Combattre et éliminer les tabous

Le docteur Gaétan Duchesnay, le porte-parole David Nollet... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le docteur Gaétan Duchesnay, le porte-parole David Nollet et le PDG du CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec Martin Beaumont rappellent l'importance de laisser l'orgueil de côté lorsqu'il est question de la santé.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Photo: Francois Gervais14/09/16. TR, Journal. Bloc photo Felix St-Aubin
Félix St-Aubin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les responsables du Fonds Gilles-Rousseau de la Fondation régionale pour la santé de Trois-Rivières (RSTR) ont frappé dans le mille lorsqu'ils ont sélectionné leur porte-parole pour la quatrième édition d'Une moustache pour mon CH, une mobilisation qui consiste à soutenir la santé masculine en Mauricie.

L'homme fort David Nollet, combattant d'un cancer testiculaire, a accepté la présidence d'honneur dans le but de conscientiser la population et de briser les tabous.

L'image était révélatrice, lundi, au cours de la conférence de presse dévoilant les grandes lignes de l'activité. Du haut de ses 6 pieds 1 pouce et 290 livres, le Trifluvien de 31 ans incarne la force et la puissance. Et c'est pour cette raison qu'il est le candidat idéal pour être le porte-étendard de cette cause.

L'histoire de David Nollet est connue dans la région. Il y a près d'un an, le mastodonte a fait face à un défi beaucoup plus coriace que celui de lever des charges élevées. Il a été atteint d'un cancer testiculaire. Ce même mal, mais sous une autre forme, s'est également immiscé dans la vie de sa mère et de sa belle-mère, qui n'ont malheureusement pas connu le même dénouement que David.

«C'est la moindre des choses [de m'associer à cette cause], surtout venant du fait que j'ai moi-même été l'un des hommes les plus innocents concernant ma propre santé. Si je peux sensibiliser ne serait-ce qu'un homme, et qu'il se dise "je vais aller voir [le médecin], juste pour voir parce que j'ai un doute", ça vaut la peine. Il y a de la prévention, on peut aller au devant de la maladie», témoigne-t-il.

David Nollet baigne depuis longtemps dans un monde où le machisme et la virilité sont omniprésents. Sans établir une corrélation entre son refus d'en parler et le fait qu'il se retrouve au quotidien dans une situation qui laisse moins place à de telles discussions, il avoue qu'il a joué à l'autruche et que cela doit cesser.

«J'ai fait beaucoup de sports d'équipe. On peut dire n'importe quelle niaiserie dans les douches au hockey, mais jamais on va en parler si on a une inquiétude. Je présume qu'autant mon père n'en parlerait pas aujourd'hui, autant je n'en ai pas parlé. C'est ça qu'il faut casser, cette image-là d'un macho qui n'a pas de problème, qui est toujours debout et qui est fort comme le roc. Non, non et non. Il faut être capable de dire qu'on a un bobo, et si je mets un genou au sol, j'ai des gens autour de moi qui vont m'aider à me relever», assure-t-il.

Le comité d'organisation d'Une moustache pour mon CH espère donc que le visage de cette quatrième édition permette de bousculer les mentalités, mais aussi de lui prêter main-forte dans son objectif d'amasser suffisamment d'argent pour doter les urologues des meilleurs outils afin d'améliorer la qualité des soins offerts.

«Prochainement, on aimerait changer notre laser holmium pour le traitement de la population en Mauricie. Le laser holmium que nous avons à 17 ans. Je ne connais pas beaucoup de gens qui ont un chauffe-eau qui a cet âge-là» indique le docteur et urologue Gaétan Duchesnay, avec une pointe d'humour, ajoutant au passage que le coût de ce nouvel équipement est évalué à 65 000 $.

Une source de motivation

Du moment où il a appris que sa vie prenait un tournant inattendu, jusqu'à son allocution de lundi en tant que porte-parole d'un mouvement de sensibilisation, David Nollet s'est retrouvé au sein d'un processus auquel il était familier à titre de personnage secondaire, mais pas en tant que protagoniste. Le colosse s'est servi de ce chapitre sombre de sa vie comme d'un tremplin pour ainsi accéder à de nouveaux sommets.

«Le principal effet du cancer est la fatigue. Le simple fait d'avoir été malade me permet de me dépasser davantage. Lorsque j'ai une douleur physique à endurer une charge, pour moi ce n'est rien comparativement à ce que j'ai vécu», confie celui qui a conclu au 9e rang du Circuit des hommes forts du Canada lors de la dernière campagne.

Il est d'ailleurs catégorique lorsqu'on lui parle de la prochaine saison. «Je vais être meilleur, mais sans traitement de chimiothérapie, je l'espère».

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