Promouvoir le don d'organes avec le défi Chaîne de vie

Une quarantaine de personnes, dont Justine Painchaud, ont... (Olivier Croteau)

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Une quarantaine de personnes, dont Justine Painchaud, ont participé dimanche au défi Chaîne de vie à Notre-Dame-du-Montauban.

Olivier Croteau

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(Notre-Dame-de-Montauban) Un seul don d'organes peut permettre de sauver jusqu'à huit personnes. Ce don de vie peut même être pour certains proches la seule chose qui donne un sens à la mort absurde de l'être aimé.

Justine Painchaud de Saint-Célestin a livré un émouvant témoignage en ce sens dimanche matin, alors qu'une quarantaine de personnes s'apprêtaient à gravir le mont Otis à Notre-Dame-du-Montauban dans le cadre du défi Chaîne de vie. Lorsque sa cousine Rachel Hébert est décédée à l'âge de 20 ans en 2013 dans un accident de la route, ce fut évidemment un choc terrible. La peine de perdre une amie si jeune était insupportable, se souvient la jeune femme. 

Cette mort survenue bien trop tôt n'avait absolument aucun sens pour Justine Painchaud. Jusqu'au jour où la famille a reçu une lettre mentionnant que plusieurs de ces organes avaient été donnés à des patients souffrant de diverses maladies. 

«C'est à ce moment que j'ai compris que le don d'organes était une des seules choses qui pouvait donner du sens quand on vit un deuil comme ça», avoue-t-elle. 

La jeune femme n'avait jamais discuté de dons d'organes avec sa cousine. Ce n'est évidemment pas un sujet qu'on aborde tout bonnement à vingt ans, lorsqu'on a la vie devant soi. 

«Elle n'en avait également jamais discuté avec sa famille. C'est une décision qu'on a été obligé de prendre sous le coup de l'émotion. Je m'implique surtout pour ça, pour que les familles puissent en discuter avant le moment qui est assez émotif», précise Justine Painchaud. 

«Ses parents ont accepté le don d'organes, mais il reste par la suite la question: est-ce qu'on a vraiment fait le bon choix, est-ce que ça respectait sa volonté? Mais elle était tellement généreuse que je crois qu'on a fait le bon choix. Par contre, si on avait pu en discuter avec elle d'abord, on aurait évité beaucoup de questionnement.» 

Le Défi chaîne de vie s'est déroulé sur douze montagnes du Québec. Tous les groupes participant ont symboliquement gravi une montagne, un défi comparable à l'attente d'une greffe. 

Jocelyn Grenier de Saint-Boniface peut en témoigner. L'homme qui souffrait des conséquences d'un diabète sévère s'est fait greffer des reins et un pancréas. «Je suis très reconnaissant envers le donneur. Il faut être sensibilisé et altruiste pour faire ça. Sa famille ne le sait peut-être pas, mais il a réussi à sauver sept personnes avec ses dons», souligne M. Grenier qui profite aujourd'hui d'une santé renouvelée.

Beaucoup de familles hésitent encore

Trop souvent, les familles de donneurs potentiels hésitent à autoriser l'équipe médicale à prélever des organes. Les services de santé estiment que près de 40 % des familles sont réticentes à autoriser le don d'organes simplement parce que la question n'a jamais été abordée avec la personne de son vivant. 

«Près de la moitié des gens n'ont jamais parlé de ce sujet avec leur famille. Parler de ça avec nos proches, ça pourrait faciliter la décision», affirme la Dre Marie-Josée Bériault, intensiviste au centre hospitalier de Trois-Rivières qui précise que selon l'état de santé du patient, il est possible de sauver jusqu'à huit vies avec un don d'organes. «Ça peut donner un sens à une situation qui est complètement absurde. Ça peut apporter un certain réconfort à la famille qui voit que la mort n'était pas en vain.»

L'âge n'est pas toujours un facteur qui empêche les dons d'organes. Pour preuve, un homme de 87 ans décédé à Trois-Rivières l'an dernier a pu sauver trois vies grâce à son don. La Dre Marie-Josée Bériault invite toutes les générations à signer l'autocollant autorisant le don d'organes et à l'apposer derrière sa carte d'assurance maladie.

Marlène Champagne, chef d'administration de programme en traumatologie et don d'organes au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), soutient que les besoins sont importants dans la région. «Nous avons 45 personnes sur la liste d'attente dans la région. C'est important d'en parler», explique-t-elle. 

Bonbon et bon don

Le soir de l'Halloween, des zombis bien singuliers cogneront de porte en porte pour sensibiliser la population au don d'organes. Un groupe d'étudiants en médecine du campus trifluvien de l'Université de Montréal se promèneront pour donner des autocollants de don d'organes afin de discuter de l'importance de cette pratique. Initiée il y a quelques années, la campagne Bonbons et bons dons rejoint maintenant toutes les facultés de médecine de la province.

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