», croit M. Vanasse. 

Mme Bérubé sera hospitalisée pendant un mois, période qui comprend un coma artificiel de huit jours. Elle a retrouvé son domicile le 17 octobre seulement.

Prévention

Après mûre réflexion, M. Vanasse a décidé de dénoncer la situation à la commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

«Ce qui m'intéresse, c'est de savoir ce qu'on peut faire pour ne pas que ça se reproduise», explique-t-il. «À la quatrième visite, je leur disais que s'ils ne pouvaient pas trouver ce qu'elle avait, pourquoi ne la transféraient-ils pas à Trois-Rivières? On me répondait que les résultats étaient normaux.»

«Qu'on ne trouve rien à la première visite, on peut se dire que c'était passager», poursuit M. Vanasse. «La deuxième fois, on peut être malchanceux. Mais à partir de la troisième fois, ce n'est plus de la malchance. Il y a quelque chose qui ne marche pas. Quelque chose ne fonctionnait pas à quelque part et il fallait le trouver.»

Il sympathise avec l'essoufflement du personnel médical, qui a très bien traité son épouse à partir du moment où elle a finalement été prise en charge.

«Mais quand un patient se présente à l'hôpital dans une situation semblable, est-ce qu'on pourrait se déniaiser?», suggère M. Vanasse. «Dans ma carrière en informatique, quand je ne trouvais pas, je faisais appel à des gens plus qualifiés. Pourquoi ne fait-on pas la même affaire en médecine?»

Le CIUSSS n'a évidemment pas voulu commenter ce cas précis. Selon l'accusé de réception transmis par M. Vanasse, l'organisation dispose d'un délai de 45 jours pour traiter la plainte, à compter du 13 octobre.

Par contre, comme l'essentiel du problème soulevé concerne la pratique médicale, le dossier doit être transféré à un médecin examinateur. Doris Johnson, commissaire aux plaintes et à la qualité des services au CIUSSS, a déjà prévenu M. Vanasse par écrit que «compte tenu de la liste d'attente, le médecin examinateur ne pourra vous faire parvenir ses conclusions ou ses recommandations s'il y a lieu dans ce délai (de 45 jours)».

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