Cri du coeur des employés des Centres jeunesse

Claude Audy, vice-président régional de la Fédération de... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Claude Audy, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux, Manon Hamel, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Centres jeunesse Mauricie et Centre-du-Québec ainsi que Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur du Québec pour la CSN.

François Gervais, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Les nombreuses coupes budgétaires et la refonte des services des Centres jeunesse à l'intérieur de l'administration du CIUSSS-Mauricie et Centre-du-Québec ont entraîné un état de détresse sévère pour les employés des Centres jeunesse de la région.

C'est le constat que fait le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Centres jeunesse Mauricie et Centre-du-Québec, qui vient de rendre publics les résultats d'un sondage mené le printemps dernier auprès de ses membres. 

«Le constat est que ça va vraiment mal. Nos membres nous disent que de 60 % à 70 % de leur temps de travail est consacré à des tâches administratives, plutôt qu'au service direct à l'enfant et à sa famille. Par ailleurs, seulement 8 % de nos membres disent pouvoir consacrer 50 % de leur temps à la clientèle et non aux tâches administratives», explique Manon Hamel, présidente du syndicat, qui précise que ce fardeau administratif ne cesse d'augmenter d'année en année.

«À chaque année, on se fait descendre des nouveaux rapports, des nouveaux documents à remplir. Maintenant, on remplit des demandes de cartes d'assurance maladie, de passeport pour un enfant, on fait du transport. Il y a une partie de notre tâche qui n'est plus du tout clinique. Le temps qu'on pouvait faire en prévention dans une famille, on ne l'a plus, alors on éteint des feux», soutient-elle.

En outre, 74 % des membres estiment que leur intervention sert plus à répondre aux cibles statistiques qu'à aider les familles. À ce titre, Manon Hamel soutient que contrairement à ce que prétend le gouvernement, les délais de traitement des signalements ne sont pas respectés.

«Au lieu de dire qu'on a vraiment répondu dans le délai, on fait un premier contact, mais s'il est jugé non urgent, on le met sur une pile parce qu'on n'a pas le temps. Donc on dit que les délais sont respectés mais c'est faux. Ce sont des délais cachés, des dossiers qui sont au nom d'un intervenant qui n'a pas du tout le temps d'aller voir. Ça paraît bien, mais dans la vraie vie, c'est différent», ajoute Mme Hamel.

Depuis les trois dernières années, 26 % des membres ayant répondu au sondage disent avoir eu à prendre un congé de maladie d'une durée variable. «On leur demande de faire toujours plus avec moins et ils sont épuisés. Plusieurs tombent comme des mouches ou bien quittent le réseau. Ceux qui restent ne disposent pas des ressources nécessaires pour bien exécuter leur travail», déplore Mme Hamel.

La présidente du syndicat espère maintenant que le gouvernement puisse faire le constat de ce qui se passe réellement dans les Centres jeunesse. «On demande des états généraux dans les services sociaux. Il faut remettre en priorité nos jeunes et leurs familles. Il faut aussi que le financement soit adéquat, à la hauteur de ce qu'on a besoin. Il ne faut pas qu'il soit noyé dans le réseau du CIUSSS», indique-t-elle.

De son côté, Claude Audy, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux, estime que les mesures d'austérité ont clairement affecté cette clientèle plus démunie, et qu'il importe de remettre le bien-être des enfants au coeur de toutes les décisions.

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